Un frigo géant au 51 rue de Saint-Malo !

Alors que nous explorions virtuellement les extraordinaires collections mises en ligne par le Musée de Bretagne, une photographie a retenu toute notre attention (NDLR, voir ci-dessous).

Musée de Bretagne, Collection Arts graphiques Numéro d’inventaire : 2017.0000.5948

En effet, située au numéro 51 de la rue Saint-Malo (NDLR, partie de la ville détruite et reconstruite aujourd’hui), la tourelle que l’on voit au premier plan est facilement identifiable. Nous avons ainsi pu faire le rapprochement avec un article publié en 1935 dans le Ouest-Éclair. Car oui, cette petite casemate a eu les « honneurs » de la presse locale. Et pour cause ! Sa construction est très spécifique. Le journaliste nous la décrit même précisément, schéma à l’appui :

Immense de six mètres de diamètre et profonde d’environ 12 mètres, toute la maçonnerie est composée de grosses pierres. Tout autour, une épaisseur de paille de 30 cm forme un isolant parfait que recouvre une cloison de bois, épaisse à son tour de 3 centimètres. Une échelle de fer permet de descendre dans la cuve, lieu où l’on entreposait jadis la glace ramassée l’hiver. Car oui, bis repetita, cette tour a une fonction bien déterminée et essentielle pour la vie de tous les jours : il s’agit d’une glacière, l’ancêtre du réfrigérateur électrique.

La glace était prélevée pendant les périodes de gel sur la Vilaine et sur l’Ille puis était entassée au fond de la glacière sur un plancher de bois permettant l’évacuation d’eaux de fonte par le puisard. Le remplissage se faisait généralement par temps très froid et de nuit. Son fonctionnement repose sur un principe simple, celui du thermos : une grande quantité de glace fond proportionnellement plus lentement qu’une petite. Malgré la hausse inévitable de la température, on pouvait cependant conserver la glace jusqu’à un an complet.

Il existait d’autres glacières un peu partout dans Rennes. Beaucoup d’anciens manoirs et d’hôtels particuliers du 18ième siècle devaient en avoir. Mais cela restait un luxe que seuls les bourgeois et artisans fortunés de la ville pouvaient s’offrir. Il est aujourd’hui encore possible d’en voir une, en passant devant le numéro 20 de la rue de Manceau. Cette glacière construite pour M. Legendre peu avant 1872 a été transformée en maison d’habitation vers les années 1900.

À la fin du 19° siècle, l’invention de machines pour la production artificielle de la glace provoquera la fin de l’exploitation de la glace naturelle.

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