[La Route du Rock 2026] La prog’ du Fort décortiquée [Face A]

Comme tous les ans, dès le début de l’été, chacun.e disserte autour de la programmation de la nouvelle édition de La Route du Rock (d’autant qu’il est bien trop tôt pour les prévisions météo). Cette année, le plus mal(ou)in des festivals aura lieu du 12 au 15 août et se partagera une fois encore entre le Fort St Père dans les terres, la plage Bon Secours et la Nouvelle Vague à St Malo (sans oublier le théâtre Chateaubriand pour la conférence de Christophe Brault). Entre embruns, coups de soleil et cirés (on est des vieux de la vieille), le festival allie en effet comme chaque année une programmation travaillée et bien souvent enthousiasmante. On vous la détaille comme toujours en deux longs (!) morceaux (comme deux faces d’un vinyle ou d’une K7, pour rester fidèles au logo des pirates malouins). On débute par la face A. On vous laisse choisir votre format, en espérant vous y retrouver cet été.

Alice Costelloe, du tumulte à la lumière

Alice Costelloe – Crédits Photo presse : © Bex Aston

On commence par la co-fondatrice du duo indie pop Big Deal, la Londonienne Alice Costelloe, dont l’ascendance doit certainement être lourde à porter quand on embrasse la carrière artistique (le peintre Lucian Freud, et avant lui Sigmund bien sûr, ou encore la créatrice de mode Bella Freud entre autres), notamment un père lui ayant bien pourri la vie du fait de ses addictions. Aussi, après l’aventure transatlantique avec Kacey Underwood (Big Deal donc), une poignée d’Eps (So neurotic en 2023, When it’s the time en 2024, Anywhere else en 2025 si on ne se trompe pas) et les tournées à la basse avec les Britanniques de Superfood, la musicienne se retrouve avec du temps pour elle, et une fenêtre de tir de six mois pour composer un premier album solo. Elle se lance alors dans la composition de morceaux « horribles » (c’est elle qui le dit, pas nous !) liant Londres et figures mythologiques grecques, imaginant qu’elle seule ne pourrait suffire (« I had this weird idea that I wasn’t enough and I needed to make it somehow grander, lyrically » , confie-t-elle à DIY).

Elle entend alors un morceau de Lump (le duo composé de Laura Marling et du co-fondateur de la folktronica de Tunng, Mike Lindsay) par hasard et s’y trouve surprise par  « la beauté et la chaleur du son, mais aussi par son originalité. Il y avait tant d’éléments étranges et ludiques que [elle] n’avai[t] jamais entendus auparavant » . Elle découvre qu’elle en a assez des guitares (ou plus exactement de la relation qu’elle-même entretient avec la guitare) et qu’elle a envie d’explorer un nouvel univers sonore. Dans le même mouvement, après avoir essentiellement écouté des musiciens, avec la peur du faux pas loin du cool (les règles intrinsèques de Big Deal, sur ce qui peut se faire ou non), elle commence à écouter des musiciennes (Cate Le Bon, Weyes Blood, Joni Mitchell) et s’autorise enfin à s’apprivoiser, à s’écouter, à écrire des chansons plus intimistes, sans se sentir « trop féminine » ou « vulnérable » .

Signée sur Moshi Moshi, elle contacte logiquement Mike Lindsay pour enregistrer dans son studio de Margate, avec tout plein de synthés et d’orgues vintage (dont elle n’aurait pas à créer le son sur des plugins devant son ordi !), achète une flûte à soixante livres, et comprend surtout que c’est d’elle-même que doit venir cet album. En parallèle, une thérapie (l’EMDR, utilisée pour combattre le stress post traumatique) lui permet alors de remettre sa relation à son père à une distance moins dévastatrice (si elle ne peut changer le passé, elle peut faire évoluer la relation qu’elle entretient avec lui). C’est donc de lui et de ses addictions, mais aussi de sa disparition, dont parlera cet album, forcément triste par son sujet, mais remarquablement lumineux dans ses arrangements (plein de flûte et de synthés, donc). Épaulée par Jono Helsby aux percussions et par Mike Lindsay (enregistrement, production, synthés, guitare, basse), Alice Costelloe y dépose un chant aérien (parfois juste avant les larmes comme sur le final Is there something (Goodbye)), des guitares (quand même finalement), des notes aux claviers, à la flûte, qui trouvent leur juste et tendre place dans un disque éminemment personnel. Si on s’interroge légitimement sur comment les arrangements de ce Move On With The Year (Moshi Moshi, février 2026) se trouveront transposés en live, on est d’ores et déjà conquis par l’intégrité et la délicatesse art pop de cet album et on se réjouit de le découvrir sur la scène de la Route du Rock.

