On ne va pas se mentir : c’est un marronnier aussi prévisible que désolant à écrire. Chaque année, entre les réjouissances des résultats du bac, des vœux validés sur Parcoursup et la rentrée universitaire qui approche, les étudiant·es se lancent dans la chasse au logement. Et chaque année, rien ne change vraiment. Se loger dignement à prix décent reste un véritable parcours du combattant·e. À Rennes, c’est devenu un cas d’école : l’offre du CROUS stagne pendant que le nombre d’étudiant·es explose. Résultat ? Une pénurie chronique qui pousse des milliers de jeunes vers le marché locatif privé déjà en surchauffe.

À Rennes, le CROUS annonce la couleur avec ses 5 610 logements étudiant·e·s. Stable depuis des années, ce chiffre cache pourtant un problème majeur déjà évoqué par ici : il ne suit plus du tout la croissance du nombre d’étudiant·e·s dans la métropole. Résultat ? Un sérieux décrochage, et un taux d’équipement qui s’effondre. En 2008, Rennes pouvait se vanter d’offrir plus de 105 logements CROUS pour 1 000 étudiant·e·s. En 2020, 78. Aujourd’hui ? À peine 71. En quinze ans, la promesse d’un logement abordable s’est lentement évaporée. Alors certes, Rennes fait « mieux » que la moyenne nationale avec seulement 58 logements pour 1 000 étudiant·es en 2023-2024. Mais c’est l’histoire du « quand je me compare, je me console » : se réjouir d’être moins pire que ses voisin·es ne résout en rien la pénurie criante de logements pour étudiant·e·s.
Le manque évident de disponibilité dans le secteur locatif public, notamment au sein du CROUS, exerce donc, par effet domino, une pression significative sur le marché locatif privé. Et là, c’est la flambée : entre 2015 et 2023, Rennes Métropole enregistre la plus forte hausse des loyers médians pour les studios (T1) parmi les grandes agglomérations étudiées, avec +42 € en huit ans. Rennes dépasse désormais Strasbourg et Nantes dans ce palmarès peu enviable, même si elle reste encore en dessous d’une métropole comme Montpellier ou Aix-Marseille.

Pour les deux-pièces (T2), la hausse est un peu plus modérée (+37 € sur la même période), mais la pression sur les petites surfaces est particulièrement forte, surtout depuis la crise sanitaire du Covid 2020/2021.

Derrière « l’attractivité » rennaise, il y a cette réalité : des loyers privés qui s’envolent, des budgets étudiant·e·s qui explosent et une précarité qui s’installe. En 2023, une étude a montré que 87 000 étudiant·es avaient entamé leur année universitaire sans logement et que plus d’un·e étudiant·e sur deux, soit plus d’1,5 millions d’étudiant·es, était mal-logé·e (lire ici, NDLR). Pire, 12% à 17% des étudiant.es renonçaient à l’école de leur rêve parce qu’iels ne trouvaient pas de logement. Enfin, en Bretagne, 44 % des demandes auprès du Crous ont pu être satisfaites.
- source : https://www.audiar.org/