[Report] Samedi à Kool Thing 2025 @ l’Antipode : Like a tornado in the dark

Les 7 et 8 novembre 2025, Kool Thing revenait à l’Antipode de Rennes pour une seconde édition dédiée à ce qui se fait de plus excitant en matière de musiques alternatives et indépendantes avec deux soirées de concerts diablement éclectiques et une chouette flopée de concerts gratuits essaimée dans tout le quartier de la Courrouze [Le report du vendredi ici]. Le samedi, après avoir déambulé de concerts en concerts l’après-midi, on retrouve à nouveau la grande scène de l’Antipode pour une soirée de haute tenue. On vous raconte.

Compte rendu écrit à deux mains par Mr. B et Isa et photographié par Mr B.

Avec son air de parfait échauffement pré-TransMusicales ou de Route du Rock session automne et son clin d’œil à Sonic Youth, l’événement Kool Thing a, dès sa première édition, gagné sa place dans notre calendrier des rendez-vous immanquables de l’année musicale rennaise. Deux jours consacrés à mettre en avant ce qui se fait de plus excitant en matière de musiques alternatives et indépendantes actuellement, on ne pouvait rêver mieux pour nous consoler de la grisaille automnale. Après une première année très réussie dont on garde en mémoire la générosité de l’Orchestre Tout puissant Marcel Duchamp, la délicatesse de Tapir!, la pétillance de Menelas, la radicalité de Dummy et la jubilation communicative des Totorro, la seconde édition se déroulait vendredi 7 et samedi 8 novembre 2025 à l’Antipode de Rennes et autour.

Les concerts de l’après-midi

La nouveauté de cette année, c’était le très riche parcours de concerts gratuits organisés dans tout le quartier de la Courrouze durant le samedi après-midi. Neuf groupes, sept lieux, il y avait de quoi faire et il a même fallu faire des choix cruels.

La première étape de notre parcours nous amène à la station de métro Cleunay où chantait la chorale féministe louves. Menée avec énergie et pétillance par Elie James (Mermonte, Bumpkin Island, La Battue), la belle bande interprète un répertoire revendicatif, éclectique et malicieux. On retrouve avec délice des versions enlevées et portées par l’ampleur sonore de la vaste halle du métro de chants de lutte comme la chanson de grève des Penn Sardin ou le puissant hymne du Mouvement de Libération de la Femme. De la pop de Pendant que les champs brulent de Niagara et Réparer le monde de Léonie Pernet à la punkitude de Rebel Girl de Bikini Kill, du Lagon bleu de Mansfield.TYA, la troupe sait tout faire et conquiert le public nombreux comme les passant.e.s capté.e.s durant leur trajet. On ne pouvait espérer meilleure façon de démarrer notre périple.

Si vous avez loupé ce chouette moment ou si vous en reprendriez bien davantage, vous pourrez retrouver la chorale Louves au Bloom Pop le vendredi 21 novembre (fort bien accompagnée de King Drama au passage).

On se dirige ensuite vers une des plus étonnantes propositions de l’après-midi. Ce n’est pas le premier concert dans le chouette atelier coopératif de La Petite Rennes, mais celui-ci va se dérouler en pleine activité du samedi après-midi. C’est donc au milieu des chutes de clefs et des cliquetis de pédalier qu’Hugo Maillard va jouer sa musique. Un mélange parfaitement approprié car le musicien agriculteur mêle notes délicates jouées sur un clavicorde électro-acoustique (un piano d’entrainement devenu instrument à part entière) et captations diverses de la nature ou de son lieu de travail. Comme sur Tas de Foin, sa dernière sortie chez CoolRaoulRecords, on adore son jeu aérien et délicatement libre et ses jeux gracieux sur les sonorités. L’alliance de ce moment en suspension et de la matérialité du lieu rappelée par les activités de l’endroit, nous vaut un délicieux interlude entre rêverie et clé à molettes. C’est donc à grand regret qu’on s’extirpe du lieu un peu avant la fin pour ne pas louper le très attendu concert suivant.

