It It Anita, Marcel et Youff @ l’Antipode : de la fureur et de la sueur

Des envies de bruit assénés par uppercuts subtils ? De fureur sonique délivrées par des artificiers hors pair en déflagrations qui vrillent les tympans et fissurent la cage thoracique pour atteindre le cœur encore plus sûrement ? Rendez vous ce vendredi 23 février à l’Antipode avec une triplette belge (mais que mettent-ils donc dans leur bière ?) qui connait définitivement son affaire : It It Anita, Marcel et Youff (avec en bonus DJ sans Transition) prendront d’assaut la scène du club pour une dérouillée sonore qu’on pressent dantesque (soyons clairs : plutôt la version Pandemonium que Paradis). Nous ne sommes que hâte.

On pourrait s’auto-citer « les concerts dans le club de l’Antipode sont toujours les meilleurs » tant une fois encore, et la configuration étonnamment efficace de la scène du club et la programmation ultra percutante de la soirée devraient à nouveau faire mouche (sans jeu de mots). En trois rounds, pas plus pas moins, sans compter les sélections aussi décalées de DJ sans Transition qui soulignera si nécessaire que noise et bruit n’ont rien à voir avec les genres, les trois groupes belges ne devraient pas mollir en intensité.

Pour avoir déjà pris les bourrasques soniques de Youff en plein coffre à l’automne dernier, en ouverture de leur tournée accompagnant la sortie de leur quatrième long format studio, l’abrasif Hey Day (sorti le 27 octobre dernier chez Bagdaddy Records, Rockerill Records et Love Mazout Records) grâce à la valeureuse équipe Kfuel, on n’a aucun doute quand à l’efficacité des directs, crochets et autres uppercuts assénés dans les cordes par la bande des cinq de Gant. Entre  dinguerie abrasive d’Arab on Radar et dissonance survoltée à la Gilla Band, une urgence au chant qui nous rappelle nos chouchous finistériens Mnemotechnic, Youff joue constamment pied au plancher, avec ce qui ne gâche rien, une présence scénique à l’intensité époustouflante. Base rythmique volcanique, riffs marteau-piqueurs, jeu de scène hallucinant et halluciné du chanteur, le tout au service d’un son monstrueux (auquel la sonorisation aux petits oignons de l’Antipode ne devrait que rendre justice) qui lacère les chairs de frissons et vous aurez une petite idée de la tempête sonore, version dérèglement climatique qui va s’abattre sur vos esgourdes.

On est tout aussi ravi de retrouver It It Anita car dans la team #merveilleuxBelgesquisaventfairedubruit sans jamais renier la mélodie, les It It Anita restent depuis un bail dans l’équipée de tête. Montée sur ressort, branchée en mode alternatif les deux doigts dans la prise, la musique du -désormais- trio liégeois est aussi jouissive que passionnante. Et si l’on ajoute à ça des prestations lives incandescentes complètement dingues (on se souvient avec émotion de leur passage à Roulements de Tambour au 1988, d’une combustion tout aussi spontanée au Bar’Hic ou encore d’un ouragan ayant tout emporté pour les 20 ans du Jardin Moderne, tout comme déjà à l’Antipode old school pour Belgieque), vous comprendrez qu’on vous recommande hautement de ne pas les louper si vous n’avez jamais eu la chance de vous prendre ça en pleine poire. Et tout autant si ça vous est déjà arrivé. Après It It Anita et Agaiin, c’est sur les essentiels (cœur avec les doigts) Vicious Circle que les épatants LaurentSauvé et Mouche (le tout récent et épatant petit dernier à la truffe alerte et solidaire, sélectionné pas moins de deux fois dans Music Machine) sont sortis (avec certains en version K7 sortis chez les copains d’Ideal Crash). Conviant basse élastique et percutante, fûts concassés dans les règles de l’art, voix âpre et puissante, riffs de six cordes à la vie à la mort, Michaël Goffard (guitare, chant), Elliot Stassen (basse, chœurs) et Bryan Hayarty (batterie) y sont parvenus à des brûlots de haute volée qui ne demanderont qu’à s’embraser dans une salle chauffée à blanc. On vous aura prévenu.es.

Pour compléter cette impeccable sélection, Marcel, que vous avez peut-être découvert aux Bars en Trans en décembre, viendra nous chauffer les conduits auditifs de son carnavalesque indie post punk, un brin noise, une louche garage. Pris sous l’aile de Damien Aresta, l’ancien co-fondateur d’It It Anita, le quatuor wallon d’Arlon aime en effet à renverser les évidences et à intégrer la surprise et l’imprévu dans ses compos et ses visuels : un artwork festif et coloré « comme notre vision du monde » et un vinyle noir charbon « comme notre vision du monde » mettent ils en parallèle pour la sortie de Charivari, leur premier long format (printemps 2023, Luik Music). En émergent dix titres qui sabotent le monde comme il va, soudain d’un kazoo facétieux plus loin d’une trainée bruitiste à l’odeur de poudre, sans oublier des gouzi gouzi en français dans le texte. En même temps façonnée avec une grande attention, mais constamment dynamitée par des éclats de rires carnavalesques, la musique des quatre belges cherche à « trouver la joie dans le triste et le triste dans la joie » (in Goûte mes Disques). Nul doute que leur prestation ce vendredi nous promet d’y parvenir.


It It Anita, Youff , Marcel en concert le vendredi 23 février 2024 à l’Antipode (Parvis Agnès Varda, 75 avenue Jules Maniez, Rennes) avec DJ Sans Transition. Le Club – Ouverture des portes : 20h00/ Début des concerts : 20h30. COMPLET.

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