Pour ce début de seconde journée de l’édition 2026 de la Route du Rock, nos guiboles moulues nous font bien sentir qu’on va payer un peu cher notre démarrage en trombe de festival. La faute à l’irrésistible folie de Peaches, et à une première soirée de grande classe. On n’en a cependant absolument aucun regret, malgré nos pattes lourdes et nos voix déjà éraillées. Encore une fois sous un soleil splendide qui nous rappelle que c’est quand même bien chouette les festivals d’été avec cette météo détraquée, on repart au Fort Saint Père pour un vendredi 14 août toujours aussi plein de promesses. La soirée va les tenir hautement, au moins jusqu’au crépuscule. Après un démarrage solaire de toute beauté, la nuit tombée nous a offert une série de concerts bien plus mitigée. On vous raconte.
photo (c] Nicolas Joubard
Compte rendu écrit à six mains par Isa, Mr. B et Yann
Alice Cotelloe
photos (C) Titouan Massé
On débute la soirée avec Alice Costelloe et son projet solo, qui vient timidement présenter son premier album, Move on with Year. La co-fondatrice (avec Kacey Underwood) du duo indie pop Big Deal, a traversé des moments particulièrement douloureux ces dernières années, notamment la relation avec son père qui lui a bien pourri la vie du fait de ses addictions. C’est donc de lui et de ses addictions, mais aussi de sa disparition, dont parle cet album, forcément triste par son sujet, mais remarquablement lumineux dans ses arrangements. Épaulée par Jono Helsby aux percussions et par Mike Lindsay (enregistrement, production, synthés, guitare, basse), Alice Costelloe y dépose un chant aérien, des guitares, des notes aux claviers, à la flûte, qui trouvent leur juste et tendre place dans un disque éminemment personnel.
Pas facile d’imaginer la transposition live d’un album aussi intimiste et personnel, mais les conditions sont parfaites : le public est là, l’écoute est remarquable et on savoure les premières notes de Damned if you do, parfaite introduction qui capte immédiatement l’attention. Elle enchaine avec My Whole Life et son down tempo, avec cette voix aérienne lumineuse qui semble flotter sur les notes délivrées par les instruments. Après un petit réglage d’une basse trop forte (elle en échange avec le public), elle s’excuse presque de nous présenter ses chansons infiniment triste avant de débuter Too Late Now. Mais rien de plombant : juste la délicatesse et la poésie d’une artiste qui réussit à trouver le parfait équilibre entre mélodie et mélancolie. Elle enchaine astucieusement avec le plus enlevé I Never Dance, preuve de la maitrise d’un set parfaitement équilibré.
photos (C) Titouan Massé
Elle est parfaitement épaulée par le guitariste-claviériste, qui en plus d’assurer le parfait contrepoint vocal sur les choeurs, l’accompagne merveilleusement bien à la guitare. Sur If I Décide, il chante dans le micro de sa guitare électro-classique, bouclant ensuite le chant délicatement saturé : un régal. Et puis comment ne pas être subjugué par la voix d’Alice Costelloe sur Anywhere Else, simplement accompagnée par trois accords aux claviers. Elle conclut le set avec le lent Feet on the Sand puis le dansant How I Can : elle semble surprise que certains spectateurs connaissent son album. Pas nous : en plus de posséder un évident talent de composition et une voix magnifique, elle réussit brillamment la transposition scénique avec des arrangements superbes. Après Horsegirl, nous sommes décidément gâtés avec les concerts de début de soirée.
Dry Cleaning
photo (c] Nicolas Joubard
Déjà venus au Fort St Père en 2023, les Britanniques de Dry Cleaning sont de retour à la Route du Rock pour présenter leur troisième et dernier album en date (produit par la magicienne Cate Le Bon) sorti en janvier, Secret Love et on est fébrilement impatients de les ré-entendre tant on aime leurs trois longs formats (New Long Leg, 2021, Stumpwork, 2022, les trois chez 4AD). Sans surprise la peinture tendue sous le soleil en fond de scène reprend l’artwork Bunuel-ien de leur dernier effort, et les quatre (la chanteuse/parleuse Florence Shaw, le guitariste à la jazzmaster verte -entre autres- Tom Dowse, Lewis Maynard à la basse léopard et le batteur Nick Buxton) entrent progressivement en scène, rejoints par un guitariste/claviers (Scott ?) pour un inaugural Strong Feelings qui donne tout de suite le ton.
