[Report Jeudi] – La Route du Rock 2025 : Démarrage en côtes


Compte rendu écrit à six mains par Isa, Mr. B et Yann, et photographié par Mr B.

Après un allumage impeccable sous le soleil, cette première journée au Fort de la Route du Rock s’est coltiné un paquet de démarrage en côtes au frein à main et on n’a pas parfois pas été loin de caler. Pour autant, le festival est bel et bien lancé, avec aussi, de belles réussites, notamment celle des retrouvailles du public malouin avec le soleil. Et de mémoire de festivalier.ère, on est toutes et tous d’accord que ça vaut de l’or. Adieu les bottes et vive les tongs !

Memorials

C’est avec d’incompressibles frémissements d’impatience qu’on attend l’entrée en scène du duo composé de Verity Susman (Electrelane -le groupe, pas le chat voir notre interview in love ici-, Vera November…) et Matthew Simms (It Hugs Back, Wire, Better corners…), tant on est tombé raides dingues de leurs premières sorties discographiques. Autrement dit, deux bandes originales pour des documentaires (Women against the Bomb,  qui raconte la lutte non violente pendant quasi 20 ans de milliers de femmes en pleine guerre froide contre la base militaire britannique de Greenham Common et Tramps ! autour des New Romantics londoniens et leur flamboyance queer ), un maxi commandé par le centre Pompidou  en réponse à l’installation Precious Liquids de Louise Bourgeois, celui-là même qu’ils offriront à la fin du set de ce soir « aux meilleurs danseurs et danseuses » dans les rires,  et surtout un premier album libre de contrainte, le tout aussi addictif et passionnant Memorial Waterslides paru cet automne sur Fire Records. En plus de ça, on s’est pris une mémorable claque (sans jeu de mot) avec leur concert nocturne au Pies Pala Pop festival à Rennes en juin dernier. On ne cache donc pas qu’on est raide dingue de ces deux-là et qu’on est arrivé tôt pour être certain.es de ne pas manquer leur entrée en scène. On a juste une crainte : celle que l’horaire choisi et le soleil ne soient pas aussi propices au voyage immersif que ne l’a été la nuit du Pies Pala Pop.

On va vite être rassuré.es. Entre les irrésistibles Lamplighter à l’efficacité pop irrépressible tout en mélancolie sautillante (si, c’est possible !) au monumental Boudicaaa final à la puissance échevelée et débridée qui donne envie de hurler de concert avec Verity, Memorials va une nouvelle fois nous proposer un voyage d’une incomparable profondeur. Certes en version un peu resserrée et moins immersive, mais avec toujours une finesse et un équilibre dans le propos qui nous laissent sans voix.

Passant des claviers au saxophone, tout en assurant l’essentiel du chant lead, Verity boucle sa voix (ou des clochettes), créant dans nos oreilles écarquillées une chorale habitée, à laquelle se joint la voix de Matthew Simms, qui passe, avec autant de déconcertante facilité que sa comparse, de sa guitare de gaucher (jazzmaster forever) -quitte à la jouer avec une baguette- à un jeu de batterie à tomber, sans oublier les échantillonnages en direct que les deux combinent avec une effroyable virtuosité. Dire que les deux adorables bourriques nous avaient confié perdre en finesse en live ! Autant crever le suspense direct : la subtilité avec laquelle les deux construisent les morceaux, improvisant sur les trames déjà écrites en ferait pâlir plus d’un.e, tout comme l’interprétation à la fois immensément juste et sincère qu’ils en délivrent sur scène.

Pour preuve cet hypnotique Peacemaker instrumental, dont le saxophone envoûtant (« en fait c’est bien le saxophone » écrira un spectateur) et l’intensément habile jeu de batterie nous emmènent loin, très loin. Porté par les sourires de Matthew et de Verity quand ils regardent le public ou échangent entre eux, le soleil sur le Fort, on est à nouveau fasciné.es.es par ce voyage habité d’une inspiration indéniable, mêlant avec autant d’audace que de talent, pop, éléctro vintage, kosmische music, prog échevelé, folk déglinguée, avant noise, psyché, recherches expérimentales, voire free jazz (pardon, la liste est longue, mais il y a tout ça dans Memorials) tout comme par l’époustouflante construction du set qui nous prend par l’oreille pour ne plus jamais nous lâcher. Car si les Memorials commencent par leur tube le plus évident (Lamplighter), ils parviennent à nous emmener vers des terres expérimentales étranges et fascinantes sans jamais nous lâcher. Ils nous avaient dit vouloir combiner l’efficience pop à l’expérimentation en interview. C’est ce qui nous frappe particulièrement ce soir, ce fil d’Ariane qu’ils déroulent pour nous, une mélodie addictive là, une rythmique hypnotique ici, qui permettent toujours à l’oreille de garder le cap dans les méandres expérimentaux plus ardus qu’ils développent.

