[Festival du Film Politique ] : POLITI-KOS toujours, tu m’intéresses !

Après Porto-Vecchio en octobre 2017, c’est au tour de Rennes d’accueillir un festival du film politique. Programmer un nouveau temps fort semble risqué tant la ville connaît un agenda surchargé en cette saison… mais pourquoi pas ! Le dynamisme d’une cité se démontre aussi par la diversité de ses offres culturelles. Cependant, ce projet porté par une association parisienne{1} est, à notre plus grand étonnement, largement soutenu financièrement par les pouvoirs publics. En tout, près de 350 000 € de subventions(1) seront versées malgré un contexte de baisse des dotations et de restrictions budgétaires. De quoi faire grincer des dents et créer quelques inquiétudes…

La ville de Rennes accueillera donc le festival POLITIKOS début novembre (+d’1fos ici). On évite d’utiliser le terme de « premier » festival politique comme c’est écrit sur le site officiel (voir ici) puisqu’un festival international du film politique a déjà eu lieu à Porto Vecchio (voir ici).

Mais, la riposte s’organise. Timidement, certes puisqu’à deux mois de l’échéance, aucune action ne semble connue.(2) Pourtant, le grief a de quoi exaspérer et rassembler. Comment expliquer sinon qu’une telle machine de guerre (4 jours au couvent des Jacobins, des dizaines de débats, la projection d’une quarantaine de documentaires, d’une dizaine de films) puisse avoir lieu sans aucune concertation au préalable avec les principaux acteurs culturels bretons. Pire, les soutiens publics à ce projet parigo-parachuté sont d’une générosité hors-norme dans un contexte de restrictions budgétaires. La 1ère édition de POLITIKOS, qui n’a de sérieux que la sonorité grecque de son nom, réussit l’exploit de réunir 350 000€ de subventions pour un budget total de 600 000€ alors que, dans le même temps, certaines associations doivent ruser pour surmonter des difficultés financières malgré un travail de fond tout au long de l’année et palier à la fin des contrats aidés.

Les organisateurs parisiens ne s’attendaient sans doute pas à une telle réaction lorsqu’ils ont lancé l’idée devant les présidents de région, du département et de la Métropole lors d’un repas au Galopin (NDLR : anecdote relatée par le Mensuel de Rennes)(1). Mais passons. Fin Août, alors que le festival de cinéma de Douarnenez venait juste de boucler sa 41ième édition avec  l’inquiétude de ne pouvoir réaliser un équilibre budgétaire, Loïg Chesnais-Girard, le vice-président-ad-vitam-æternam de la Région Bretagne a balayé d’un revers de la main les protestations en assumant ce financement « exceptionnel ». Circulez, y a rien à voir !

Quelques jours plus tard, dans le Ouest-France du 05 septembre (voir ici), l’ancien maire de Liffré récidive en précisant que POLITIKOS est « un moyen de rapprocher les gens de la vie politique et de ses enjeux ». « La bêtise insiste toujours » disait Albert Camus.  A y regarder de près, la liste des invité·e·s se compose essentiellement de personnalités issues de cette classe dirigeante qui, par ses nombreux jeux de dupes et de pouvoir, ses engagements reniés et autres retournements de veste, a fait croître le taux d’abstention en France et creuser cette défiance entre citoyen·ne·s et élu·e·s.  Citons la présence pour l’exemple de Manuel Valls, Roselyne Bachelot, Franck Louvrier, Xavier Bertrand, Jean-Louis Debré, François Hollande…  Vouloir redonner confiance avec les mêmes qui nous l’ont fait perdre est un non-sens absolu. Ou alors du cynisme.


(1) Mensuel de Rennes – Septembre 2018 P°30

(2) A l’heure où nous écrivons ces lignes.

Festival Politikos : ça nous coûte « un pognon de dingue ! »

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