On ne voulait en effet rater sous aucun prétexte la première venue sur Rennes de Daudi Matsiko. L’auteur-compositeur-interprète britanno-ougandais nous a en effet mis à genoux avec son sublime second album The King Of Misery, sorti en janvier 2024 sur son propre label Really Good.

En dix titres d’une épure remarquable et d’une terrassante beauté, il y explore avec une sensibilité à fleur de peau et un humour à vif les affres de la dépression et du trouble bipolaire. Nous étions donc plus que fébriles à l’idée d’entendre ses titres en live.

Prévu initialement sous le chapiteau du Bing Bang Circus, c’est finalement dans l’intimité chaleureuse de l’atelier de création de l’Antipode que nous retrouvons ce résident de Nottingham. Une voix, quelques arpèges, il met à nu des morceaux déjà minimalistes et cette épure les rend encore plus sublimes. Sa voix profonde, marquée par les affres de la dépression et du trouble bipolaire nous colle instantanément le frisson

Entre deux chansons, il s’épanche largement et avec un humour hautement britannique sur la création de ses titres ou ses galères avec la sortie douloureuse de son premier album. Même si ces passages sont peu appréciés par les moins anglophones du public perdus par son délicieux accent, le contact passe entre lui et le public. Il nous invite ainsi à reprendre en chœur les refrains de King of Misery (réussir à émouvoir tout le monde en faisant chanter Fuck You, c’est très très fort) puis sur I’m Grateful For My Friend. Nous aurons également droit au plus pop et somptueusement onirique Dead Bird Dream de son tout nouvel EP et à un déchirant final au synthé avec le bouleversant Hymn.

On ressort de ce moment de grâce les yeux mouillés et avec la joie d’avoir participé à ce qui fut autant une rencontre qu’un concert. On guettera désormais avec une attention encore accrue les futures aventures du bonhomme.

Après cet après-midi certes cruel par les choix qu’il imposait mais diablement réussi, on retrouve pour la seconde soirée consécutive la grande scène de l’Antipode.

Zoe Heselton & Sister Outsider

Comme la veille, l’entame de la soirée commence en douceur, mais cette fois d’une douceur habitée qui enveloppe autant qu’elle prend aux tripes avec Zoe Heselton. Accompagnée sur scène par deux des Sister Outsider (oui, c’est un clin d’œil à Audre Lorde, l’autrice et poétesse américaine, féministe et figure majeure des luttes afro-américaines) qui jouent sur son premier album Another Kind of suicide (nouveau clin d’œil – avril 2025, Teenage Menopause), la musicienne au chant et à la guitare happe l’auditoire par la sincérité tendue qu’elle dégage. A côté d’elle, Inès Rousset souligne les accents graves de sa voix avec sa basse, tandis que Quentyn Risjeterre, ganté de noir, les ponctue de deux cloches … à vache (!), tantôt frappées, tantôt secouées et déplacées dans l’espace autour des micros, créant autour des cordes (basse, guitare, voix) une sorte de halo fantomatique.

De fantômes (A game of chess), de morts et de vivants, il en est d’ailleurs particulièrement question dans ces textes finement écrits, qu’ils soient chantés/déclamés en anglais ou expliqués en français, par la musicienne britannique installée à Strasbourg qui parvient à exprimer des pensées tout en nuances et en finesse que ce soit dans l’une ou l’autre langue. Entre spoken word, poésie et chant grave et profond, ce folk sombre baigné dans les eaux noires d’un bayou immémorial, râclé dans une rivière de cailloux (What am I doing here ?), impose très vite un silence retenu à toute la salle qui se laisse porter, l’oreille tendue, par ses histoires de désirs nocturnes (Maybe it is 3 am), de vie (et de mort) cabossées et résilientes.