Alice Costelloe sera en concert Vendredi 14 août au Fort St Père

Moin, trio oblique

Moin – Crédits photo presse : ©DR

On poursuit avec Moin, qui vient aussi en partie d’Angleterre, puisqu’il adjoint Joe Andrews et Tom Halstead du duo électro oblique Raime (Quarter turns over a living line en 2012 et Tooth en 2016 chez Blackest Ever Black) et la non moins oblique et passionnante percussionniste et compositrice italienne Valentina Magaletti dont on adore ici tout autant les groupes (le si regretté Tomaga, mais aussi Better Corners avec Matthew Simms de Memorials, le psychédélisme jazz de Vanishing Twin passé par la Route du Rock en 2022, le dub claustrophobe d’Holy Tongue…) que les collaborations (de Jandek (!) à Mica Levi, en passant par Thurston Moore, Upsammy, Olivier Mellano ou Fred Frith, ou encore sa prestation sur la batterie en porcelaine d’Yves Chaudouët et on en passe, tellement !). Les deux producteurs britanniques y reviennent à un format autour des guitares : « La batterie, la basse et la guitare sont le point de départ. Cette limitation est libératrice pour nous. Je pense qu’au sein de la sphère électronique, les possibilités sont infinies… Nous avions besoin d’un exutoire plus spontané, s’inscrivant dans un format déjà établi. » expliquaient-ils à Truant. Les trois évoluent donc dans la contrainte d’un format qu’ils éclatent constamment.

En mélangeant les percussions denses et sensibles de Valentina Magaletti, à la guitare et aux textures électroniques, en leur y adjoignant des samples vocaux, puis progressivement au fil des enregistrements en invitant différentes « chanteurs.euses » (sur leur troisième long format, on entend ainsi Olan Monk -Guess It’s Wrecked-, le flow de de Coby Sey –We Know What Gives-, le spoken word de Sophia Al-Maria -Family Way, Lift You- ou James K – What If You Didn’t Need a Reason -), Moin définit un son donnant à sa musique une forme en perpétuelle mutation. Après un premier album Moot! (2021) délicieusement déstructuré et heurté sur le label de Nic Tasker AD 93 suivi de Paste en 2022 et de You Never End en 2024, un dernier fascinant ep en 2025 (Belly up), le trio a signé chez 4AD cette année, on imagine pour un nouvel album à venir. On espère qu’on en découvrira les prémices à la Route du Rock. Un concert qu’on pressent d’ores et déjà aussi dense que captivant.

Moin sera en concert le vendredi 14 août au Fort St Père

DARKSIDE, sorciers sonores

Darkside – Crédit photo presse : © Lefteris Paraskevaidis

Le projet du producteur électronique américano-chilien Nicolas Jaar et du guitariste américain Dave Harrington, DARKSIDE a connu une genèse aussi particulière que l’est le son hybride du duo. Alors que Dave Harrington accompagnait Nicolas Jaar sur scène sur la tournée du séminal Space is only noise en 2011, les deux commencent à composer ensemble (la légende raconte qu’ils ont même fait cramer leurs enceintes -au sens littéral-) pour donner d’abord naissance à un premier ep, Darkside (Clown & Sunset) donc, trois premiers titres déclinés en 15 minutes qui posent les bases de ce qu’ils étireront à l’envie en live au plus vite : textures rêches, sonorités hyper travaillées, blues malade et narcotique qui lorgne du côté du dub. Du down tempo sous l’influence du Floyd !

Pour autant, leur collaboration suivante est des plus surprenantes. Sous le nom de Daftside, les deux sortent en effet Random Access Memories Memories via Soundcloud, autrement dit un remix détraqué et génial du Random Access Memories des Daft Punk sorti la même année (2013). En même temps indus, noise, iconoclaste et sincèrement respectueuse, leur relecture de l’album du côté sombre de la force en propose un funk exsangue mais des plus jouissifs et audacieux. Quelques mois plus tard, en octobre 2023, Darkside sort son premier véritable album sur le label de Nicolas Jaar (Other People via Matador), Psychic, porté par un premier titre de 11 minutes, Golden Arrow, au groove névrotique et aux sonorités hyper texturées, tout en entrelacs rythmiques. Une sorte d’ambient languide et hypnotique, véritable odyssée déglinguée, entre craquètements et souffles, textures élimées et basses hypnotiques au groove malsain qui ne laisse pas nos oreilles indifférentes.

Pourtant quelques mois plus tard à peine, en août 2014 quelques jours après leur live à la Route du Rock sous le déluge (!), le duo dévoile qu’il s’arrête, parce que -pour le moment- arrivé au bout d’un processus. Et chacun repart vers ses projets personnels. On est donc des plus étonné.es quand en juillet 2021, l’album Spiral voit le jour. Voix éthérées, voyage nébuleux entre progressif et mysticisme, guitares glitchées ou basse slapée, sonorités du monde entier (guitare touareg cotonneuse, gong ou bol tibétain..), psychédélisme électronique : Spiral ouvre la porte à une nouvelle tournée mondiale plutôt inespérée.

