Maintenant 2014 – Familles Electroni[k] clôture le festival en douceur

2014-10-MAINTENANT - Familles Electroni[k]- alter1foPour finir cette excellente (encore !) édition de Maintenant en douceur, l’équipe d’Electroni[k] nous invitait à venir nous amuser en famille à la MJC Bréquigny avec Familles Electroni[k]. Un formidable après-midi sous le soleil. Compte-rendu.

Depuis la nuit Slaapweel pendant laquelle Electroni[k] nous avait fait passer la nuit en pyjama dans un dojo (voir le compte-rendu ici, lisez-le c’est un de nos plus extraordinaires souvenirs !), on adore que le festival nous installe confortablement avec de la musique dans les oreilles. Là, il s’agit d’une grande salle au parquet chaleureux recouverte de coussins rouges bien molletonnés qui vous invitent à vous affaler. Disséminés dans la salle, plusieurs casques d’écoute et leurs stations de contrôle (qui permet à chacun -riche idée- de régler le volume comme il le souhaite) vont nous permettre de découvrir le concert au casque de Delawhere.

2014-10-MAINTENANT - Familles Electroni[k]- alter1foC’est la première session de l’après-midi, c’est l’heure de la sieste. Les grandes baies vitrées donnent sur le parc de Bréquigny : feuillage vert à tendance automnale, grand ciel bleu traversé épisodiquement par quelques nuages blancs cotonneux. Tout est calme, reposé. On s’allonge, pelotonné dans les coussins, le casque sur les oreilles. Entre ambient vaporeuse et rythmiques doucement concassées à la Boards of Canada, les développements mélodiques du Rennais prennent le temps de s’étirer pour nous plonger progressivement dans une douce rêverie. Vogue (présent sur son ep Toska – un hommage au trip hop viennois de Richard Dorfmeister et Rupert Huber ?) nous propulse ainsi délicatement à coup de beats lents se complexifiant petit à petit et de notes éthérées dans un univers ouaté et ralenti. Dans le cadre de la fenêtre, les feuilles s’agitent doucement sous le vent et le soleil. On est bien. Après 30 minutes de rêverie sonore, on a même peine à émerger des coussins. Les applaudissements fournis qui félicitent le musicien montrent d’ailleurs qu’on n’est pas les seuls à s’être laisser emporter par les douces vagues sonores. Une parfaite entrée en matière.

2014-10-MAINTENANT - Familles Electroni[k]- alter1foAu même étage, on découvre quelques interfaces intuitives proposées par Inmédiats via L’Espace des sciences numérique, notamment La Tour Infernale qui se révèle aussi démoniaque que son patronyme le suggérait. Un empilement de blocs de bois virtuels sur l’écran auto stéréoscopique (on ne sait pas trop ce que c’est mais ça donne une vision en 3D) doit rester debout alors qu’en utilisant un bras haptique on est invité à enlever des morceaux de la structure… Plus facile en vrai qu’en virtuel, se dit-on au bout de la deuxième tentative infructueuse. Les pièces sont soumises aux lois physiques (gravitation, frottements…) et l’utilisateur a ainsi la sensation de ressentir les forces en application lorsqu’il pousse les blocs constitutifs de la tour. Infernal, véritablement (ou on n’est pas doué -c’est vrai aussi). Dans la même pièce, l’Optic Lab permet à tout un chacun de découvrir les mécanismes fondamentaux de l’optique (divergence, convergence, diffraction) grâce à de petits disques posés sur une immense table interactive.En ajoutant ces différents disques sur la table (représentant une source lumineuse, des miroirs, un prisme, une lentille, un filtre…) l’utilisateur va pouvoir comprendre les principes optiques de base puisqu’à chaque objet optique correspond une explication avec différents exemples. On manque (?) L’île des sciences mais on continue pour autant d’expérimenter avec nos (petites et grandes) mains à l’étage inférieur.

2014-10-MAINTENANT - Familles Electroni[k]- alter1foOn commence par découvrir les Archéologies graphiques animé par Quentin Bodin, Luc de Fouquet et Lucas Meyer. Partis sur la découverte des événements historiques arrivés un 19 octobre (le jour de ce Familles Electroni[k]) les trois compères ont inventé de grandes cartes mêlant ensemble des images représentant certains de ces événements historiques. A chacun de les découvrir, soit en grattant de l’encre grattable (comme sur les jeux à gratter) soit en les chauffant puisque certaines sont recouvertes d’encre thermo-sensible. Les kids s’en donnent à cœur joie, grattant frénétiquement,  passant leurs cartes sous la chaleur des ampoules… ou de leurs popotins. Une fois sa carte découverte, on est alors invité à découvrir le principe de sérigraphie (qui a d’ailleurs servi à créer les cartes) : on nous propose de sérigraphier notre carte avec la date d’aujourd’hui. Sous nos yeux, l’un des animateurs passe l’encre argentée sur le tamis de sérigraphie, nous laissant ainsi découvrir un magnifique 19/10 imprimé sur le papier.

