À la Prévalaye, certains tipis tirent leur révérence

C’est la fin d’une époque, ou plutôt le début de la fin. Plantés au cœur de la Prévalaye depuis le milieu des années 80, des tipis, une trentaine au total, forment encore plusieurs petits villages disséminés sur le site du centre de loisirs. Six d’entre eux seront pourtant détruits prochainement et remplacés par trois yourtes.


Ces constructions en forme pyramidale, avec leurs façades grisées par quatre décennies d’intempéries, sont de vrais p’tits bâtiments, et non de simples abris. Leur démontage n’a donc rien d’anecdotique : il faudra les déconstruire du haut vers le bas, de façon séquencée, puis démolir leurs dallages, leurs longrines et leurs fondations, jusqu’au niveau du terrain naturel.

La presse locale s’était déjà penchée sur leur sort. En 2019, Le Moniteur rendait compte d’un vaste programme de réfection engagé par la Ville : isolation, nouvelles portes, reprise de la couverture, peinture, revêtements de sol, pour un total de 710 000 euros. Mais cette remise à neuf n’a pas suffi à éloigner un problème plus sournois, invisible à l’œil nu. Des analyses de qualité de l’air avaient détecté, dans plusieurs d’entre eux, des concentrations préoccupantes de formaldéhyde, un gaz incolore couramment dégagé par les colles des panneaux de bois. Selon l’adjointe à l’éducation Gaëlle Rougier, interrogée à l’époque par 20 Minutes, cette pollution était trop profondément ancrée dans la structure pour être traitée par de simples travaux : il fallait démolir.

Ouest-France (22/08/1985)
Ouest-France (22/08/1985)
Déconstruction de 6 tipis
Déconstruction de 6 tipis

Le projet a d’ailleurs évolué depuis 2023, où il n’était question que de deux yourtes à rebâtir. Le dossier de consultation de 2026 en prévoit finalement trois, avec des fonctions précises, une grande salle d’activité de 70 m², une cuisinette de 40 m² et un sanitaire accessible PMR de 30 m², organisées autour d’une terrasse commune. Leur cahier des charges est aussi strict que pour un bâtiment en dur :

  • L’ensemble des éléments bois constituant les structures (ossature, planchers, éléments porteurs, menuiseries intégrées le cas échéant) devra provenir de forêts gérées durablement, certifiées PEFC ou certification équivalente reconnue ;
  • Ancrage des structures par pieux et platines réglables posées sur plateformes gravillonnées ; 
  • Isolation visant un niveau équivalent à la RE2020 (sobriété énergétique, décarbonation, confort d’été).

Bref, à la rigidité du bois et de ses colles industrielles des années 1980 répond, quarante ans plus tard, une vraie conscience écologique des matériaux.

Plan
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