Le duo y devient trio en s’adjoignant au batteur Tlacael Esparza avant de sortir un troisième long format, Nothing en 2025, encore plus éclaté dans ses ingrédients (disco funk Daft punkien avec S.N.C., americana, avec Are You Tired ?, punk progressif sous acides seventies (!) avec Graucha Max, dub jazz et groovy avec Slau, percussions latines sur American References, deep house, electronica, ambient, et on en passe des kilos tant le trio suit de chemins différents dans un même morceau !), mais particulièrement percutant et efficace. Ajoutez à cela un travail sur le son bien souvent dantesque et vous comprendrez que le Fort st Père risque de se transformer en dancefloor géant à ciel ouvert. Les trois aimant expérimenter, improviser en concert, et ne jamais proposer tout à fait la même prestation, on a hâte de découvrir la face cachée du live qu’ils donneront à entendre pour ce retour à la Route du Rock. Forcément gagnant.

DARKSIDE sera en concert le jeudi 13 août au Fort st Père

Peaches, Rebel girrrl

Peaches – Crédit Photo presse : © DR

Autre retour à la Route du Rock (mais pour elle, c’est la troisième fois après 2004 et 2009, le même soir que St Vincent si on se souvient bien) celui de la Canadienne merveilleusement déjantée Peaches. Merrill Nisker (pour l’état civil) nous y avait offert deux prestations délicieusement kitsch avec une pincée de provoc’ et encore plus d’humour (dont ce rayon laser pointant sur son entrejambe !). Il faut dire que depuis The Teaches of Peaches, premier album electro-clash des plus efficaces sorti chez Kitty Yo au début du siècle (2000), la musicienne, productrice et performeuse ne s’est jamais montrée avare en prestations drôles et crues. Après avoir suivi Gonzalès à Berlin et avoir sorti ce premier album entre disco pop et électropunk donc, Peaches prend la barbe pour un Fatherfucker tout aussi transgressif et affirmé que queer et féministe (ce qui n’était pas des masses fréquent à l’époque), s’autorisant même un duo avec Iggy Pop (Kick it). Avec son positionnement sexuellement transgressif sur scène (poses provocantes, moumoutes pubiennes et tenues improbables) toujours porté par des morceaux malins, sexys et taillés pour la danse, Peaches parvient à imposer une voix aussi singulière que percutante.

Au delà de l’impeccable jeu de mot du titre, pour Impeach my Bush (2006), elle s’entoure de Mickey Petralia (aussi producteur de Ladytron) et Greg Kurstin (Gwen Stefani) pour sculpter un son encore plus varié et plus léché, à la mesure de la pop millésimée et infectieuse des stars de l’époque (oups, she did it again), qui porte son propos encore plus loin, peut-être même jusque dans les chaumières puritaines américaines. Heavy glam avec Boys wanna be her, sans concession dans ses lyrics (« stop relying on your dick » ), aussi rock (on entend la guitare de Josh Homme des Queens of the Stone Age ou Beth Ditto en backing vocal) qu’electro-trash, avec en prime un duo avec Joan Jett (« You love it ») merveilleusement percutant.

Viendront ensuite  deux nouveaux longs formats tout aussi magnétiques I feel Cream (2009) et Rub (2015 avec Feist et Kim Gordon), un opéra électro-rock Peaches Does Herself, adapté en un film, un spectacle solo d’après le Jesus Christ Superstar seventies d’Andrew Lloyd Webber Peaches Christ Superstar, le rôle d’Orfeo dans l’Orfeo de Monteverdi en 2012 entre autres. Avant que Peaches ne revienne cette année, 10 ans après son dernier album, avec le bien nommé (rapport au climat ambiant) No Lube So Rude (sans lubrifiant, c’est brutal), enregistré  avec le coproducteur The Squirt Deluxe et paru chez Kill Rock Star. Peaches rappe, crie, condamne, réaffirme le droit de disposer de son corps, avec la même énergie que par le passé. D’autant que poser ça à 59 ans est loin d’être anodin. Beats qui claquent, frictions limite indus, avec un son résolument actuel (et même des cordes sur Be Love), Peaches rappelle l’urgence de la révolte dans nos contrées tentées par les virages extrêmes transphobes, xénophobes, homophobes (Not in your mouth none of your business !), masculinistes et on en passe. « When she talks, I hear the revolution (…) Rebel Girl, you are the queen of my world » chantait jadis Kathleen avec Bikini Kill en 1993. On ne dira pas mieux.

Peaches sera en concert le jeudi 13 août au Fort st Père

Cate Le Bon, délicieuse étrangeté

Cate Le Bon – Crédit photo presse : © H. Hawkline

La compositrice, musicienne et productrice Cate Le Bon est sans nul doute l’une des artistes de cette 34ème édition qu’on attend le plus. La Galloise nous a en effet enthousiasmé.es année après année, sortie après sortie et si elle revient plus de dix ans après son premier passage à la collection hiver, la musicienne a depuis épaissi son propos avec une indéniable classe et une inventivité sans limite (à l’image d’Aldous Harding, aussi programmée sur cette édition et dont on vous parle bientôt dans la face B). Si on a manqué ses toutes premières sorties dans le passé, un ep en gallois (Edrych yn Llygaid Ceffyl Benthyg en 2008), le liminal My oh my (Irony Bored, 2009) et son successeur Cyrk (The Control Group, 2012), déjà annonciateurs de cette folk étrange et diablement inspirée, on a vite été conquis.es par les déjà addictifs Mug Museum (Turnstile / Wichita, 2013) et Crab Day (Drag City, 2016), dont les morceaux truffaient toutes nos mixtapes pour les copain.ines.

