Peter Kernel & Formica @ Bar’Hic : Poussées de fièvre

L’association rennaise Kfuel concluait en beauté son année 2016 de concerts samedi 17 décembre dans un Bar’Hic blindé de monde. Les rennais de Formica et les helvétos-canados-mexicains de Peter Kernel y ont dissipé les brumes hivernales avec deux prestations délurées, touchantes et chaleureuses.

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Noël, le temps des innocents

Histoire de ne pas faillir à la grande tradition confessionnelle de nos reports de concerts, nous allons commencer par avouer qu’avec la morosité ambiante de ces derniers mois, nous avions légèrement oublié que pour un concert le samedi affichant un groupe relativement connu au Bar’Hic, il vaut mieux ne pas arriver trop tard. Nous nous pointons en toute innocence et le pas trainant un peu avant 21h place des Lices. Nous comprenons vite à la mine du comité d’accueil qu’il va nous falloir paniquer un minimum. La soirée affiche en effet d’ors et déjà complet et nous ne devrons d’ailleurs notre entrée qu’à la bienveillance des camarades de l’équipe Kfuel.

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Formica, riffs sensibles

Nous avons arrêté depuis fort longtemps de compter le nombre de fois que nous avons vu sur scène les rennais de Formica. Ce qu’on sait par contre, c’est qu’on prend toujours autant de plaisir à les y voir. On retrouve donc le sourire aux lèvres, les deux guitares et voix de Lilian et Matthieu (par ailleurs vaillants tauliers du label InMyBed), la basse de Fabien et la batterie de Matt Cotton (You’ll Brynner, Février). Dès Liar, le premier morceau très enlevé, on savoure leur power pop simple et directe. La formule du groupe est simple : des riffs qui font mouche avec juste ce qu’il faut de solis, des voix en équilibre entre colère et nonchalance et une rythmique sans fioriture mais redoutablement efficace. Ce ne fut peut être pas le plus intense ou le plus furieux des concerts de la bande auxquels nous avons assisté mais ce fut assurément un des plus touchants. D’abord parce que les lascars vont dédicacer leur chaloupé Sequels Suck au récemment décédé Tonio Marinescu, (peintre rock’n’roll, batteur émérite chez les Casse Pipe, Dominic Sonic ou Left hand Devil, fondateur de Kalashnikov et surtout grand dandy rock’n’roll extrêmement attachant). Ensuite parce que ce fut l’ultime concert avec Fabien à la basse. Après deux ans de bons et loyaux services au sein de Formica, le bonhomme part pour de nouvelles aventures. On lui souhaite plein de belles choses et on regrettera beaucoup son jeu élégant et incisif. Le set se conclut par l’imparable tube My Story en ayant mis dans les parfaites conditions le public pour ce qui allait suivre.

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Peter Kernel, saturday night fever

Alors que le trio Peter Kernel prend à son tour place sur scène, l’ambiance se fait d’un coup fébrile. La canadienne Barbara Lehnhoff à gauche (basse et voix) et le tessinois Aris Bassetti à droite (guitare et voix) sont désormais accompagnés d’un batteur mexicain, histoire d’appuyer l’aspect cosmopolite du groupe, sans doute ?
peterkernelbarhic-kfuel-alter1fo-9On avait bien senti que les attentes du public étaient à leur comble et le trio va brillamment y répondre. Avec le funèbre mais irrésistible I’ll die rich at your funeral en guise d’ouverture, ils mettent d’emblée le feu aux poudres et le public déjà conquis, rugit de bonheur. Le riff limpide et mélancolique de Leaving To The Moon résonne alors et nous fait tous tanguer avec ravissement. D’emblée, le groupe s’impose avec une simplicité et une présence désarmante. Quand vous avez ces compos là à disposition et que vous les interprétez avec fougue et malice difficile de résister. Sous ses airs nonchalants, le trio est d’une précision redoutable et va faire exactement ce qu’il faut pour embraser le public. Même si c’est l’anniversaire de Barbara ce soir là, ce sera bien Aris qui mènera la bal avec moult blagues sur le batteur ou l’accent rennais, la faute à un virus ayant pourri la nuit précédente de la dame. On aura donc moins droit au savoureux jeu de ping-pong scénique du couple mais cela ne diminuera pas beaucoup l’intensité de la prestation. Les zigues nous brisent ensuite le cœur avec le superbe It’s gonna be great avant de nous coller le tournis avec une étourdissante version XXL de You’re Flawless suivi du tout aussi électrifiant Supernatural Powers. Des fans du premier rang connaissant les paroles sur le bout des ongles jusqu’à ceux qui les découvraient pour la première fois, le public est totalement conquis. Après la réjouissante montée de We’re not gonna be the same again, il ne leur reste plus alors qu’à décocher les irrésistibles Panico, This is love et High fever pour mettre tout le monde en sueur à genoux.
Évidemment, les spectateurs ne comptent pas en rester là et réclament avec force un rappel. Le trio s’acquitte de l’exercice avec classe en concluant sur le flamboyant I kinda like it et finalement par « la plus triste de toutes leur chanson » : le splendide Ectasy.

Noël était décidément très en avance cette année. Merci aux groupes, à Kfuel, au Bar’Hic et au public d’avoir rendu cette soirée si mémorable.

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