Bibliothécaires en grève à Rennes : « le mépris, ça suffit ! »

Samedi dernier, c’est avec entrain et à vélo que nous nous sommes rendus à la bibliothèque des Champs Libres afin de renouveler notre stock de littérature. Mais arrivé cours des Alliés, on remarque bien vite un attroupement près de l’entrée. Il y a là une table, des gens autour qui discutent par petits groupes et, au loin, une immense affiche sur laquelle on peut lire « Bibliothécaires en grève, Bienvenue à Rennes Nécropole », scotchée sur une des façades du bâtiment.

17/07/2021 – entrée des Champs-Libres

Rapidement, on nous fait comprendre qu’il nous sera impossible d’emprunter des livres. La personne qui nous l’explique semble bien plus navrée et désolée que nous. « Moi j’aime mon métier… Ça ne me réjouit pas d’être là et de faire grève… », nous dit-elle. On la rassure bien vite. On comprend la situation ; situation que nous avions déjà évoquée ici.

Rennes profite de la mise en place de la loi de transformation de la fonction publique imposée par le gouvernement macroniste d’Édouard Philippe (connue aussi comme la loi au retour des 1607 heures, NDLR) pour faire son grand ménage de prin-temps-de-travail et revoir – entre autres – l’organisation concernant les repos compensateurs de celles et ceux qui travaillent le samedi et le dimanche. Concrètement, pour les agent·e·s des Champs Libres, les conséquences sont dures à avaler. « On va perdre 10 jours de congé par an », témoigne notre interlocutrice.

Tract n°1 récupéré le 17/07/2021

Encore aujourd’hui, les agents territoriaux peuvent choisir entre une rémunération ou la prise de repos en cas de travail le week-end. Après le 1er janvier 2022note_1, ce ne sera plus possible puisque, seule, la compensation financière sera effective (15 € bruts les samedis, 100 € bruts les dimanches/jours fériés, NDLR). Or, comme le rappelle Jérôme Jourdan, le secrétaire syndical Force Ouvrière, « 86 % des agent·e·s choisissent le repos compensateur, même les agents à très bas salaire. Ils ont besoin d’argent, mais ils ont aussi besoin de repos, de temps pour eux. Ce projet va générer énormément d’usure au travail. »

De son côté, la ville à travers son directeur des ressources humaines tente de se justifier en invoquant l’équité de traitement entre les agent·e·s concerné·e·s par des contraintes similaires source. Mais cela ne prend pas. « Harmoniser, nous ne sommes pas contre », rétorque un délégué syndical CGT qui regrette surtout que les collectivités fassent « le choix d’un nivellement par le bas. » (à lire dans le Télégramme, NDLR). 

Tract n°2 récupéré le 17/07/2021

Débuté mi-mai, après déjà 9 week-ends de grève, le mouvement est largement suivi ! Mais la collectivité se défausse une nouvelle fois. Elle parie sans doute sur l’enlisement du conflit et sur le fait, qu’avec les vacances estivales, la mobilisation décline au fil des semaines. Cela doit être cela, le « Vivre en intelligence ».

Lors du dernier conseil municipal et au moment du vote sur la délibération de la mise en œuvre de la Loi de transformation de la fonction publique et des nouvelles modalités d’organisations du temps de travail, les groupes ‘Écologiste’, ‘Génération.s’, ‘Révéler Rennes’, ‘Libre d’Agir pour Rennes’ se sont abstenus. Bref, tout le monde sauf le PS, PCF et Mvt Radical. Malgré tout, le rapport a été adopté avec 26 voix pour, contre 35 abstentions. 

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Ci-dessous : Tristan Lahaie du groupe Generation.s, pour une explication de vote.


note_1 : Néanmoins, pour certaines directions, cette mise en œuvre sera effective en même temps que la mise en place de la nouvelle organisation du temps de travail, à savoir au 1er septembre 2022. (cf. délibération Séance du 28 juin 2021 – DCM 2021-0228 Mise en œuvre de la Loi n°2019-828 du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique – 1607h – Nouvelles modalités d’organisations du temps de travail)

 

Des jours de repos compensateur qu’on pense à supprimer

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