Voilà une bien belle bougie à fêter à l’automne cette année : le Festival du Grand Soufflet, du haut de sa trentième année, va encore donner du grain à moudre à nos oreilles curieuses et avides de sonorités musicales en ce cru 2025 ! Du 1er au 12 octobre, à Rennes et dans l’Ille-et-Vilaine, soyez prêtes et prêts à une déferlante de musiques trad’ et du monde, à une mosaïque de sons chamarrés et dansants. A J-15 jours, décortiquons le menu de cette trentième bougie !

Prêt.e.s à voyager de continent en continent, de genre musical en création hybride, de solos en quartet ? Le Grand Soufflet vous offre, comme tous les ans, une programmation sonore toujours plus riche et prête à répondre aux goûts musicaux des unes et des autres.
Voyage aux sons du continent africain
Au menu de ce melting-pot musical, une soirée d’ouverture dantesque le mercredi 1er octobre avec Bonga, figure de proue de la scène musicale angolaise. Une musique riche et éminemment politique traversé par les soubresauts de l’histoire de cet athlète ne exil. Un beau moment sous le chapiteau en perspective.

Le même jour à Fougères (et voilà un cruel dilemme pour démarrer le festival), ne manquez pas le duo Piers Facini & Ballaké Sissoko. Deux virtuoses pour une même délicatesse musicale dans le très bel écrin du Théâtre Victor Hugo.
Côté océan indien, découvrez le zangoma et son diffuseur en chef, Eliasse. Ce terme, né grâce à l’artiste comorien visionnaire de l’île de Mayotte Baco, illustre la fusion entre les rythmes de la sono-mondiale bien connue au Grand Soufflet et les sonorités propres aux Comores, de l’Océan Indien et de leurs racines venues du continent Africain. Un joyeux moment en perspective !

Remontons vers la corne de l’Afrique pour emplir nos oreilles d’ethio-jazz avec Arat Kilo. Accompagnés de Mamani Keita, diva malienne, et Mike Ladd, pionnier du rap US, le collectif saura vous secouer, avec des titres brûlants d’actualité ou virevoltants d’énergie. Tout comme pour le nigérois Bombino, né dans une tribu touareg, qui distille un blues électrisé et hypnotique pour promouvoir une paix hypothétique au Sahel. La promesse d’un moment fort sous le chapiteau du Thabor.

Voyage en sono mondiale
Voilà un des secrets les mieux gardés du Grand Soufflet : réussir à proposer une mixité sonore au -delà des frontières et des conflits, au-delà des sons et des instruments. Certains comme Brazakuja passe allègrement du Brésil aux Balkans. Il leur suffit d’un accordéon, d’un violoncelle et d’une batterie pour vous transporter au-delà des continents entre forró et polyphonies balkaniques. De son côté, le trio Parade – Cie Pulcinella oscille entre folk, musique traditionnelle chinoise et musique contemporaine. De quoi étonner vos oreilles avides de curiosités !

M.A.M. (ou Musique Acoustique Machine), est déjà très engagé dans la fusion des styles musicaux. Avec ce projet Fusion, ils montent le curseur d’un cran et propose un concert ethno-jazz-fusion célébrant la francophonie internationale, en trio ou avec une artiste invitée. De quoi régaler votre juke-box musical.
Impossible de rester de marbre non plus sous la houlette de Komasi, un trio qui mêle allégrement rock, cumbia et afro-beat. Trois continents en un pour un tiercé gagnant ! Quant au trio Djé Baleti, si vous les avez ratés à l’édition 2025 de Mythos au printemps dernier, voilà l’occasion de vous rattraper et de vous laisser bercer par leur rock gnawa hypnotique et leur afro-rock psychédélique.

Voyage en sono orientale
Altin Gün, qu’on ne présente plus, vous entraînera dans son sillage groovy sur les rives du Bosphore entre Turquie et rock occidental. Non loin, le duo NAR, composé de Pauline Willerval et Jean Le Floc’h, voyage entre accordéon et gadulka de la Thrace à l’Anatolie en suivant les berges méditerranéennes.

