Qu’ont en commun les impériaux papillons appelés « monarques » et des exilés mexicains ? si ce n’est une fragilité latente, ils sont tous au cœur d’un voyage chaotique. C’est tout le propos d’Emmanuel Meirieu dans « Monarques », une fresque monumentale qui vous plongera dans l’actualité brûlante des migrations.

Deuxième fresque théâtrale inratable lors du festival Mythos 29è édition : Monarques de la Cie Bloc Opératoire au TNB. Emmanuel Meirieu compose une odyssée autour d’une double migration, celles de papillons et celles d’êtres humains, pour un récit poignant et engagé servi par une scénographie impressionnante et immersive.
Après Sur l’aile d’un papillon, spectacle itinérant conçu au Théâtre de Lorient, qui évoquait deux odyssées entre Nord et Sud et questionnait les migrations, Emmanuel Meireieu réitère avec Monarques, un spectacle qui trouve malheureusement un sombre écho avec l’actualité américaine de ces derniers mois. Qu’ont en commun les impériaux papillons appelés « monarques » et des exilés mexicains ? La liberté des uns fait miroir au chemin clandestin des autres. Monarques est donc le récit poignant et engagé d’une double migration : celle d’un parapentiste zélé qui suit des papillons migrateurs dans un long voyage de 5000 km du Canada au Mexique et celles de migrants d’Amérique centrale montés à bord de La Bestia, ce train de marchandises qui roule vers les États-Unis. Comment ces destins vont-ils s’entrecroiser ?
Et là où Emmanuel Meirieu frappe très fort, c’est sur la scénographie. Ce sont bien trois wagons de La Bestia, ce convoi de marchandises funèbre, qui prennent place sur scène. Et pas une petite place ! Réalisé par l’atelier de construction de décors du Théâtre du Nord, ce dispositif scénographique est à l’échelle non pas miniature mais réelle et est construit selon les vrais plans de La Bestia. Sur le toit de ce même train de la mort, la plasticienne Emily Barbelin a conçu une collection de mannequins zombies tout aussi impressionnants que le convoi sur lequel ils sont disséminés.
Si la Bestia tient presque le rôle d’acteur principal, les humains ne sont pas en reste. Jean, incarné par Jean-Erns Marie-Louise, est un exilé muti-récidiviste qui a sacrifié une partie de ses membres lors de ses nombreuses tentatives de fuite. Originaire d’Haïti, il cherche à tout prix retrouver son (demi-)frère Wilfrid. Même si survivre à ce périple ferroviaire tient du miracle : la faim, la soif, le danger, les obstacles à surmonter et non des moindres comme le mur de Trump, le chaud-froid perpétuel entre désert et montagnes, violences de la police de l’immigration…
Emmanuel Meirieu puise ainsi dans le chaos pour faire cohabiter nature et fragilité, tout en évoquant cette incroyable force qui pousse le vivant, animal ou humain, à survivre. Un petit espoir au milieu de cette fresque bien sombre…
Une proposition XXL qui ne vous devrait pas laisser personne indifférent ! Prenez votre place rapidement !
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Mythos 2026 en pratique
Quand ? Du mercredi 8 au vendredi 10 avril 2026 à 21h (durée 1h30)
Où ? au Théâtre National de Bretagne
Tarifs ? (Frais de réservation inclus) 15€ avec le Pass VIF / 29€ Plein / 22€ Réduit et abonnés TNB / 10€ Sortir!
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