[Route du Rock 2026] – Apéro rock à la Nouvelle Vague

Comme il est désormais d’usage, cette 34ème édition de la Route du Rock s’ouvre ce mercredi 12 août par une soirée de prélude en guise d’apéritif à la Nouvelle Vague. Revue en détails de ce que vous pourrez y déguster.

Just Mustard, shoegaze et électro

Just Mustard – Crédit Photo presse : © Greg Purcell

Venu de Dundalk -et non pas de Dijon (arf)-, Just Mustard est de ces groupes qui aiment immerger totalement l’auditeur.trice dans l‘atmosphère musicale qu’il tisse avec autant de patience sûre que d’implacable efficacité. Imaginez des textures shoegaze qui doivent autant à My Bloody Valentine qu’aux Cocteau Twins (on parle même de coldgaze), des ambiances oniriques à l’inquiétante étrangeté lynchienne, des tentations trip hop et une voix aérienne (celle de Katie Ball) qui pourrait quasi aller jusqu’à la clarté de celle des Sundays (ou de Cranes), sans oublier parfois des accents électroniques entre indus et techno et vous aurez une petite idée du son à la fois massif et aérien du quintet irlandais.

Rassemblant Katie Ball donc (chant), David Noonan (guitare, chant), Mete Kalyoncuoğlu (guitare), Robert Hodgers-Clarke (basse) puis Shane Maguire (à la batterie depuis 2017), Just Mustard a commencé par explorer l’obscurité avec un son shoegaze dense et saturé avec Wednesday, premier album sorti chez le label indé Pizza Pizza records, puis avec Heart Under (Partisan Records, 2022) sur lesquels les cinq essayaient d’abord de créer d’amples paysages sonores, denses mais mélodiques, sur dans lesquels venait se greffer la voix éthérée de Katie Ball.

Pour leur troisième album, We were just here (Partisan Records, octobre 2025), les Irlandais ont décidé de procéder différemment : ce sont cette fois-ci les voix qui ont dicté la direction instrumentale. Et non plus la mélancolie crasse mais un sentiment plus positif qui a présidé à l’écriture. Alors ne pensez quand même pas que Just Mustard s’est mis à la bamboche et au rock festif, mais force est de reconnaître que cette mélancolie se fait désormais plus euphorique que plombante et que l’énergie pop de ce troisième long format se fait plus vive. Une chose est certaine cependant : c’est sûrement en live qu’on appréhendera au mieux la musique des Irlandais, tant elle est faite pour l’immersion et l’ample développement dans l’espace que saura lui offrir la Nouvelle Vague.

Gurriers, post punk rageur

Gurriers – Crédit Photo presse : Gullick

On reste en Irlande avec le quintet Gurriers. Chez nous, on les aurait appelés des garagnas, mais les Irlandais dénomment a priori les voyous des rues gurriers, d’où le patronyme des cinq garnements qui s’affichent volontairement en mauvais garçons. Avec leur post-punk mal élevé, Ben O’Neill (guitare), Dan Hoff (chant), Mark MacCormack (guitare), Pierce Callaghan (batterie) et désormais Charlie McCarty à la basse (depuis 2024) mettent en effet les pendules à l’heure post Brexit (« More bodies on the ocean« ). En révolte contre les injustices sociales, porté par la voix puissante et revendicatrice de Dan Hoff qui vilipende les maux de nos sociétés telles la corruption politique ou les inégalités sociales à pleins poumons, les cinq sont là pour en découdre.

Formé pendant la pandémie, après s’être fait la main sur quelques singles de Top of the bill (2021) à Des Goblin (février 2024), le groupe donne le jour à un premier album à l’énergie brute, aux rythmiques martelées et aux lyrics incendiaires scandés la rage aux dents, Come and see paru en septembre 2024 chez No Filter. Hormis quelques brèves accalmies (Interlude, l’intro du morceau titre), la critique mordante de la société s’y accompagne d’un post-punk bien vénère, court, intense, rugueux à souhait, noisy même s’il faut, parfait pour les amateurs de mosh pits et de pogos devant la scène.

On gage que la Nouvelle Vague devrait prendre une déferlante (!) de gros son en pleine face. D’autant que les Dublinois promettent un nouvel album pour septembre, Nobody’s Coming To Save You (chez PIAS cette fois-ci), co-produit par Mark Bowen (Idles) et Loren Humphrey (Geese) et mixé par John Congleton. Les premiers titres dévoilés (Nobody’s Coming to save you, Party Lines) nous y semblent davantage dirigés vers les stades (c’est l’ambition affichée -et ce n’est pas notre came, on l’avoue) mais font preuve d’une variété plus marquée dans leur dynamique (bien que ne soit pas Liars qui veut). On attend donc de juger sur pièce, mais on est d’ores et déjà certain.es que les Irlandais vont raviner les oreilles de tout un public en sueur.

Elias Rønnenfelt, auberge danoise

Elias Rønnenfelt – Crédit photo presse : © Eliyah Mesayer

On avoue volontiers ne pas avoir gardé un souvenir impérissable de la prestation en 2013 des Danois d’Iceage sur la scène du Fort. La faute surement à un Nick Cave impérial ce soir-là mais sans doute pas que. On donnera par contre volontiers une seconde chance au meneur et chanteur du groupe Elias Rønnenfelt. Le musicien et poète danois reviendra en effet ouvrir cette soirée d’échauffement à la Nouvelle Vague.

Délaissant le post-punk volcanique de sa formation collective, il se montre beaucoup plus aventureux en solo. Après un premier album hautement éclectique Heavy Glory en 2024, il a sorti en 2025 Speak Daggers, album conçu chez lui avec de nombreuses collaborations d’artistes proches dont The Congos, Erika de Casier, Fine, Dean Blunt, Yung Lean ou encore Fousheé. De ce collectif contrasté est né un album assez insaisissable et se moquant bien des étiquettes ou des styles. Un disque aux ambiances sombres mais avec une énergie lumineuse que nous sommes assez curieux de découvrir sur scène.

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Just Mustard, Elias Rønnenfelt et Gurriers seront en concert mercredi 12 août à la Nouvelle Vague – Ouverture des portes à 20h, concerts à partir de 20h30.


La Route du Rock a lieu du 12 au 15 août 2026.

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