Portées par un jeu de guitare en arpèges, hammers et tremolos particulièrement prenant et recherché, les chansons de Zoe Heselton prennent parfois les accents de Kae Tempest (sur les spoken words), parfois ceux de Bowie période Blackstar (Another kind of Suicide) ou du libre Geordie Greep, mais d’abord, et surtout, n’appartiennent qu’à elles-mêmes, manifestations à la fois fortes et fragiles d’un talent singulier et, osons-le, précieux. Le final (It’s only rain et Breath by Breath -on croit ?-) qui enfle progressivement, d’un dialogue guitare/basse tout en tension aux déferlements de cloches bruitistes, met un point d’orgue à une prestation qui se sera (étonnamment à cette heure-ci) révélée captivante de bout en bout. Avant de quitter la scène, les trois se prennent dans les bras, se demandant les uns aux autres si tout va bien, montrant par-là qu’il s’agit peut-être ici d’un peu plus qu’un concert. C’est en tout cas comme cela qu’on l’a vécu, un temps où les solitudes se partagent et s’offrent le temps d’un refuge suspendu.

Mono

Juste après, ce sont les Tokyoïtes de MONO qui sont programmés et autant dire qu’ils sont sacrément attendus si l’on en croit les rangs qui se resserrent autour de nous bien avant leur entrée en scène et l’excitation qui gagne la foule. Il faut dire que formé en 1999, le quatuor a développé au fil de sa longue carrière une vingtaine d’albums proposant des paysages musicaux mêlant compositions orchestrales et entrelacs de guitares entre brumes et orages pour créer une version singulière et vaste d’un rock instrumental envoutant. En maintenant plus de deux décennies et à grand renfort de tournées internationales au nombre impressionnant de concerts, le groupe s’est forgé une notoriété unanime en live (et qu’on attend de juger sur pièce pour notre part, puisqu’on ne les y a jamais vus).

C’est avec le long Run on, issu de leur dernier album en date, Oath, paru l’an dernier que les deux guitaristes Hideki Suematsu (stratocaster noire et blanche) et Takaakira Goto (jazzmaster sunburst) commencent leur lent dialogue vaporeux aux sonorités claires, auquel basse (tenue par Tamaki Kunishi) et batterie surmontée d’un immense gong viennent ensuite donner de l’ampleur. Puis, petit à petit, Dahm Majuri Cipolla martèle ses fûts avec de plus en plus d’intensité. Au centre de la scène, Tamaki Kunishi balance la tête de droite à gauche tandis qu’elle percute les cordes de sa basse et les deux guitaristes décochent désormais des sonorités de plus en plus saturées. La montée crescendo de ce premier morceau qui explose en un orage électrique est lente mais implacable et on se retrouve immergé.es au milieu des éclairs striés de guitares, percuté.es par les coups sur les toms qui redoublent et explosent. L’expérience est quasi sensorielle. Le public, totalement happé, se laisse porter et accueille cet orage électrique avec une ferveur assez intense.

Il faut dire que les quatre maîtrisent leur sujet et leurs instruments. Pas de flou, ici, ni d’erreur technique. Ça déroule avec une impressionnante maitrise. La suite des titres, qui fonctionnent de la même manière : intro sur des mélodies aux guitares claires et son qui enfle progressivement pour exploser dans de longues plages tenues de longues minutes tout en déferlements (We all shine on, avec son côté symphonique, le plus ancien Recoil/Ignite, l’émouvant Hear the wind sing, ou Ashes in the snow commencé au glockenspiel et terminé par un énorme coup de gong) rencontre le même enthousiasme d’un public totalement conquis. Pour notre part, si l’on reconnait aisément le talent des quatre pour créer des ambiances tout comme pour cette gestion du crescendo ou son impressionnante tenue des orages électriques, on est un poil moins enthousiastes. On aurait aimé des mélodies un chouïa plus complexes ou quelques dissonances qui grattent un peu l’oreille (question de goût, bien entendu). Mais on ne passe pas un mauvais moment, loin de là, d’autant que le public dans son ensemble, transporté par ces six longs morceaux instrumentaux, acclame une dernière fois les Tokyoïtes avec une éclatante ferveur à leur sortie de scène.