En 2013, Cate Timothy (Le Bon est a priori un hommage à Simon Le Bon de Duran Duran et une mauvaise blague) a en effet déménagé à Los Angeles aux États Unis pour donner davantage d’amplitude à ses compositions psych-folk angulaires, austères et troublantes. Son indie pop un brin arty y trouve une expression toute aussi singulière que toujours fantasque, qu’il s’agisse de ce chant totalement à part au phrasé indéfinissable (à noter le très beau duo avec Perfume Genius I think i knew) ou des instrumentations toujours en décalage et imprévisibles (cuivres, instruments à vent, marimba).

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En 2019, Cate Le Bon revient avec Reward (Mexican Summer), premier album où elle s’approprie enfin l’espace du studio (juste avant, elle a enfilé le costume de productrice pour Deerhunter), et ose aller au bout de ses idées, qu’elle a baroques vous l’aurez compris. Elle y troque les guitares d’antan contre un canevas de synthétiseurs et de pédales d’effets, de saxophones et de filtres en tous genres, pour un disque à la fois excentrique et mystérieux, époustouflant de bout en bout. Le plus introspectif Pompeii (Mexican Summer, 2022), composé en pleine pandémie a été « écrit et enregistré dans le malaise » mais se révèle tout aussi aventureux avec les saxophones d’Euan Hinshelwood et Stephen Black en contrepoint des synthés. En parallèle de ses albums solo, l’artiste galloise s’est progressivement fait reconnaître pour ses travaux de productrice (Wilco, Jeff Tweddy, Deerhunter, Dry Cleaning, St Vincent, Kurt Vile, John Grant, Horsegirl…), la musicienne apposant sa marque singulière sur bon nombre de disques et une influence grandissante dans les explorations sonores indie d’aujourd’hui.

Avec Michelangelo dying paru à l’automne dernier (toujours chez Mexican Summer) à la suite d’une douloureuse et épouvante rupture amoureuse, Cate Le Bon livre à nouveau un disque particulièrement personnel et singulier. Avec ces dix morceaux qu’elle a passé son temps à ré-écrire, la musicienne galloise ajoute une nouvelle pierre de haute stature à son inestimable édifice d’art pop. Guitares et saxophones transformées par les pédales d’effets, percussions et voix modifiées par des filtres (et comme tout dépend de tout, c’est Valentina Magaletti – de Moin, dont on vous parlait plus haut- qu’on retrouve aux percussions), le son de ce nouvel album enregistré par l’indéfectible Samur Khouja fait autant écho à Bowie qu’à Laurie Anderson, aux Cocteau Twins qu’à John Cale -qui vient en personne poser sa voix grave sur le morceau Ride. On s’en doute, vous avez désormais compris pourquoi l’on attend la venue de Cate Le Bon au Fort st Père avec une respectueuse et frémissante impatience. Tellement hâte.

Cate Le Bon sera en concert le jeudi 13 août au Fort st Père

Dry Cleaning

Dry Cleaning – Crédit Photo presse © DR

Déjà venus au Fort St Père en 2023, les Britanniques de Dry Cleaning sont de retour à la Route du Rock pour présenter leur troisième et dernier album en date sorti en janvier, Secret Love et on se réjouit de leur retour, tant on aime cette alliance de guitares anguleuses et de spoken word sec et incisif. Formé en 2018, le quatuor rassemble la chanteuse/parleuse Florence Shaw, le guitariste Tom Dowse, le bassiste Lewis Maynard et le batteur Nick Buxton. Si on était honteusement passé à côté des deux premiers eps des Londonien.nes (Sweet Princess Boundary en 2018 et Road Snacks and Drinks en 2019), on avait immédiatement adhéré à l’écoute de leur premier album, New Long Leg sorti en avril 2021 sur 4AD (ils racontaient avoir imprimé une pochette pour un de leurs morceaux à leurs débuts en y incluant le logo du label indé pour la blague, sans se douter de pouvoir y signer un jour). La faute donc à ce spoken word désincarné totalement inattendu dans ses paroles étranges (au hasard « I just need to be weird and hide for a bit/ And eat an old sandwich from my bag » ) qui se greffe sur des morceaux qui citent avec le même bonheur Pylon, Television, la jeunesse sonique ou les Feelies, des développements de 3 à 4 minutes à géométrie instable et un paquet de bonnes idées mises en boîte par John Parish dans un studio du Pays de Galles. Un disque qui ne s’use pas à force d’écoutes : de l’hyper addictif Scratchcard Lanyard inaugural au long final Every Day Carry strié d’expérimentations soniques.