Direction le Maroc avec Aïta mon amour. Un duo formé par Widad Mjama, pionnière du rap féminin au Maroc et le producteur tunisien khalil Epi, figure emblématique de la scène électronique arabe. Au menu : une réinterprétation de la Aïta, un chant puissant incarné par les Chikhates, femmes chanteuses et gardiennes d’une pratique multiséculaire, féministes avant l’heure, qui porte des paroles populaires, intimistes, politiques et militantes. Côté Algérie, c’est le duo composé de la chanteuse Djazia Satour et du pianiste Pierre-Luc Jamain qui portera haut les couleurs de la chanson algérien e avec douceur et nostalgie.

Pour une fusion assumée entre Balkans et Orient, prenez l’option Haïdouti Orkestar, fanfare gitane et orientale. Formée en 2005, cette fanfare fait un pont entre les Balkans et l’Orient. Une formation cosmopolite (Grèce, Roumanie, Espagne, France) entoure le chanteur turc qui chante en kurde, arabe, azerbaïdjanais, turc et en rom. De quoi faire virevolter le chapiteau ! D’ailleurs, le chanteur, Ruşan Filiztek, virtuose du Saz se produira en solo à Chartres de Bretagne. Ne manquez pas sa performance ! Autre quintet qui va œuvrer pour réchauffer votre entrée dans l’automne :les bordelais de Qairo métisse musique turque, flamenco, électro et influences arabes et balkaniques. Chaud devant !

De leur côté, Tram des Balkans hybride rock et sonorités traditionnelles balkaniques. Ils jouent aujourd’hui avec l’accordéoniste Mélissa Zantman et travaillent les harmonies de chant en bulgare, finnois, italien, géorgien, hongrois et hébreu. Une belle rencontre à découvrir sur scène ! Enfin, dernier quintet de voix à écouter : Sugar Bulgar revisite les chants et les musiques traditionnelles de Bulgarie avec une palette sonore qui mélange le son brut des voix et instruments traditionnels à une énergie très actuelle.
Voyage dans les sons du continent américain
Entrez dans le grand bal des musiques latinos avec Azahar, un trio 100% féminin qui pioche dans la cueca chilienne, dans les rythmes afro-colombiens et la cumbia, dans les valses péruviennes et encore le son jarocho mexicain. Avec un seul objectif : vous faire danser !

La puissante voix féminine de Bia Ferreira devrait vous embarquer dans le groove revendicateur de son pays natal, le Brésil. Autre proposition féminine : La Surada, composé de trois jeunes femmes mexicaines qui ont décidé de braver les interdits et de s’emparer de cette musique traditionnellement jouée par des homme, le « Son Jarocho » de Veracruz. Côté Argentine, ce sont trois voix féminines qui composent le Tango Libre Trio et qui s’emparent du répertoire traditionnel du tango pour une relecture originale.
Côté bayou de Louisiane, le blues de Robert Finley est un moment à ne pas rater assurément. Une jolie date et un grand monsieur à voir ou à revoir.

Calle Mambo devrait secouer le chapiteau et vous avec ! ce collectif chilien formé en 2013 n’a qu’un seul objectif : fusionner le folklore latino américain et vous faire rejoindre cette grande communauté musicale contagieuse. Rien de moins que 10 instruments sur scène pour osciller entre Quena, Quenacho, Cuatro, Charango, Tiple, Timbal, Gaita, Zampoña, Ronroco… Prêtes et prêts pour un grand voyage dansant ?
Musique, entre tradition et hybridation
La musique traditionnelle ne sera pas en reste et la palette proposée par le Grand Soufflet devrait ravir toutes les oreilles. Le duo André Minvielle & Lionel Suarez ouvrira le festival le mercredi 1er octobre. Un duo caméléon et complice entre chants et accordéon, pour rassembler petits et grands, jeunes et moins jeunes. Bargainatt est un quatuor née d’une amitié en 2016. Leur kiff, c’est le bal trad, voire néo-trad en puisant dans les répertoires des régions de France : de l’Auvergne à la Bretagne, en passant par le Poitou et la Gascogne. Le Duo des Cimes est un duo toulousain composé de Naël Tripoli et Anaïs Perrinel. Au son de l’accordéon, de la boha (cornemuse de Gascogne), du violon et du chant, Naël et Anaïs vous entraînent dans la danse !

