Les 20 et 21 mai 2026, l’Antipode bouclait en beauté sa saison de concert avec deux soirées vivifiantes d’indie rock dans tous ses états. Pour le second round du jeudi 21, la programmation se concentrait sur le foisonnement des scènes britanniques avec l’art-punk tendu des Martial Arts, l’indie-pop acidulée de Lime Garden et l’electro–post-punk débridé des Body Horror. On revient en mots et surtout en images sur une seconde soirée qui nous aura plus laissé sur notre faim que la précédente.

Pour conclure en beauté sa saison de concert 2025-2026, l’Antipode nous proposaient deux soirées nous évoquant fort une Face B à l’immanquable festival Kool Thing de l’automne. En grands fans de l' »événement explorant les mille facettes de la musique indépendante actuelle, nous étions absolument ravi.e.s de ce rab inattendu. Le second round du jeudi 21 mai se concentrait sur le foisonnement des scènes britanniques. Comme la veille, le public a répondu présent et pas mal de gens se sont cassés le nez sur l’affiche COMPLET qui ornait l’entrée de la salle.

La soirée démarrait par une escale à Manchester avec le quintet Martial Arts. Trois guitares, une basse, une batterie et des voix qui s’entrecroisent sur des compositions art-punk bien tendues et osant les contrastes, la formule du groupe est d’une redoutable efficacité. La formation enchaine les tubes issus de leur premier EP From The Burnoff à sortir en juin 2026 avec un talent certain et une belle énergie. Hélas, tout ça est si efficace que ça finit par nous sembler un peu mécanique au fil du set. Charmant et charmeur certes, mais il nous manque une petite dose d’urgence, de fragilité ou d’abrasivité pour nous départir d’un sentiment de trop lisse. On comprend bien sûr l’emballement de la presse anglais et on ne doute pas que le groupe a tous les atouts pour devenir The Next Big Thing, mais nous n’avons pas réussi à être vraiment touché par leur musique.

La soirée enchainait avec une autre nouvelle sensation qui affole les revues musicales anglaises : Lime Garden. Comme The New Eves, Porridge Radio ou Holliday Ghosts… ce quatuor entièrement féminin nous vient de la féconde scène de Brighton.
Chloe Howard (voix, chant, clavier), Tippi Morgan (basse), Annabel Whittle (batterie) et Leila Deeley (guitare) ont déjà sorti deux albums chez So Young Records : One More Thing en 2024 et tout récemment Maybe Not Tonight en avril 2026. Le public rennais partage visiblement l’enthousiasme britannique, car le quatuor démarre son set devant un public nombreux, très féminins et particulièrement chaleureux. Pour notre part, on trouvait, à l’écoute des disques, que leur musique manquait aussi d’originalité et de mordant pour vraiment nous convaincre, mais, cette fois, le set va nous faire changer d’avis. Les quatre jeunes femmes y déploient leur pop aux ambiances nocturnes et à l’humour cinglant avec un flegme malicieux et une douce assurance. Voix au cordeau, arrangements pétillants joués avec une irrésistible et fausse nonchalance, c’est bien difficile de ne pas succomber devant autant de charme musical, surtout quand c’est aussi remarquablement bien joué et interprété. Nous avons lu beaucoup de bien de leurs prestations scéniques et, pour une fois, les rumeurs étaient tout à fait fondées. Le set passe comme un rêve acidulé et on en sort avec des paillettes dans les yeux et les oreilles. 
Pour conclure la soirée, on se tournait du côté de Londres et plus précisément de Tottenham avec Body Horror. Le groupe mené par la voix percutante du Gallois Thomas Gethyn tente la fusion d’un post-punk sombre à souhait et de beats electro. L’alliance périlleuse de la noirceur et de l’esprit rave s’avère souvent assez casse-gueule, et nous allons de nouveau le constater. Malgré une implication totale de Gethyn et quelques montées en tension plutôt vivifiantes, nous allons petit à petit décrocher du set. Il y a surement un peu de fatigue due à la superbe soirée de la veille, mais on trouve tout de même que la troupe peine à maintenir le rythme et à faire monter en puissance un set qui ne décollera jamais vraiment pour nous.
Malgré ces quelques bémols, nous sortons ravis de ce chouette duo de soirée avec en ligne de mire la troisième édition de Kool Thing qui se prépare déjà pour l’automne 2026. On vous en parlera bien sûr en détails et vivement la rentrée !