Parce qu’on ne change pas une équipe qui gagne, la bande retrouve John Parish pour Stumpwork (2022, 4AD), à la pochette dont l’humour ne laisse personne indifférent.e (un savon et des poils pubiens, on vous laisse juge). Malgré un Gary Ashby accrocheur qui parle d’une tortue aux sons de riffs Marr-iens et Don’t Press me à la flûte blagueuse et au format pop, le disque demande plusieurs écoutes pour se laisser apprivoiser complètement. Un second album moins évident et immédiat, certes, mais truffé de détails passionnants et dont certaines sonorités (sur Anna calls from the artic et Icebergs) nous rappellent avec bonheur les derniers disques de Cate Le Bon. On n’était pas loin puisque pour son troisième album, Secret Love (janvier 2026) le quatuor du South London décide de travailler dans des studios différents avec divers producteurs.trices. Dont Cate Le Bon.

L’album (à la pochette toute aussi marquante) sera donc écrit entre Chicago dans le studio The Loft de Wilco avec Jeff Tweedy qui passe la tête par la porte pour faire quelques commentaires et les laisse travailler seul.es, Dublin avec Daniel Fox et Alan Duggan de Gilla Band aux Sonic Studios qui ont poussé le groupe déjà amateur de changement vers des extrêmes plus poussés (le morceau Sliced by a Fingernail pas sur l’album mais sorti en single en mars) et l’Anjou (!) au Black Box de Peter Diemel avec Cate le Bon, donc. En émergent 11 titres et un peu plus de 41 minutes qui continuent d’explorer avec un insolent talent l’univers de Dry Cleaning, sans jamais s’imposer de frontières. Pour preuve le funk bowie-esque (dynamité par Robert Fripp !) du morceau d’ouverture Hit my head all the day ou plus loin les guitares acoustiques qui se mêlent au saxophone de Bruce Lamont (Yakuza) sur Let me grow and you’ll see the fruit sans oublier les guitares distordues sur la rythmique martiale et indus de Rocks ou les nappes synthétiques caverneuses d’I Need you pour n’en donner que quelques exemples. Le spoken word de Florence Shaw s’y fait moins atone et la Londonienne chante même sur quelques titres (Secret love -concealed in a drowing of a boy-, The Cute thing, le très indie pop Joy). On y salue aussi particulièrement l’inventivité de Tom Drowse à la guitare qui parvient à nous faire constamment dresser l’oreille sur cet album encore. Avec ce troisième essai largement transformé, Dry Cleaning confirme qu’il est un groupe passionnant qui, en gardant le même cadre, continue toujours d’explorer. On a donc bien hâte de les entendre à nouveau sur la scène de la Route du Rock.

Dry Cleaning sera en concert le vendredi 14 août au Fort st Père

Just Mustard, shoegaze et électro

Just Mustard – Crédit Photo presse : © Greg Purcell

Venu de Dundalk -et non pas de Dijon (arf)-, Just Mustard est de ces groupes qui aiment immerger totalement l’auditeur.trice dans l’atmosphère musicale qu’il tisse avec autant de patience sûre que d’implacable efficacité. Imaginez des textures shoegaze qui doivent autant à My Bloody Valentine qu’aux Cocteau Twins (on parle même de coldgaze), des ambiances oniriques à l’inquiétante étrangeté lynchienne, des tentations trip hop et une voix aérienne (celle de Katie Ball) qui pourrait quasi aller jusqu’à la clarté de celle des Sundays (ou de Cranes), sans oublier parfois des accents électroniques entre indus et techno et vous aurez une petite idée du son à la fois massif et aérien du quintet irlandais.

Rassemblant Katie Ball donc (chant), David Noonan (guitare, chant), Mete Kalyoncuoğlu (guitare), Robert Hodgers-Clarke (basse) puis Shane Maguire (à la batterie depuis 2017), Just Mustard a commencé par explorer l’obscurité avec un son  shoegaze dense et saturé avec Wednesday, premier album sorti chez le label indé Pizza Pizza records, puis avec Heart Under (Partisan Records, 2022) sur lesquels les cinq essayaient d’abord de créer d’amples paysages sonores, denses mais mélodiques, sur dans lesquels venait se greffer la voix éthérée de Katie Ball.

Pour leur troisième album, We were just here (Partisan Records, octobre 2025), les Irlandais ont décidé de procéder différemment : ce sont cette fois-ci les voix qui ont dicté la direction instrumentale. Et non plus la mélancolie crasse mais un sentiment plus positif qui a présidé à l’écriture. Alors ne pensez quand même pas que Just Mustard s’est mis à la bamboche et au rock festif, mais force est de reconnaître que cette mélancolie se fait désormais plus euphorique que plombante et que l’énergie pop de ce troisième long format se fait plus vive. Une chose est certaine cependant : c’est sûrement en live qu’on appréhendera au mieux la musique des Irlandais, tant elle est faite pour l’immersion et l’ample développement dans l’espace que saura lui offrir la Nouvelle Vague.