Les déclamations d’une voix monocorde quasi sans affect de Florence Shaw en mode spoken -absurd- poetry, mixées en avant viennent se poser sur une section rythmique bondissante et la guitare tordue toute en stridences et vibrato de Tom Drowse. Enchainant avec l’imparable Gary Ashby qui parle d’une tortue aux sons de riffs Marr-iens, le clavier passant à la guitare acoustique, Dry Cleaning gagne la foule. Il faut dire que le contraste entre l’introvertie Florence Shaw, Lewis Maynard dansant sans faiblir derrière sa basse et Tom Drowse toujours à fond sur sa jazzmaster est des plus saisissants et percutants. Sur Her Hippo Drowse harangue même la foule, remonté à bloc. Mais il faut dire que ce garçon est un guitariste hors pair et que le son de Dry Cleaning étincelle de ses trouvailles à la six-cordes. Et ce depuis l’impressionnant Magic of Megan (sur leur premier ep Sweet princess de 2019) qui suit, qui le voit tirer la langue, passant de quasi cot cot en bends, de glissés sur le manche en arpèges tourbillonnants, magiquement ponctués des « Woo » aigus de Florence Shaw. Bigre, que c’est bon.
photo (c] Nicolas Joubard
Les riffs angulaires délivrés ensuite sur une Telecaster bleue du plus récent My Soul/Half Pint restent tout aussi précieux et on en prend plein les oreilles. On aime que chez ces Britanniques (puisque la variété ne vient pas de la diction merveilleusement atone de Florence Shaw), la musique elle-même apporte les changements de directions. Et autant dire que des idées, il y en a ! Des chœurs masculins de Cruise Ship Designer (mais où va-t-elle trouver des lyrics pareils !) aux explosions tout en disto d’Evil Evil Idiot, en passant par les claviers, le vibrato sur la six cordes et le quasi chant de Press Me ou les notes flottantes du très vieux Viking Hair sur une batterie martelée (Hou Hou y chante Florence Shaw) -les lunettes volent de la tête de Tom Drowse-. Sans oublier l’hyper addictif Scratchcard Lanyard, tube millésimé qui se glisse au milieu du set et conquiert tout un Fort. Tom Drowse redit son bonheur, sa reconnaissance et son plaisir d’être là avec une sincérité aussi agitée que touchante. Les arpèges clairs de Let me grow and you’ll see the fruit précèdent alors un époustouflant final Hit My head all day, avec ses guitares à la Cate Le Bon totalement irrésistibles. S’il en était besoin, le set délivré sur la scène du Fort ce soir achève de nous convaincre : on est définitivement amoureux.ses de ce spoken word désincarné totalement inattendu dans ses paroles étranges (au hasard « I just need to be weird and hide for a bit/ And eat an old sandwich from my bag » ) qui se greffe sur des morceaux qui citent avec le même bonheur Pylon, Television, la jeunesse sonique ou les Feelies, de ces développements de 3 à 4 minutes à géométrie instable fourmillant d’idées. Dry Cleaning confirme ce soir qu’il est un groupe passionnant qui, en gardant le même cadre, continue toujours d’explorer. Un sacré bon concert !
Moin
photo (c) Brice Delamarche
Après ce démarrage tout simplement parfait, on repart vers la scène des remparts avec la ferme conviction qu’on va de nouveau avoir droit à un somptueux triplé avec le concert de Moin. Le groupe anglais s’annonçait en effet pour nous comme une des plus belles promesses de cette édition. Il adjoint un trio diablement excitant formé de Joe Andrews et Tom Halstead du duo électro oblique Raime (Quarter turns over a living line en 2012 et Tooth en 2016 chez Blackest Ever Black) et de la non moins oblique et passionnante percussionniste et compositrice italienne Valentina Magaletti dont on adore ici tout autant les groupes (le si regretté Tomaga, mais aussi Better Corners avec Matthew Simms de Memorials, le psychédélisme jazz de Vanishing Twin passé par la Route du Rock en 2022, le dub claustrophobe d’Holy Tongue…) que les collaborations (de Jandek (!) à Mica Levi, en passant par Thurston Moore, Upsammy, Olivier Mellano ou Fred Frith, ou encore sa prestation sur la batterie en porcelaine d’Yves Chaudouët et on en passe, tellement !). Les deux producteurs britanniques y reviennent à un format autour des guitares : « La batterie, la basse et la guitare sont le point de départ. Cette limitation est libératrice pour nous. Je pense qu’au sein de la sphère électronique, les possibilités sont infinies… Nous avions besoin d’un exutoire plus spontané, s’inscrivant dans un format déjà établi. » expliquaient-ils à Truant.