Mais surtout, bien que le duo n’en fasse aucunement l’affichage, en plus du plaisir musical et même physique que procurent leurs morceaux tout au long de ce set formidable, l’émotion qui s’en dégage, des clochettes doucement entrechoquées par Verity devant le micro au chant déchaîné de Boudicaaa (immense !), en passant par la fragilité cristalline de la première partie de Name me (arpèges de guitare et voix à nu) se révèle aussi prenante qu’intensément touchante. On finit donc le concert aussi enthousiastes qu’ému.es une fois encore. Verity nous avait confié attendre le festival avec impatience (elle gardait des souvenirs aussi émus que nous des deux passages d’Electrelane). Au vu des sourires des deux et de la curiosité emballée d’une grande majorité du public, les retrouvailles ont tenu leur promesse. Pour nous, sans conteste, le concert de Memorials rejoint la liste des meilleures ouvertures du festival malouin et on a l’intense soulagement d’une confirmation sans équivoque du talent du duo britannique.

Black Country, New Road

Encore tout à notre joie, on se dirige ensuite vers la scène du Fort baignée de soleil pour retrouver les six Black Country, New Road qui s’installent avec shorts et ventilateurs devant l’artwork géant de leur troisième album studio Forever Howlong sorti cette année, particulièrement raccord avec ce début de soirée estival. Il fait beau, on est bien et la délicatesse musicale du groupe fondé à Cambridge en 2018 y trouve un bel écrin pour son retour au festival après l’édition de 2002 que la bande avait assurée au pied levé après le départ inattendu de son chanteur et guitariste.

Pour rappel, après une épatante poignée de singles et For the First Time, un premier album très réussi sorti en février 2021 chez Ninja Tune, le groupe londonien formé par Isaac Wood au chant et à la guitare, Tyler Hyde à la basse, Lewis Evans au saxophone et à la flûte, Georgia Ellery au violon, May Kershaw au clavier et accordéon, Luke Mark à la six cordes et l’excellent Charlie Wayne à la batterie faisait partie des figures de proue de la scène anglaise post-prog-rock avec Black Midi ou Squid… Sauf que quelques jours à peine avant la sortie de Ants from Up There, en 2022, un second disque moins qualitativement uniforme mais ponctué de fulgurances, Isaac Wood chanteur et compositeur principal de la bande, rétamé à l’os par l’aventure, avait annoncé son départ du groupe. C’est alors qu’on avait retrouvé le désormais sextet sur la scène du Fort, pour l’édition 2022 du festival, le groupe annonçant qu’il ne jouerait aucun des morceaux des précédents albums pour un concert déjà plein de douceur et de charme.

Depuis la bande des six continue à proposer quelque chose de réellement personnel et sincère, fourmille d’idées et avance à son pas (avec donc, ce troisième album studio et un live Live at bushhall précédemment sorti en 2023). Les morceaux oscillent entre pop folk orchestrale, pop baroque voire rock progressif en s’appuyant sur un instrumentarium sacrément varié qui séduit pleinement l’oreille : saxophone, mandoline, violon, guitare sèche, basse, piano électrique, batterie, flûte traversière, accordéon et même 5 flûtes à bec ténor. D’autant que les six alternent voire échangent leurs instruments avec une fluidité déconcertante. Sur la même ligne, en front de scène, les trois musiciennes (et compositrices) Tyler Hyde, Georgia Ellery et May Kershaw assurent les chants lead et les chœurs à tour de rôle, harmonisent à deux, trois voix, dans un équilibre des plus maîtrisés (superbe Mary) avec une setlist essentiellement bâtie sur le dernier album.