Just Mustard sera en concert le mercredi 12 août à la Nouvelle Vague à St Malo

Smerz, hors-piste scandinave

Smerz – Crédit photo presse : © DR

Direction la Norvège désormais avec l’épatant duo électro Smerz. Enfin pas qu’Oslo, parce qu’on a cru comprendre que les deux se partageaient entre la Norvège et Copenhague. Composé d’Henriette Motzfeldt (chant, violon, clavier) et de Catharina Stoltenberg (chant, sampler), le duo existe depuis 2015 et s’est d’abord fait connaître avec une poignée de eps (Okey réédité en 2016 par les Anglais d’XL Recordings, Have Fun, en 2017) suivis par un premier album Believer (XL recordings, 2021), moins orienté vers le tout-clubbing, avec ses violons, violoncelle, flûte et ses voix éthérées qui vont d’accents r’nb en interludes rap sans oublier des chants en norvégien (ou danois, on n’en sait trop rien !) ou une voix lyrique, une électro qui peut aussi bien sonner expérimentale et abstraite que lorgner vers l’énergie rave, voire gabber ! Bref, un album sacrément détonnant et curieux, entre musique baroque, R’nb, électro, expérimentale et pop. Forcément adoubées par Björk (qui insère l’un de leurs morceaux dans l’un de ses mixes), les deux musiciennes n’en restent pas là et continuent de déployer leurs talents sur des projets aussi divers que singuliers !

On les retrouve notamment derrière deux aventures hors-normes en 2024. L’ep Allina, d’abord, où pour la marque de vêtements All-In, Smerz invente le personnage d’une pop star et compose ses chansons pailletées, morceaux de r’n’b’ vrillé d’electroclash. Ou dans un style radicalement différent, ensuite, lorsqu’elles écrivent une pièce chorale pour les 8 voix de l’ensemble GAEA, Tidligere den dagen ! (sorti sur Shopping Records leur propre label) ensuite. L’année suivante, les deux poursuivent leurs expérimentations avec leur véritable second long format, Big City Life, sorti chez les Danois d’Escho. Treize morceaux qui continuent de mêler « les techniques de composition de la musique classique, l’expérimentation de la musique électronique et l’immédiateté de la [dream] pop » avec le même talent éclectique, mais qui nous aura, pour notre part, moins convaincu.es. Sans oublier leur dernier ep en date, Easy paru à nouveau chez Escho en mai 2026, sur lequel les deux se frottent à l’autotune le temps d’un morceau. Dernièrement, les deux Norvégiennes se sont produites avec deux autres musiciens sur scène (Rune Nielsen à la batterie et Villads Oester à la basse et à la guitare). On ne sait avec quelle configuration le duo se présentera sur la scène de la Route du Rock, mais autant dire qu’on s’attend (on espère) à ce qu’elles y sortent des sentiers battus. 

Smerz sera en concert le jeudi 13 août au Fort St Père

Ulrika Spacek, indie pop ourlée

Ulrika Spacek – Crédit photo presse : © Anya Broido

On se souvient d’avoir beaucoup écouté le premier album des Britanniques d’Ulrika Spacek, The Album Paranoïa (sorti chez Though Love en février 2016). Guitares, basse, batterie, avec trois six cordes qui tricotent ensemble, un sens de la mélodie qui accroche, un poil de fuzz et de dissonance, plein de reverb’ sur les voix (on pense souvent à Deerhunter) et des couches de guitares en veux-tu en voilà, avaient durablement marqué nos oreilles. Leur concert plein de promesses à la Route du Rock la même année en ouverture sur la scène des Remparts le samedi, avait confirmé un savoureux potentiel pour à la fois digérer ses influences et exceller lorsqu’il sortait des chemins balisés, malgré un peu de timidité juvénile bien compréhensible. La bande menée par les deux Rhys (Rhys Edwards et Rhys Williams) y était certes encore jeune, mais déjà pleine de sage application.

Depuis, les cinq (Rhys Edwards au chant et à la guitare, Rhys Jenkins à la guitare, Joseph Stone à la guitare et aux claviers, Syd Kemp à la basse et Callum Brown derrière la batterie) ont sorti trois autres albums. Modern English Decoration enregistré à la « maison » (Ken) sorti en 2017 (Tough Love), qui a vu les trois autres musiciens davantage participer à la composition, d’abord, puis Compact Trauma (Full time hobby, 2023), qui comme son nom l’indique, n’a pas été enregistré tranquillement au fil de l’eau (entre le sentiment d’être dans l’impasse pendant la composition et le coup de frein dévastateur de la pandémie). Expo, enfin, (Full time hobby, février 2026). Sans compter d’autres projets, tel Astrel K (aka Rhys Edwards) qu’on a pu voir au Pies Pala Pop en 2024 notamment ou un enregistrement live (Live to 388, 2024).