photo (c] Nicolas Joubard
On va vite constater que la notion de limitation est particulièrement relative pour ce trio complété sur scène par un quatrième larron à la guitare/basse, tout aussi talentueux, mais dont malheureusement, nous n’avons pas trouvé le nom. Pas le temps de se mouiller la nuque, le quatuor nous happe dès le premier morceau dans son univers fascinant et singulier. Ce qui capte d’emblée l’attention, c’est le jeu de batterie lumineux de Valentina Magaletti. Voir ces baguettes voleter avec autant de grâce que de puissance est toujours aussi hypnotisant. Sauf que ses camarades de jeu ne sont absolument pas en reste. Samples d’une richesse et d’une finesse remarquable, riffs de guitares (en duo ou en solo) à la fois émouvants et acérés, basse tellurique, leur musique est d’une ampleur rare tout en restant ultra-accessible. Mêlant en se foutant bien des frontières musicales et avec un talent constant, l’electro organique, la mélancolie tortueuse de Slint ou June of 44, le métal massif et oblique, Moin nous scotche du début à la fin d’un concert qu’on passera en lévitation totale.
photo (c) Gaelle Evelin
On en ressort de ce sublime chaos avec une seule envie : réécouter au plus vite ce groupe. Le seul défaut qu’on a en effet pu leur trouver, c’est que leur prestation fut bien trop courte à notre goût. Il ne nous donc reste plus qu’à croiser les doigts pour qu’ils repassent dans le coin et à guetter fébrilement leur quatrième album à sortir très bientôt chez, excusez du peu, le mythique label 4AD.
Mogwai
photo (c) Gaelle Evelin
Après ce moment de suspension qui devrait, pour nous, assurément rester parmi les grands moments de cette édition, nous retournons d’un pas léger vers la grande scène pour retrouver les très attendus Mogwai. Les écossais reviennent à Saint-Malo pour leur quatrième fois et sont accueillis en héros vu le nombre de t-shirts du groupe arborés dans la foule comme au premier rang. Il est bien loin le temps où ils jouaient dans le noir avec capuche et casquette vissée bien profond sur le crane, Stuart Braithwaite, Barry Burns, Dominic Aitchison et Martin Bulloch sont visiblement ravis d’être là et ils vont généreusement partager leur bonheur.
photo (c] Nicolas Joubard
Trente années après leur début, la palette du groupe s’est largement éclaircie avec des morceaux chantés, un synthé largement plus présent par exemple. L’étiquette post-rock, qui leur colle aux basques comme le scotch du professeur Tournesol, est bien loin donc de résumer la prestation de ce soir. Le set démarre sur le classique Yes! I Am a Long Way From Home, avec ses somptueux entrelacs de guitares et son explosion finale. Le groupe enchaîne alors avec le riff entêtant de son Hi chaos de leur tout récent album The Bad Fire. C’est une façon assez élégante de tracer un pont entre le démarrage et le présent de leur aventure. Sauf que, tout à fait personnellement, cela nous rappelle qu’après avoir écouté de manière fiévreuse (et à balle) leurs premières galettes, nos chemins musicaux se sont rapidement éloignés et nous n’avons suivi la suite de leur imposante discographie qu’avec une oreille bien plus dilettante. Une distance qui fait que malgré un set hyper impressionnant techniquement (ce travail sonore sur les guitares !) et d’une générosité assez imparable, nous ne nous ferons jamais totalement happé.e.s par leur concert. Ce n’est absolument pas le cas d’un public visiblement ravi et qui renvoie largement au groupe toutes ses bonnes ondes. Dommage juste que, comme trop souvent sur la musique essentiellement instrumentale, une bonne partie des gens se croient au comptoir et jacassent sans vergogne. On notera quand même que le groupe va savoir s’imposer et que les bavardages franchement relous en début de set, vont progressivement se calmer. Le set est également parfaitement sublimé par une scénographie très réussie. Le groupe joue en effet devant une imposante silhouette de montagne derrière laquelle seront projetés de très chouettes jeux lumières évoquant orages, aurores boréales ou encore éruptions volcaniques. On sort de là à la fois épaté.e.s et mitigé.e.s sur la variété de la setlist.
