[report] Binic Folks Blues Festival 2026 : CostarmoROCKain

Du 24 au 26 juillet 2026 l’épatant Binic Folks Blues Festival soufflait en beauté sa quinzième bougie. Le plus australien des festivals bretons nous a encore une fois régalé avec son ambiance de feu et sa programmation aussi rock que diablement maligne. Nous y avons passé deux très belles soirées sur les trois proposées. Retour en images et en quelques mots sur une édition, encore une fois, particulièrement réussie.

Le Binic Folks Blues Festival est toujours un de nos rendez-vous estivaux favoris. On aime ses deux scènes intimistes et chaleureuses. On aime sa programmation à l’affut mais aussi fidèle en amitiés qu’elles soient d’ici ou de l’autre bout du monde. On aime que les programmateurs creusent avec ferveur leur filon rock/punk tout en gardant leurs oreilles ouvertes à d’autres styles. On aime son public hétéroclite et hautement inflammable composé de jeunes et de moins jeunes réunis par l’ivresse… du soleil breton et du Rock’n’Roll. C’est donc avec un bonheur renouvelé que nous avons retrouvé l’événement concocté avec toujours autant de classe et de passion par La Nef Des Fous et Beast Records. Cette quinzième édition avait lieu du 26 au 28 juillet 2026 et les hasards de nos pérégrinations estivales nous y ont mené les second et dernier jours du festival.

Pour notre première étape du samedi, nous avons eu droit à une série de concerts de très bonne qualité mais à qui il manquait peut-être un grain de folie ou un grand coup de cœur pour nous emballer totalement. Les sommets viendront plutôt le lendemain pour nous, mais ça restait tout de même une excellente mise en bouche.

Samedi 25 juillet : Les vieux garnements sont les meilleurs

On a démarré pied au plancher avec les jeunes vendéens de Friday My Lady qui nous ont offert un goûter riche en énergie et en pépites garage punk.

On est passé ensuite sur la grande scène de la Banche avec la country fiévreuse d’Hana & Jessie Lee’s Bad Habits. Voix de velours, jeux de guitare somptueux, compositions d’une grande élégance… elles étaient assurément les reines de la journée (et du festival pour la batteuse Julia Watt (Moody Beaches, Party Pest) qui revenait pour son quatrième BFBF !).

Autre leçon de classe ensuite avec les Sacred Cowboys. Les vétérans étaient très en forme ce soir-là (comme le lendemain) et ont livré une prestation fiévreuse à souhait de swamp rock.

De la pop psychédélique teintée de shoegaze à Binic ? C’était possible et diablement rafraîchissant cette année avec Las Robertas. Nous nous sommes laissés emporter dans la bulle du quatuor costa-ricains avec grand plaisir.

On restait ensuite dans l’original avec Dom Sensitive qui bricole un rap bluesy et décharné entre un Sleaford Mods de Yartapuulti ou un Beck fauché. Délicieusement nonchalant et what the fuck, même si on a un peu trouvé que le set peinait un peu à décoller sur la longueur.

On retrouvait ensuite sur la Banche les plus classiques, mais pas moins efficaces Straight Arrows. Riffs endiablés, rythmiques irrésistibles et chanteur survolté, la pop fuzz ultra énergique mais diablement habile mélodiquement des australiens a largement mis le feu aux poudres.

Les stars de la soirée pour nous ce furent les sales gosses sexagénaires de Cosmic Psychos. Les trois vieux briscards nous balancent en pleine face et sans préléminaires leur rock grungy avec une malice féroce et un bagout irrésistible. Les riffs poisseux de bière frelatée de John McKeering, la voix éraillée par les routes poussières de l’outback de Ross Knight et la frappe atomique de Dan Peters (le batteur de mudhoney !) vont droit au but : jouer un rock irrévérencieux et jouissif qui enflamme le public conquis devant comme derrière la scène.

Nous serons par contre beaucoup moins convaincus par les écossais de Doss. Malgré des premiers rangs en feu immédiatement, nous restons de marbre face au remplissage un peu laborieux du set et à leur post-punk qui manque vraiment de personnalité à notre goût. Tant pis, ça nous a permis de garder des forces pour le lendemain.

Notre galerie photos complète de la soirée du samedi :
Binic Folks Blues Festival 2026 : Samedi 25 juillet

Dimanche 26 juillet : Promesses tenues

Nous voilà donc de retour le dimanche avec la ferme intention de ne pas louper LE groupe de cette édition qui nous faisait frétiller d’avance : Chimers. Il allait falloir par contre s’armer de patience, car le duo ne jouait qu’en dernier.

En attendant, nous retrouvons le quatuor Lunatic qui nous avait déjà bien ravi lors d’une édition précédente. Le quatuor australien ouvre parfaitement le bal avec son rock direct et brut qui s’avère particulièrement vivifiant.

Pas de baisse de régime avec les frenchies de The Spitters. Leur punk mélodique joué avec une énergie hautement communicative fait mouche et nous colle un sourire jusqu’aux oreilles.

Ce n’est pas avec Frenzee que la tension va retomber. Le trio greco-australien composé de deux frangins Adonis et Nikos Xylouris et de leur sœur Apollonia, nous avait déjà collé une sacrée dérouillée sur la scène club de l’Antipode en mai dernier et il va de nouveau embraser la scène de la Banche. Arpentant la scène comme le public avec jubilation, Apollonia déploie une énergie assez ébouriffante et les deux frangins nous balancent rythmes et accords démoniaques avec un savoir-faire remarquable. Des riffs et du kiff, quoi de mieux ?

Changement de style mais pas de baisse de plaisir pour nous avec Movie Star Junkies. On les avait loupés la veille et on comptait bien ne pas commettre cette erreur deux fois. Bien nous en a pris, tant le blues-rock-swamp des vétérans italiens nous a envouté de bout en bout d’un set mené de main de maître par les leaders historiques de la bande : Stefano Isaia et Boto.

On reprenait ensuite un second round avec Las Robertas qui ont confirmé tout le bien dont on en avait pensé la veille avec un set où ils ont lâché un peu plus la bride.

Même constat pour notre second concert du week-end d’Hana & Jessie Lee Bad Habits. Les quatre reines y ont conservé toutes les qualités du jour précédent avec une émotion encore un peu plus marquée par leur volonté de conclure le festival de la plus belle des manières.

C’est déjà notre dernier concert de ce Binic Blues Folks Festival et on le conclut donc avec LE groupe qu’on voulait absolument voir sur scène : Chimers. On suit en effet ce duo basé à Melbourne avec une grande attention depuis leur premier album de 2021. La batteuse Binx et le guitariste/chanteur Padraic Skehan ne vont pas nous décevoir avec un son délicieusement brut et une énergie tendue teintée tout autant de complicité que de mélancolie. On passe le concert en apesanteur totale face à la radicalité et la classe totale de ses compositions jouées avec autant de fougue que de générosité. Le duo semble aussi ravi que nous de leur séjour dans le coin et on compte bien sur eux pour les retrouver par chez nous dès que possible.

Bravo à La Nef des Fous, Beast Records et toute la belle équipe de bénévoles pour cette nouvelle édition du Binic Blues Folks Festival qui confirme encore une fois qu’il est un des rendez-vous estivaux bretons les plus immanquables. On vous y donne rendez-vous l’an prochain bien sûr.

Notre galerie photos complète de la soirée du dimanche :
Binic Folks Blues Festival 2026 : Dimanche 26 juillet

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