Avec leur dernier album studio en date, Expo, donc, les Britanniques ont décidé d’allier organique et électronique dans un même mouvement : « Notre musique a toujours fonctionné comme un collage, une sorte de patchwork sonore ; mais ce qui fait de cet album une étape marquante pour nous, c’est que nous sommes allés plus loin en créant notre propre banque de samples. » De fait, ces nouvelles compos, qui réaffirment le pouvoir du collectif sur la fragmentation et l’aliénation de l’individu dans notre monde numérique, en intégrant ces samples, détournés, pitchés ou noyés par les guitares à leur palette sonore kaléidoscopique y gagnent encore plus d’impact. On a donc bien hâte de retrouver le quintet et ses morceaux addictifs en live, d’autant qu’on est certain.es que les cinq auront encore gagné en épaisseur et en présence scénique depuis dix ans ! Vivement.

Ulrika Spacek sera en concert le samedi 15 août au Fort St Père.

Friko, sincérité à vif

Friko – Crédit photo presse : © Adam Powell

Quand on pense à la scène de Chicago, on entend ici directement Shellac, Joan of Arc, Tortoise, le son d’Electrical Audio, Gastr del Sol, Tar, Wilco, The Jesus Lizard, Facs ou même les minots de Sharp Pins, Lifeguard, Horsegirl dans les oreilles (pour n’en citer que quelques un.es). Aussi ne s’attendait on pas à ça en découvrant Friko, quatuor mené par Niko Kapetan (compos, chant, guitare) et Bailey Minzenberger (batterie, chant), rassemblant avec eux David Fuller (basse) et Korgan Robb (guitare). Oubliées bien vite, toutes ces références. A la première écoute, on vous l’avoue, on a même eu quelques craintes : les Chicagoans nous rappelaient plutôt un tas de groupes qu’on n’apprécie pas particulièrement. La faute à une voix, celle de Niko Kapetan, donc, qui doit inévitablement convoquer autant de détracteurs.trices que d’admirateurs.trices fervent.es. Car le compositeur chante ses élans juvéniles d’une voix tremblante et sans filtre, se voulant plus écorchée que mélodramatique. On a donc eu quelques réticences à la première écoute de leur second album, Something worth waiting for sorti chez Ato Records en avril dernier. Et puis on leur a laissé leur chance et on a été surpris.e par une variété de composition plus marquée qu’on ne l’avait d’abord craint.

Alors certes, tout ça fleure bon le refrain héroïque qui émerge d’un magma de guitares qui s’énervent progressivement, mais certains morceaux font montre de qualités mélodiques pop plus fouillées (Still Around, Choo Choo) allant même jusqu’à sonner glam versant Mott the Hoople (Seven Degrees) sans s’interdire des intros de ballades au piano (Alice, Certainly, Dear Bicycle), une guitare acoustique (Something worth waiting for), des contrepoints féminins à deux voix (Certainly, Dear Bicycle) ou des orchestrations toutes cordes en avant (Certainly, Hot Air Balloon). Néanmoins, en resserrant leur propos par rapport à leur premier album porté par le single Crimson to chrome (Where we’ve been, Where we go from here, Ato Records, 2024), Friko gagne en concision (même si ce n’est certainement pas le bon terme !) et en efficacité. On se dit même que si on avait 20 ans, on ne jurerait que par ces Chicagoans. Làs, on est un poil plus vieux désormais et bien moins perméable aux tripes à l’air. On attend donc de voir les quatre en live pour voir si la sincérité affichée par le groupe le fait pencher plutôt du côté de Dana Margolin (Porridge Radio) ou (des infâmes) Wu Lyf.

Friko sera en concert samedi 15 août au Fort St Père

Ciel ou pas Ciel ?

Ciel – Crédit photo Presse : © DR

On poursuit avec un groupe au nom frenchy mais venu de la scène de Brighton, Ciel qui associe le Britannique Tim Spencer (batterie) et la Néerlandaise Michelle Hindriks (basse/chant) depuis que le guitariste Jorge Jimenez a quitté l’avion. Déjà pourvoyeur de plusieurs eps depuis 2020 (avant les morceaux émanaient seulement de Michelle Hindriks), le duo est désormais responsable d’un premier long format Call me silent paru à l’automne dernier sur V2, mélangeant pop rock, shoegaze à la slowdive (ou Just Mustard dont on parlait plus haut que Michelle Hindricks cite comme influence), avec des guitares brumeuses à la Cure même parfois.

Mais on ne sait trop si leur concert à la Route du Rock sera maintenu ou pas, car si l’on en croit leur page instagram, le duo se voit contraint d’annuler toutes ces dates de l’été du fait de raison de santé ainsi qu’ils l’ont annoncé le 3 juillet dernier. On leur souhaite un bon rétablissement en attendant de savoir si on pourra ou non les entendre pendant le festival.

