Quand s’endetter pour un achat immobilier est devenu un luxe.

https://www.insee.fr/fr/statistiques/3676698?sommaire=3696937
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En France, le rêve de devenir propriétaire demeure un objectif majeur pour la majorité de la population, comme le soulignait récemment le sociologue et directeur de recherches au CNRS, Jean Viard. Cependant, cette aspiration se heurte à une réalité préoccupante : la flambée démesurée des prix de l’immobilier, la hausse vertigineuse des coûts des matériaux et de l’énergie, ainsi que la montée des taux d’intérêt continuent de restreindre la marge financière des ménages français.

Le rêve vire même au cauchemar. Pour certain·es, l’endettement s’accroît de façon persistante et sur des périodes de plus en plus longues (notons que 67% des prêts sont désormais accordés sur une durée de 20 à 25 ans, contre seulement 19,5% pour des prêts de 15 à 20 ans). En revanche, d’autres ne parviennent tout simplement pas à franchir le pas (de porte) de l’accession à la propriété.

Récemment, l’agence d’urbanisme de la métropole, l’AUDIAR, a mis en lumière des chiffres alarmants : environ la moitié des ménages locataires de l’aire d’attraction rennaise ne disposent pas des ressources financières nécessaires pour prétendre à au moins 50 % des appartements d’occasions de la taille minimale en adéquation avec leur composition.

LE POUVOIR D’ACHAT IMMOBILIER DES MÉNAGES LOCATAIRES DE L'AIRE D'ATTRACTION RENNAISE EST FAIBLE ET SE DÉGRADE
LE POUVOIR D’ACHAT IMMOBILIER DES MÉNAGES LOCATAIRES DE L’AIRE D’ATTRACTION RENNAISE EST FAIBLE ET SE DÉGRADE

Précisément, ce sont les personnes seules et les familles monoparentales qui se trouvent dans la position la plus éloignée du marché immobilier. Et pour cause. La quasi-totalité des transactions immobilières dans le secteur neuf affichait déjà en 2020 un tarif supérieur à la médiane de leur pouvoir d’achat. C’est pas tellement mieux dans le secteur de l’occasion : seules 15% des transactions étaient abordables pour la moitié des locataires privés vivant seul·es, à peine 12% pour la moitié des familles monoparentales. Les couples avec enfants rencontrent moins de difficultés pour accéder à la propriété, mais la majorité des biens qui leur sont accessibles se situent en dehors de la métropole rennaise. Un choix parfois dur à assumer ou difficilement conciliable.

audiar
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En prenant en considération l’ensemble de ces éléments, l’analyse de l’AUDIAR confirme une tendance qui s’inscrit dans la durée. En prenant l’exemple d’un ménage disposant d’un revenu équivalent à deux smics, la proportion de logements accessibles sur le marché de l’occasion dans l’aire d’attraction rennaise a connu une diminution significative, particulièrement à Rennes. Alors qu’en 2017 ces ménages pouvaient prétendre à 60% des ventes de logements anciens, cette proportion a chuté à 46% en 2020.

 

https://www.audiar.org/
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