C’est remarquablement écrit et exécuté, pour un résultat des plus charmants, avec une réelle maîtrise de l’enchaînement dans le même morceau d’explosions soudaines, de montées rythmiques, ou de calmes apaisés, tel ce Besties chanté à trois voix. On a écouté et aimé suffisamment de trucs alambiqués un peu théâtraux pour s’y retrouver, mais on ne s’avoue pas totalement convaincu.es. On l’a déjà dit ici, on n’a pas trop envie de juger ceux qui restent à l’aune de celui qui est parti, ces six-là méritent mieux, mais force est de reconnaître qu’Isaac Wood (aussi parolier) apportait une tension, une angoisse voire une âpreté (malheureusement au détriment de sa santé) autour de laquelle se resserrait la belle bande comme un seul homme, et dans laquelle on se retrouvait pour notre part pleinement. Désormais le sextet a totalement abandonné ces explosions free, cette tension rêche, qui nous avaient particulièrement plu à leurs débuts et on y cherche sans le trouver ce goût de sel, ce goût de soufre qui viendraient gratter le joli de leurs (longs) morceaux. Malgré une qualité musicale incontestable, on ne s’y trouve par conséquent jamais réellement ému.es (à l’inverse, soyons honnêtes, d’autres festivalier.ères qui nous confieront avoir eu plusieurs fois des frissons). De notre côté, on pense moins à la scène du Windmill qu’à Kate Bush, mais sans la bienvenue extravagance salvatrice de la Britannique. Bref, un concert charmant de bout en bout, et encore plus sous les rayons d’un soleil éclatant. Joli. Parfaitement exécuté. Mais qui ne nous convaincra pas totalement.

La Femme

Pour être honnête, on s’attendait au pire avec La Femme, et on peut leur reconnaître d’avoir été à la hauteur de nos attentes. On avait tenu trois titres en 2016 lors de l’un de leur passage au Fort. Cette fois-ci, on aura tenu la moitié du concert (on ne sait pas trop comment), afin d’essayer de comprendre ce qui ne fonctionnait pas. Le groupe des Biarrot-parisiens menés par Sacha Got et Marlon Magnée a beau enquiller ses titres d’électro surf yéyé, ça nous laisse de marbre. Ca marche avec une bonne partie du public mais rien ne fonctionne sur nous.

Les looks sont travaillés, avec un déluge de contrastes (marcel léopard floqué d’un Ibiza à paillettes versus polo crocodile et bermuda rose), les musiciens nous abreuvent de postures (on ne compte plus les poses de la claviériste avec sa couronne de cymbalettes), mais ça sonne faux. On a vu défiler un paquet de groupes de branleurs sur scène, ici ou ailleurs (Mac DeMarco, Peter Kernel, Gwendoline, etc…) mais ce sont des branleurs magnifiques, avec une grosse dose de talent. Làs, La Femme a beau avoir un paquet d’albums à son actif, les compos sont fainéantes et stéréotypées. Les textes sont tout aussi médiocres, mais le groupe s’attache à rendre cette médiocrité bien visible avec un karaoké sur Où va le monde ?.

On pense atteindre le fond du gouffre sur l’indigent Cool Colorado, dédicacé au public de la Route du Rock avec la même blague qu’il y a 9 ans (« Est-ce que vous aimez le rock à la Route du Rock ? »), mais c’était sans compter sur Sacatela qui creuse un peu plus le sillon du néant. On lâchera définitivement l’affaire sur Foutre le bordel, un hymne punk en solde, ponctué d’un « Hey, Ho ! Let’s go ! » qui a fait se retourner Joey Ramone dans sa tombe. Alors, certes, ça marche avec une bonne partie du public, mais il y a une palanquée de groupes autrement plus qualitatifs qui feraient eux aussi le boulot. Cette fascination pour la Femme restera pour nous l’un de ces mystères non résolus, et qu’on ne cherchera plus à résoudre.

Wu Lyf

Autre retour qu’on attendait pas vraiment, les Mancuniens de Wu Lyf (pour World Unite Lucifer Youth Foundation) retrouvaient la scène après un hiatus de quatorze années. Après une venue aux TransMusicales en 2010 et la sortie de leur premier album, le très attendu et plébiscité Go Tell Fire to the Mountain l’année suivante, le mystérieux groupe de Manchester avait en effet disparu des radars… On n’était pas loin du compte, puisqu’en réalité, les Mancuniens avaient bel et bien disparu, à l’image de leur « anonymat » il y a quinze ans (refus -quasi systématique- d’interviews, membres plus ou moins anonymes et communication pour le moins mystérieuse, situant par exemple le groupe au Vatican -Lucifer, vous suivez ?-). Certes on avait vu (hélàs encore) Ellery Roberts en 2016 avec Luh (Lost under Heaven) sur la scène du Fort, mais on n’avait plus entendu parler de Wu Lyf depuis bien longtemps.