Knives

Après ce moment un peu solennel, on se prépare mentalement et physiquement pour une des tornades scéniques annoncées de la soirée : Knives. On va en effet avoir droit à exactement l’opposé du concert précédent.

Ce sextuor post-punk/noise issu de la foisonnante scène de Bristol avait annulé sa venue au dernier moment pour le précédent Kool Thing, les voilà donc de retour avec sans doute un petit goût de revanche dans la bouche. Visiblement ravis d’être passé de l’exiguë arrière salle du Ty Anna à la grande scène de l’Antipode depuis leur dernier passage sur Rennes, la bande va effectivement mettre tous les potards sur 11.

Le groupe ne va pas faire dans la dentelle et va tout jouer à balle d’un bout à l’autre d’un concert totalement débridé. Le chanteur géant Jay Schottlander comme ses six camarades, sautent partout d’un bout à l’autre de la scène, haranguent un public qui ne demandent qu’à s’enflammer et jettent méthodiquement de l’huile sur le feu du début à la fin. Pogo, slam, mosh pit, tout le bréviaire du chaos en musique y passe pour le plus grand plaisir de la foule. Et la musique là dedans ? On retrouve leur mélange de punk noisy avec guitare bien grunge, basse vrombissante et phrasé hip hop braillard avec une touche de saxo qu’il faut bien aller chercher dans la masse. On oublie finesse et subtilité et on se laisse juste emporter dans un pure shoot d’énergie collective. C’est d’ailleurs à peine si on reconnaitra les titres de Glitter, leur premier album sorti en mai 2025.

Le concert se conclut sur un grand moment quand un des guitaristes, pris dans son enthousiasme, explose sa guitare sur le rappel. Son désarroi désarmant et la chaleur avec laquelle ses camarades viennent le réconforter resteront comme un des moments marquants de la soirée.

Model/Actriz

Après ce joyeux bordel punk, place à Model/Actriz, autrement dit l’une des formations new-yorkaises actuelles les plus passionnantes à la fois sur disque et sur scène (comme l’a déjà prouvé sa mémorable prestation aux Pies Pala Pop Festival en 2023).

Le groupe, né à Boston en 2016 (les quatre ont fait Berklee), de l’improbable rencontre entre Cole Haden, un chanteur queer formé dans les drag shows, fan de Lady Gaga ou Grace Jones et biberonné aux comédies musicales (Cats en tête) avec le guitariste Jack Wetmore, le batteur Ruben Radlauer et le bassiste Aaron Shapiro issus de la scène indus hardcoreCe détonnant mélange va aboutir, après une série de EP de plus en plus remarqués, à Dogsbody, un premier album ravageur sorti chez True Panther en février 2023. Bande son parfaite pour un accident de voiture ou pour un cabaret sauvage dans lequel Liars et Swans assureraient l’ambiance sonore, ce disque « fait pour les gays » dixit Haden, réussit à conjuguer noirceur et joie féroce tout en désamorçant irrésistiblement les poses viriles encore trop souvent inhérentes aux musiques extrêmes. Depuis, les quatre ont sorti en mai 2025 chez Dirty Hit et True Panther Sounds un second album, le bien nommé Pirouette, moins noise mais plus ouvert et mature, à la fois intime et direct. Encore ému.es de nos souvenirs du Pies Pala Pop Festival, on les attend des paillettes plein les yeux. D’autant que quelques balances jetées juste avant leur entrée en scène nous ont laissé entendre un travail sur les sonorités des guitares (basse, six cordes) assez énorme.