On avoue tout de même que nos cœurs ont quand même battu un peu plus vite sur le très beau doublé final Mogwai Fear Satan / We’re No Here s’achevant en chaos sonique délicieusement dissonant.
Baxter Dury
photos (C) Titouan Massé
On vous l’avait soufflé, on n’attendait pas particulièrement Baxter Dury pour son sixième (!) retour à la Route du Rock (avec trois venues à la collection hiver de la Route du Rock en 2006, 2012 et 2018 et deux escales estivales en 2014 et 2022). Car si en guise de fidèle des lieux, le Britannique se pose là, on se souvenait de deux concerts honnêtes et de deux beaucoup plus douloureux : deux partout la balle au centre, on n’avait donc pas d’espoir démesuré pour son retour sur la grande scène du Fort. Et quand sur l’Alpha Dog d’ouverture, le garçon déboule sur la scène, bondissant, chemise ouverte sur ses colliers de perles, faisant constamment glisser sa veste de costume sur ses épaules et remontant son pantalon à l’entrejambe les jambes fléchies on craint sincèrement le pire. Bien sûr, si on se fie la silhouette nonchalante et dégingandée, un rien déformée qui s’affiche en noir et blanc en fond de scène, tout ça ne se prend pas beaucoup au sérieux et Baxter Dury joue de son personnage irritant qui arpente la scène d’un extrême à l’autre (autant vous dire, qu’il les fait facile les 10 000 pas par jour), harangue la foule les bras en l’air et braille à qui mieux mieux avec son accent cockney. Pourtant, petit à petit, on arrive à oublier (un peu) ces gimmicks irritants et on se laisse gagner par l’enthousiasme de la foule. Accompagné d’une section rythmique très solide (le bassiste prend aussi la guitare) et d’une excellente choriste qui gère aussi les machines électroniques en tout genre, Baxter Dury a un backing band de luxe, qui déroule, hyper carré, les titres taillés pour les festivals de son dernier album en date, Albarone notamment. Pas un poil de travers. Ca joue droit, carré, et groovy.
photo (c) Brice Delamarche
Car s’il continue de raconter ses histoires glauques et minables de sa voix grave (Hapsburg, I’m not your dog qui suivent), Baxter Dury a pris un virage électro/disco marqué par une basse dansante à souhaits et des chœurs aériens. Rien d’original, loin de là, soyons bien clairs, (voire au diable les nuances !), mais c’est efficace. On regrette néanmoins que le garçon hurle trop pour qu’on puisse profiter des narrations qui sont quand même au cœur de son propos (Almond Milk ou Oi en version rock sacrément boostée ce soir avec ces sonorités d’orgue hammond et ses scansions à la Clash), mais en revisitant ses titres plus anciens (Aylesbury boy et sa basse bien grasse qui le voit enfin -pour un temps seulement !- tomber la veste) à la sauce Albarone (entendez disco, électro et punchy), il donne un coup de lifting à sa musique (le très électro Kubla Khan, les plus pop It’s a pleasure et Palm Trees boostés aux basses) qui comble tout un Fort. C’est sans compter sur l’irrésistible basse de Miami qui prend le public directement par les hanches et qui fait chalouper toute la foule les bras en l’air. On a même la surprise (c’est rare au milieu d’un set, on le souligne) de voir la foule se densifier tout à coup. Baxter Dury, auparavant toujours le mors aux dents, semble même sourire de plaisir à l’image de la foule déliée devant lui. Le très ancien Cocaine Man (en version survitaminée) et l’irrésistible électro d’Albarone font le reste et la communion des corps et des sourires fait plaisir à voir.