On se souvenait par contre de ce premier et unique album, enregistré en quelques semaines dans une église de Manchester, mêlant basse, batterie, guitare, clavier à une urgence adolescente, un chant écorché, tout en explosions à fleur de peau. Une Heavy pop têtue, à la fois sensible et hargneuse, exposée, les entrailles à l’air, qui refusait les concessions (quitte à en devenir inaudible ?). Dont acte, à l’automne 2012, puisque Wu Lyf se saborde sur un communiqué cinglant d’Ellery Roberts.

Et puis, sans crier gare (avec quand même une communication au cordeau, avec teasing sur les réseaux sociaux et affiches collées dans Manchester !), le collectif, désormais « guéri », officialise sa reformation, scellée par un premier single de six minutes, A new life is coming. On y retrouve les envies du groupe pour les climats plombés rattrapés par des envolées toutes tripes dehors.

La bande démarre pourtant le concert comme si le temps n’avait eu aucune prise sur eux. On retrouve instantanément le chant rageur et les montées grandiloquentes de la bande. Si les fans en semblent ravis, le monolithe Wu Lyf nous laisse toujours autant perplexe. L’absence de nuances et le surjeu permanent nous fatiguent rapidement et au bout de trois morceaux nous n’en pouvons déjà plus. On leur souhaite quand même le meilleur pour ce nouveau voyage inattendu mais, encore une fois, ce sera sans nous.

King Krule

Après ce long tunnel abyssal, c’est peu dire qu’on mise beaucoup sur Archy Marshall aka King Krule pour nous sortir de la torpeur. Le sextet nous cueille d’entrée avec Perfecto Miserable, méconnaissable tant il est joué avec une fureur qui contraste avec la retenue sur album (Man Alive!). L’enchainement Alone, Omen 3 / Dum Surfer est lui aussi joué avec une intensité folle : chant rageur, basse lourde, saxophone baryton profond, la tension latente sur album devient déflagration sur scène. Le bassiste assure le contrepoint vocal sur Dum Surfer, qui s’achève sur un déluge sonore qui nous laisse exsangue. La tension redescend légèrement sur Pink Shell extrait du dernier album Space Heavy avant de repartir de plus belle sur le remuant A Lizard State. Post-punk, hip-hop, punk jazz, la palette musicale de King Krule est incroyablement variée et on sent la volonté d’expérimenter de nouveaux arrangements, quitte à nous déstabiliser un peu. Ignacio Salvadores ponctue subtilement les compos avec ses saxophones tour à tour chaleureux et/ou tordus, tout en assurant le rôle de showman, entre positions nonchalantes en bord de scène et pogo dans la foule, pieds nus.

Le groupe ralentit ensuite le rythme du set, entre le sombre et lent Flimsier, le jazzy Underclass et la ballade lo-fi Baby Blue. Un ralentissement qui permet d’apprécier pleinement le grain de voix grave et profond d’Archy Marshall lorsqu’il est en guitare-voix (mention spéciale pour l’éclairage latéral brumeux du plus bel effet). Une deuxième partie de set plus en retenue, mais tout de même saupoudrée de quelques pépites bien senties, comme l’imparable Time For Slurp sur l’excellent EP SHHHHHHH!, ou encore l’intense Easy Easy, son refrain entêtant et son riff frénétique.

Quelques réserves cependant : le set souffre de quelques longueurs et gagnerait peut-être en efficacité s’il était un peu plus court et dense. On a également noté un déséquilibre sonore instrumental, avec une mise en avant de la basse et de la voix au détriment des guitares et des saxophones, notamment sur les titres les plus péchus. Dernier bémol : si l’on peut aisément reconnaître un talent et une inventivité dans les arrangements, ces derniers, particulièrement musclés sur certains titres en live, gomment les subtilités et les singularités sonores que l’on avait tant appréciées sur album. Un concert pas totalement emballant, mais avec suffisamment de moments réjouissants (et un dernier EP fantastique) pour que l’on suive attentivement la bande liverpuldienne.

Bolis Pupul

On était par contre très heureux.ses du retour de Bolis Pupul au Fort St Père. On avait particulièrement apprécié sa prestation avec sa comparse Charlotte Adigéry en 2022 : le duo nous avait délivré un set particulièrement rafraichissant et inventif qui nous avait ravi.es au plus haut point. On y avait entre autres été emballé.es par les instrus ciselés avec un son de malade par l’Arp Odyssey de Bolis Pupul et sa psychédélique chemise violette : des développements aussi fins qu’irrésistibles pour les pieds et la tête.
Le garçon a depuis initié un nouveau voyage en solo, porté par un disque éminemment personnel, Letter to yu sorti au printemps 2024 chez les frères Dewaele (Dewee). Marqué par le deuil et la recherche d’une partie de ses racines, l’artiste belge y navigue avec finesse entre introspection et dancefloor. Dédiée à sa mère, venue de Chine enfant pour s’installer avec sa famille en Belgique et y vivre sa vie (avant de décéder dans un accident de la route en 2008), cette lettre est parsemée d’enregistrements effectués par l’artiste entre Hong Kong, Kowloon et Shenzhen lors de différents voyages sur les traces de ses origines chinoises.

