Comme le chantait JL. Aubert, « Voilà, c’est fini… », le parking Vilaine est désormais vide de toute voiture. Les barrières automatiques ont laissé place à une clôture moche, encerclant tristement la dalle. Pour rappel, le scénario la Vilaine au Cœur de Rennes retenu par le jury citoyen prévoit la découverte du fleuve à cet emplacement. Après une concertation préalable en 2024, la dernière étape a consisté en une enquête publique, organisée cet été dans le cadre de l’instruction de l’autorisation environnementale du projet et présentée par la Métropole. Longue de quarante jours… la concertation n’a pourtant recueilli aucune observation !
Quarante jours d’enquête publique pour un projet de réaménagement emblématique du renouvellement urbain rennais, aux impacts environnementaux notables et… pas une seule observation. Pas une. Zéro. Nada. Que dalle. Peau de balle. Que t’chi ! C’est l’étonnant bilan de la dernière enquête publique menée du 3 juillet au 11 août 2025 à Rennes, concernant le vaste projet de transformation des quais de la Vilaine, de la place de la République et des abords du Palais du Commerce. Un chantier ambitieux et imposant, qui faut-il le rappeler, prévoit entre autres :
- la découverte de la Vilaine avec des aménagements sur le fleuve,
- une dérogation au régime de protection des espèces protégées,
- la déconstruction du parking Vilaine entraînant la perte d’habitat et de refuges de certaines espèces d’oiseaux et de chiroptères,
- une dérogation au régime de protection des allées et alignements d’arbres bordant les voies ouvertes à la circulation publique.
L’information n’a semble-t-il pourtant pas manqué : 4 panneaux ont été installés sur les lieux du projet, l’avis d’enquête a été publié dans les quotidiens Ouest France et L’Écho de la Bretagne, relayé par une vingtaine de communications parues dans la presse, radio et TV entre le 6 et le 17 juin. Mais pour quel effet ?
Le registre papier est resté désespérément vierge. Aucun courrier n’ a été envoyé à la mairie ; aucun mail à la préfecture. Face à ce no wo·man’s land participatif, la commissaire enquêtrice a posé la seule question qui vaille : « comment expliquer ce silence assourdissant, alors que les médias locaux évoquaient des réticences bien réelles de riverains et commerçants, notamment sur la suppression du parking et les nuisances des travaux ? » Est-ce l’effet vacances ? Une lassitude citoyenne ? Une confiance aveugle dans les décisions publiques ? Ou un simple mais compréhensible « Je-m’en-foutisme » ?

Interpellée sur cette absence totale de contribution, Rennes Métropole avance une explication presque trop rassurante : le projet aurait été si bien concerté, si bien expliqué, que le public n’aurait tout simplement plus eu besoin de s’exprimer. « Le projet a été largement concerté depuis 2018 (Rennes 2030, jury citoyen, concertations au titre du code de l’urbanisme et de l’environnement), et a fait l’objet d’une communication importante. » toujours selon elle, riverain·es et usager·es ont été régulièrement informés, et leurs contributions intégrées dès les phases amont. Les nombreuses communications auraient donc permis de répondre aux préoccupations, tant sur le contenu du projet que sur les nuisances du chantier. « Il est donc permis de penser que le public a disposé d’un niveau d’information suffisant, ne nécessitant pas de s’enquérir du dossier d’enquête publique ni d’émettre d’observations supplémentaires. » Quant aux critiques relayées dans les médias, Rennes Métropole les relativise : elles ne porteraient pas sur le projet lui-même, mais sur des inquiétudes économiques liées à la fermeture du parking. Et même là, la collectivité assure que le projet a été « bien compris et accepté ». Voilà qui est dit.

La commissaire enquêtrice, elle, nuance ce tableau un peu trop idyllique et déplore un manque d’engagement formel : « Je regrette qu’aucune association locale, de commerçants ou environnementale, n’ait pris la peine de s’exprimer pendant l’enquête, alors qu’elles se sont largement exprimées dans les médias. » On rappelle que, tel un baroud d’honneur, quelques irréductibles s’étaient réuni·es l’avant-veille des travaux autour d’un pique-nique citoyen pour ré-affirmer leur opposition.

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J’ai déja émis des observations dans ces registres dématerialisés, notament autour de la construction du nouveau dépot de bus dans la plaine de Baud-Chardonnet (betonnage de 5 hectares à coté de l’ancien dépot), absolument rien n’a été pris en compte, voir même reporté dans le compte rendu. Ca ne sert à rien.
J’ai noté une tentative sur le projet de découverture sur le site de la platforme citoyenne:
https://fabriquecitoyenne.fr/project/droit-dinterpellation-ville-de-rennes/collect/le-depot/proposals/reconsideration-du-projet-le-jardin-des-lavandieres-pour-le-parking-vilaine-67adabd014dec
Et la réponse apportée:
« La proposition de ce jury, consistant à supprimer l’ouvrage parking pour redécouvrir le fleuve et réaménager les quais afin de rendre la Vilaine accessible, a été présentée et approuvée par les élus rennais et métropolitains début 2022. L’avant-projet des espaces publics a été approuvé en fin d’année dernière, et la mise en chantier de ce projet majeur pour le centre-ville est prévue pour la rentrée 2025. »
Fin de la discussion, je pense que tout le monde a compris que cela se fera à tout prix, c’est un totem (comme la semaine de 4.5 jours d’école en primaire d’ailleurs).