Ciel sera (peut-être) en concert samedi 15 août au Fort St Père

The Femcels, impertinente adolescence

The Femcels – Crédit photo presse : © DR

Autre duo venu des contrées anglaises, The Femcels devrait facilement faire dresser l’oreille des amateurs et amatrices d’une electro pop DIY sautillante et punk lo-fi qui ne se prend pas au sérieux (à la manière de The Go ! team). Un brin décalée, souvent du versant chiptune de la force, la musique des Londoniennes se décline en morceaux courts (punk quand tu nous tiens) aux titres souvent à rallonge, pot pour rire fourmillant d’idées crasses. Toutes jeunes, Rowan Miles et Gabriella Turton n’ont concrétisé leur projet qu’il y a deux ans à peine, en buvant suffisamment, dit la légende, pour aller enregistrer en une nuit quatre morceaux en studio… qu’elles n’avaient même pas encore composés ! Gentiment impertinentes, avec leurs tenues bigarrées mélangeant les genres, les deux se sont trouvées invitées sur scène par Charli XCX pour l’un de ses concerts Londoniens en juillet, bondissant sans prise de tête à qui mieux mieux devant un public les bras en l’air.

Précédé de deux singles He Needs me et Ur not my friend sortis en 2025, leur premier album I have to get hotter (2026), produit par Ike Clateman (du duo Bassvictim) mélange avec la même énergie survitaminée beats déstructurés, bleeps électroniques, hymnes braillés, gros fuck hurlé qui fait rire les copines, discussions sans queue ni tête à bâtons rompus et mélodies acidulées chantées d’une voix claire finies dans un rugissement éraillé. Des sons de téléphones en arrière-fond, une attitude de slacker nonchalantes, à la recherche du cool sans pour autant en être dupes, les deux croquent les attermoiements adolescents, avec une expressivité aussi loufoque que fondamentalement mélancolique (« i kiss my mirror to overcome my fear » répètent-elles en boucle dans I’m so fat), planquée bien sûr à grands renforts de rires trop forts et d’électro qui bave sur le trait. Is loser an emotion you feel too ? demandent ainsi les deux enfants terribles, avant de doubler leur chant chuchoté à l’unisson d’une seconde voix braillée. Insouciance my ass, oui !

 The Femcels seront en concert vendredi 14 août au Fort St Père

Gurriers, rage irlandaise

Gurriers – Crédit Photo presse : Gullick

On finit cette première face de la programmation avec le quintet Irlandais Gurriers qui jouera à la Nouvelle Vague le mercredi 12 août. Chez nous, on les aurait appelés des garagnas, mais les Irlandais dénomment a priori les voyous des rues gurriers, d’où le patronyme des cinq garnements qui s’affichent volontairement en mauvais garçons. Avec leur post-punk mal élevé, Ben O’Neill (guitare), Dan Hoff (chant), Mark MacCormack (guitare), Pierce Callaghan (batterie) et désormais Charlie McCarty à la basse (depuis 2024) mettent en effet les pendules à l’heure post Brexit (« More bodies on the ocean« ). En révolte contre les injustices sociales, porté par la voix puissante et revendicatrice de Dan Hoff qui vilipende les maux de nos sociétés telle la corruption politique ou les inégalités sociales à pleins poumons, les cinq sont là pour en découdre.

Formé pendant la pandémie, après s’être fait la main sur quelques singles de Top of the bill (2021) à Des Goblin (février 2024), le groupe donne le jour à un premier album à l’énergie brute, aux rythmiques martelées et aux lyrics incendiaires scandés la rage aux dents, Come and see paru en septembre 2024 chez No Filter. Hormis quelques brèves accalmies (Interlude, l’intro du morceau titre), la critique mordante de la société s’y accompagne d’un post-punk bien vénère, court, intense, rugueux à souhait, noisy même s’il faut, parfait pour les amateurs de mosh pits et de pogos devant la scène. On gage que la Nouvelle Vague devrait prendre une déferlante (!) de gros son en pleine face. D’autant que les Dublinois promettent un nouvel album pour septembre, Nobody’s Coming To Save You (chez PIAS cette fois-ci), co-produit par Mark Bowen (Idles) et Loren Humphrey (Geese) et mixé par John Congleton. Les premiers titres dévoilés (Nobody’s Coming to save you, Party Lines) nous y semblent davantage dirigés vers les stades (c’est l’ambition affichée -et ce n’est pas notre came, on l’avoue) mais font preuve d’une variété plus marquée dans leur dynamique (bien que ne soit pas Liars qui veut). On attend donc de juger sur pièce, mais on est d’ores et déjà certain.es que les Irlandais vont raviner les oreilles de tout un public en sueur.

Gurriers seront en concert le mercredi 12 août à la Nouvelle Vague à st Malo

On vous laisse tranquillement digérer cette première (longue) salve consacrée à la programmation du festival malouin, avant d’enchaîner dans quelques jours avec la suite du décryptage de l’affiche de cette nouvelle édition.

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La Route du Rock aura lieu du 12 au 15 août 2026.

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