Hélas, après cette montée en puissance très réussie, le bassiste fait signe à Baxter Dury : quelqu’un dans la foule se sent mal. Le Britannique, sincèrement inquiet, prend aussitôt la décision de stopper le set, le temps de laisser les secours intervenir, suivi par son backing band qui quitte la scène à son tour juste après. Bien loin de son personnage flegmatique de détestable sale garçon, et une fois le feu vert donné pour reprendre, le musicien prend le temps de s’assurer que tout est ok. Le set reprend alors sur un Shadenfreude diablement efficace et malgré cette (longue mais saluée) interruption, les quatre parviennent progressivement à remettre tout le monde sur la piste de danse grâce à un enchainement d’abord down tempo avec Lips (papalapa chanté par tout un Fort) /Celebrate me (qui voit le batteur prendre le micro pour des chœurs pleins d’effets)/ Prince of tears, (et ses arrangements Gainsbourg-iens) avant un final « Baxter (these are my friend) » dansant et énergique, porté par un Baxter Dury extatique qui pointe la foule en hurlant « these are my friends ». Au final donc, même si on continue à ne pas être très fan de la musique du garçon, on salue une prestation d’une (inespérée) efficacité qui aura su faire danser et communier tout un Fort. Ce qui est quand même une chouette réussite.
Sprints
photo (C) Titouan Massé
Ca se presse devant la scène des remparts, et on sent qu’une partie du public a sévèrement envie de se dégourdir les guiboles à en soulever la poussière. Sur le papier, Sprints a toutes les armes pour ça : la couverture incendiaire de leur premier album annonce clairement la couleur : leur garage punk est là pour vous chopper par la nuque et ne pas vous lâcher jusqu’à la dernière note. Pour All That Is Over, leur deuxième album, de nouveau produit par Daniel Fox (Gilla Band), le groupe ne perd pas vraiment en intensité mais gagne par contre en nuances. Menée par la charismatique Karla Chubb, la bande est également composée de Sam McCann, Jack Callanet et du nouveau guitariste Zac Stephenson. La réputation scénique du groupe étant plus qu’élogieuse, on faisait le pari que ça allait être un joyeux bordel devant la scène des Remparts. On a envie d’en découdre aussi et on s’installe en devant de scène.
Résultat ? On a eu le joyeux bordel, avec l’option soulèvement de poussière incluse. Mais on est resté en dehors de toute cette agitation, nos jambes se montrant insensibles à l’agitation sur scène. Et pourtant, ça s’agite beaucoup, Karla Chubb en tête, avec Heavy. un titre qui porte bien son nom : on est dans le versant lourd du punk-rock, à mille lieux de la bombe incendiaire de 2 minutes. Il nous faut quelques morceaux pour comprendre leur structure : un premier passage classic-rock, puis une pause dans le volume et le tempo, avant de reprendre la même ligne mélodique, juste jouée plus fort. Mais pas d’accélération, pas de nuance. On a la sensation d’un décalage entre l’image (les musiciens remuent beaucoup) et le son, un peu lourd (Feast).
On a du mal à rentrer dans le concert, et le groupe ne nous aide pas beaucoup. Karla parle (beaucoup), et si on ne peut qu’adhérer au discours sincère sur la défense des droits, ça ralentit sérieusement un set qui n’est déjà pas dingue. Si vous rajoutez tous les poncifs dans l’interaction avec le public (Circle pit, Mur de la mort, public assis…), on comprend assez rapidement que nos jambes ne bénéficieront pas du traitement de la veille avec Ditz. La fin du set est plus emballante, avec l’attendue reprise de Le Tigre (Deceptacon), les accents flamenco de Desire et l’accélération punk (enfin!) sur Little Fra, qui conclut le set. Trop tard malheureusement pour nous, qui sommes restés sur notre faim.
Marie Davidson
photo (c)Brice Delamarche
On aurait bien aimé revoir l’aventueuse Marie Davidson et ce d’autant plus qu’on est certain.e que la musicienne et productrice franco-canadienne était parfaite pour enflammer le dancefllor. Cependant, la fatigue se fait sentir et il reste une journée qui s’annonce particulièrement chargée. On plie donc nos gaules pour préserver de précieuses ressources pour ce samedi.
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La Route du Rock Collection Eté a lieu du du 12 au 15 août à St Malo et au Fort de St Père