2014-10-MAINTENANT - Familles Electroni[k]- alter1foPlus loin, les [k]ids s’affairent encore avec passion : le pôle multimédia propose des ateliers de fabrication numérique hyper ludiques : fabrication de badge lumineux qui clignotent (oh, le bonheur de ces deux petites miss arborant fièrement leur étoile de shérif lumineuse !), découverte de Littlebit (de petits modules hyper intuitifs qu’on colle ensemble à l’aide d’aimants et qui font de la lumière, du son et invitent comme les légos, à fabriquer votre propre montage), démonstration d’imprimante 3D, utilisation de Makey Makey (petite carte qu’il suffit de brancher sur une sortie USB de son ordinateur et qui permet avec de simples pinces crocodiles de fabriquer une manette de jeu avec de la pâte à modeler, un piano en papier et on en passe…). Bref, ça soude, ça clique, assemble avec délectation.

Question assemblage d’ailleurs, c’est un peu du grand n’importe quoi dans la salle de spectacle : plus de 2 800 (?!) morceaux de plastique rose (recyclable) de 40cm de long se combinent, se décombinent, forment d’immenses fleurs ou de grosses boules de plastique rose, des ponts fantasmagoriques ou des cabanes du troisième type. La faute à Bloom Games d’Alisa Andrasek et José Sanchez dont grands comme petits s’emparent avec délice. Avec les mêmes délices, on plonge les mains pour notre part vers les succulents electronicakes (tarte au citron très réussie) pour un goûter sous le soleil dans le patio de la MJC.

2014-10-MAINTENANT - Familles Electroni[k]- alter1foIl ne nous reste plus qu’à grimper une nouvelle fois la volée de marches pour découvrir la démonstration d’Afroditi Psarra. L’artiste grecque vient en effet nous présenter ses instruments électroniques DIY fabriqués en mêlant fils conducteurs, broderies en tissu et circuits imprimés (encore une fois arduino est passé par là). La jeune femme à l’immense sourire était également programmée sur le festival dans le cadre d’Expérience 5 ainsi que pour un workshop proposant au public de créer ses propres instruments en tissu la veille.

Pour Familles Electroni[k], elle propose une rencontre en trois temps. Elle commence par nous expliquer comment fonctionne chacun des instruments et nous en faire entendre les variations sonores : synthétiseur brodé qui réagit à la lumière, bobines de cuivres tissées qui servent de micro aux fréquences sonores, générateur de bruit blanc sur carré de tissu brodé de potentiomètres… On est surpris par la paradoxale fragilité et légèreté apparente du tissu et les sons expérimentaux parfois rêches et qui en sortent. On apprécie le jeu entre les instruments représentés (synthétiseur Korg, boîte à rythme Roland TR 909…) et le son totalement différent qu’ils produisent. Une fois les spectateurs familiarisés avec les sons produits par chaque instrument, la chaleureuse artiste nous propose une démonstration en se servant de tous les instruments sur la table. Bips et crépitements commencent à dialoguer ensemble tandis que progressivement les fréquences passent du bruissement au réacteur aérien (vous pouvez aussi écouter là).

Pour poursuivre la découverte Afroditi Psarra nous invite à venir nous essayer nous-mêmes à la pratique des instruments avec autant de chaleur que de simplicité. Enfants et adultes se mettent alors à tourner potentiomètres avec fougue, guidés par l’artiste qui joue de la table de mixage pour isoler tel ou tel canal, mais qui prend le temps d’expliquer à chacun comment obtenir les différents sons. Un petit bonhomme haut comme trois pommes est littéralement tombé amoureux d’un potentiomètre et ne le lâche pas pendant de longues minutes. On retrouve même un Piano Chat complètement emballé qui s’essaie consciencieusement à tous les instruments. Pendant de très nombreuses minutes, la salle se transforme en capharnaüm bruitiste où dans un joyeux pêle-mêle de petites mains et grandes oreilles, les sourires en disent long sur la fascination que la jeune femme et ses œuvres exercent sur les spectateurs. Une bien belle manière de clôturer le festival.

Photos : Caro

 

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Le site de Maintenant : http://www.maintenant-festival.fr/

2 commentaires sur “Maintenant 2014 – Familles Electroni[k] clôture le festival en douceur

  1. Benoît - Espace des sciences

    Bonjour

    Si vous avez manqué l’Île des sciences, vous pouvez la découvrir en ligne : http://www.ile-sciences.org

    Bonne découverte !

    Benoît

  2. Isa

    Merci @Benoît !
    On va aller voir ça 🙂

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