Envie de voyager entre Balkans, Irlande ou Bretagne ? Le Jacky Molard Acoustic Quartet aura de quoi vous guider ! Et pour une virée entre Poitou, Berry, Vendée et Bretagne, il faudra plutôt choisir Le Grand Barouf, qui fusionne vielle, accordéon et batterie pour une transe hypnotique à danser les yeux fermés. Départ pour le Grand Nord ? visez un voyage avec Femti Fem, quatre musiciennes qui jouent sur 55 cordes (Violon, Nickelharpa, Hardingfele, violoncelle) et dévoilent ainsi leur passion pour les musiques traditionnelles du nord de l’Europe. Elles seront accompagnées pour l’occasion des 55 boutons de l’accordéon de Martin Coudroy.

Envie de polyphonies ? La Mòssa devrait ravir vos oreilles. Ces quatre femmes chantent le Sud de l’Italie, l’Occitanie, la Réunion ou encore l’Espagne. Un choeur et des percussions bien décidés à vous envoûter. Quant à Michalove, voilà une famille où la musique et la polyphonie inspiré par les chants ukrainiens et le folklore de Poméranie centrale sont des raisons de vivre.
Envie de douceur dans ce monde pas drôle ? Morgane Grégory, passionnée de harpe, électrifie son instrument et en propose une version onirique et audacieuse. Envie d’accordéon voyageur ? suivez celui de Yann Le Corre, qui se réinvente en permanence et qui est à la croisée de nombreuses influences.

Côté Bretagne, le Bagad Cesson Sévigné animera la Guinguette du Village Thabor le dimanche 05 octobre. Un bagad qui revisite le répertoire traditionnel et s’offre la présence d’instruments moins « tradi » tels le saxophone ou la guitare électrique, pour une voyage entre jazz, funk, rythmes hip-hop ou sonorités rock. Le duo Rozenn Talec & Yannig Noguet vous offrira dans un écrin le répertoire kan ha diskan chanté en breton au son de l’accordéon diatonique. Quant au tout jeune trio Strak, ses musiciens interprètent un répertoire de musique à danser de Basse-Bretagne entre airs traditionnels et compositions originales. Le trio Forj portera haut les couleurs de la Haute Bretagne et de la musique gallèse.

Envie de danser ?
Ne ratez pas les DJ sets electro-afro de Guily, entre beats puissants et dansants ! DJ Tuk Tuk distillera quant à lui ses mix « musiques du monde », comme l’an dernier. Ne manquez pas l’initiation aux danses bretonnes le dimanche 05 octobre. Rien de tel pour briller ensuite au Bal Trad !
Les inclassables mais à ne pas manquer !
Quand la musique rencontre les grands récits, cela donne Dérive. Une jolie performance poétique et musicale où deux voix de femmes, Morgane Labbe et Claire Laurent, revisitent l’Odyssée grâce aux répertoires traditionnels de Méditerranée. Un grand classique à vivre et à écouter !
Quand la musique créé un récit, cela donne L’Ombre de la Bête. François Robin et Mathias Delplanque proposent un concert immersif s’appuyant sur l’expérimentation électroacoustique autour des sons organiques de la veuze (cornemuse nantaise). une proposition sonore sauvage et onirique, flirtant entre krautrock, musiques minimalistes, drone et musiques traditionnelles. Avis aux amateurs et aux curieux !

Le documentaire Les Bad Girls des musiques arabes : du 8è siècle à nos jours (2019) sera diffusé en présence de sa réalisatrice Jacqueline Caux. Ce film dresse le portrait de femmes arabes qui ont su, à travers les âges, défier le patriarcat et faire entendre leur musique avec fougue et audace.
Alors ? Prêt.e.s pour une grand voyage musical aux prémices de l’automne ? Ne manquez pas cette jolie bougie de notre festival rennais préféré !
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Festival du Grand Soufflet : du 01 au 12 octobre 2025 – à Rennes et dans toute l’Ille-et-Vilaine
Toutes les informations sur le site du Grand Soufflet : http://www.legrandsoufflet.fr/
La billetterie en ligne : http://www.legrandsoufflet.fr/Billetterie
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