Comme le disque, le set alterne avec autant de subtilité que de finesse les moments méditatifs (“This is where you were born 59 years ago/And I’m finally here / Why did it take me so long ?” chante-t-il sur Letter to Yu) et les morceaux plus percutants.

Comme on aime se faire peur, nous avions craint un moment que ce dernier disque soit un peu trop introspectif pour la scène mais c’était sans compter sur le savoir-faire redoutable du bonhomme. Avec une envie de faire la fête communicative, il va en effet nous offrir un superbe exercice d’équilibriste entre émotion et embrasement de dancefloor. Sa science des lignes de basse synthétique qui vous filent la bougeotte et des rythmes juste tordus comme il faut pour éviter la banalité, va nous offrir tout ce qu’il faut pour expulser la frustration de la soirée. Sans aucun temps morts et avec une variété et une simplicité déconcertante, il enchaîne les morceaux de bravoure electro comme si de rien n’était tout en gardant une touche personnelle hautement sympathique. Si son chant n’est certes pas toujours totalement juste, il garde une force émotionnelle très touchante et, en plus de nous offrir un moment suée délicieusement groovy, il nous décoche une flèche en plein cœur. Merci infiniment à lui pour ce salvateur doublé.

Overmono

Après cette bouffée de plaisir pour les jambes et la tête à la fois joyeuse et touchante de Bolis Pupul, on retourne (enfin dérouillé.es) vers la scène du Fort pour retrouver les frangins Russel, aka le duo Overmono, autrement dit Ed (aussi connu pour ses prods break sous le pseudo Tessela) et Tom (repéré pour ses morceaux techno sous le nom de Truss), rassemblés par leur amour de la club music britannique.

Derrière une immense table surmontée de leurs machines, elle-même entourée de deux pupitres avec d’autres machines que les deux frères vont également descendre triturer, les Gallois commencent par leur tube Is U issu de leur premier album Good Lies paru en 2023 avec sa voix house qui se répète sur une rythmique épurée, avant l’arrivée d’une basse plus grasse et un emballement progressif. Derrière eux et sur le drap de l’immense table, images et lumières sont projetées, reprenant leur imagerie canine habituelle (le même chien que celui de l’artwork de l’album et de certains de leurs eps) tandis que très vite les danseurs et danseuses affluent devant la scène.

Après cette entrée en matière progressive, les deux Gallois poursuivent mélangeant 2 step, Breakbeat, Uk garage, truffés de samples vocaux, s’offrant un détour rave ici, une pointe d’acid là, pour le plus grand plaisir de celles et ceux qui lèvent les doigts en l’air sous les étoiles du Fort. Nous, on jette l’éponge avant la fin. On a la route et un report à écrire et on n’est que le premier jour. On regrette de manquer l’after, notamment LustSickPuppy qui nous a particulièrement impressionnée.s, précédé.e de  Curses, mais on le laisse aux jeunes et à celles et ceux qui dorment sur place. Nous, la raison l’assène, il faut qu’on soit en forme demain (Note du lendemain : ou du moins pas trop décalqué.es).

Notre galerie photos complète de la soirée du jeudi :
La Route du Rock 2025 : jeudi 14 août

 

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La Route du Rock Collection Eté a lieu du du 13 au 16 août à St Malo et au Fort de St Père

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2 commentaires sur “[Report Jeudi] – La Route du Rock 2025 : Démarrage en côtes

  1. djeepthejedi

    Bon puisque ça tire a balles réelles ici et histoire de reéquilibrer un peu les propos : Mémorials et BCNR c’est aussi très chiant! Sans rancune et bonne Route du Rock! Bisous!

  2. Smack !

    En total désaccord avec Alter1fo au sujet de la Femme.
    à vous lire, on dirait que le groupe est trop Français pour qu’il gagne votre considération.

    Vous manquez tellement d’arguments que vous critiquez leurs tenues vestimentaires. Même à l’assemblée nationale, ce type d’attaque de bas niveau n’existe plus…

    Alter1fo, pitié, rompez avec cette condescendance !

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