Après une entrée en scène dans les brumes électriques, le martelage en règle de la charley lance un Vespers inaugural particulièrement bien senti. Sur ses haut talons, capuche sur la tête et hoodie déchiré, Cole Haden arpente la scène, bascule les hanches, danse, virevolte des bras, s’accroupit les yeux dans les yeux avec les premiers rangs, figure théâtrale et queer qui captive les regards par ses poses sensuelles. Les guitares et la batterie, puissantes et mordantes, ont l’autorité d’une avalanche qui déboule et emporte tout sur son passage.

De la « club music sans synthé » , ont prévenu les Model/Actriz. Alors ça centrifuge les corps et ça agite toute une foule. Les plus noise et indus Mosquito et Amaranth (Dogsbody) ainsi qu’un Diva particulièrement percutant, voient ensuite Cole Haden jeter des coups de pied dans les airs, descendre de la scène, chauffer la salle, passer du growl à l’émotion fragile, pirouettant de sa voix (notamment sur les accents lyriques de Doves, plus tard), tandis que ses comparses bien souvent impassibles font preuve d’une impériale efficacité (quitte à même percer la caisse claire de la batterie !).

Cette alliance de riffs dissonants, de rythmiques surpuissantes et d’une théâtralité débridée se révèle tout bonnement irrésistible en live. Living in America while trapped in the body of an operatic diva chante Cole Haden dansant comme à Broadway sur les sons bruts et distordus de ses implacables mousquetaires. Tous trois offrent un écrin aussi corrosif qu’abrasif à leur étincelant chanteur tout en poses et sensualité. De cette alliance -plutôt que confrontation- entre sonorités noise, industrielles et sensualité queer émane une émotion qui mêle tout ensemble séduction, anxiété et euphorie.

De son aveu, étape décisive dans son parcours de performer, Cole Hadden s’éclipse (le temps que ses camarades nous frictionnent inéluctablement les oreilles) pour changer de vêtement et nous revenir tout de tulle vêtu, le visage entouré de gaze vaporeuse et le corps ceint d’une robe de tulle blanche DIY. L’irrésistible Departure et ses pirouettes vocales (l’alternance des timbres/hauteurs) qui n’abandonnent pas le dancefloor, précèdent le plus fragile Acid Rain aux accents lyriques, interprété tout en nuances et délicatesse par Cole Haden. Sa robe posée au pied du batteur s’est alors transformée en t-shirt résilles et longs gants jusqu’au-dessus du coude, tandis que les rythmiques s’emballent à nouveau, le temps des plus anciens Crossing Guard et Slate, qui rugissent de sonorités métalliques, de guitares triturées d’effets et accélèrent le tempo.

Bien qu’hyper travaillée, la performance flamboyante de Cole Haden reste immensément sincère et le groupe trouve une apothéose avec un Cinderella aussi émouvant que tubesque qui voit toute une foule danser les yeux dans les yeux avec les -désormais- New Yorkais. Le final Pure Mode ne fera en rien retomber les ardeurs et Model/Actriz nous aura une fois encore mis sens dessus dessous le temps d’une prestation aussi incandescente que particulièrement singulière dans le paysage musical actuel. Model/Actriz est définitivement un groupe à part.

La Société Déso du Nord

Ne laissant en rien s’étioler l’enthousiasme et la folie qui se sont emparés du public, La Société Déso du Nord qui, depuis le début de la soirée assure l’ambiance avant, entre et après les concerts derrière les platines avec ses sélections pop, disco ou post-punk (pour dire vite), monte les potards à fond pour faire se déhancher une foule enthousiaste dansant devant le bar – éventuellement une Kool Thing à la main (l’excellente bière créée avec le Bloom Pop pour l’occasion)-, mettant un point festif et final à cette fort réussie seconde édition du festival. Vivement l’année prochaine !

La galerie photo complète de la soirée du samedi 8 novembre par Mr B. :
Kool Thing 2025 : Journée du samedi @ Antipode et autres, Rennes

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