[2025] Des bouqu’1 sous le sap1 #23 : Entrez dans la Bande à Baladi

Marre de l’esprit de Noël ? Marre des infos cataclysmiques ? ça tombe bien, nous aussi ! Bienvenue dans notre 8ème calendrier de l’Avent Altérophile, dont on espère qu’il sera de nouveau original et divertissant ! Tous les jours (ou presque) jusqu’au 24 décembre, une idée de truc en papier à mettre sous le sapin ou à dévorer de suite. Bon pour l’âme, bon pour nos petits libraires-ami.e.s, bon pour les bibliothécaires, bon pour nos papetiers-ami.e.s, bon pour nos neurones. Ouvrez donc les pages jour après jour… En écho à notre sixième sélection, on vous propose une autre BD sur la BD mais surtout débordante d’humanité. C’est Un monde en pleine mutation de Baladi.

Les sublimes trois tomes de Tokyo ces jours-ci de Taiyo Matsumoto dont on vous a causé dans le sixième épisode de ce calendrier nous ont donnés envie de vous parler d’une autre BD tout aussi touchante. Nous vous avions déjà causé dans ces colonnes avec beaucoup d’éloges du travail du dessinateur suisse Alex Baladi. Cet auteur prolifique, aux curiosités multiples et ayant publié chez un nombre d’éditeurs impressionnant, explore avec son trait et ses compositions singulières les territoires artistiques les plus variés. Autobiographie comme dans autoportraits, partition dessinée, récit historique, adaptation littéraire… on peut dire qu’il a l’esprit large et vagabond. En 2012, il a entamé, avec son histoire de pirate Renégats, une trilogie dite « de l’enfermement » dans laquelle il revisite les grandes figures de la littérature d’aventure.

Dans Un monde en pleine mutation de Baladi paru début 2024 chez les Éditions Atrabile, l’auteur nous propose ce qui ressemble fort à une autobiographie mais sans en être pourtant une (à un concert de Passion Fodder près). Été 1994, dans une ville indéterminée, Nabil tient la libraire TOM avec une certaine nonchalance mais aussi des convictions et du caractère. On ne trouve en effet que ce qu’il aime (ou presque) sur ses étagères et donc pas de Tintin au grand désespoir de certains de ces clients. D’autres par contre y trouvent leur bonheur comme Patou, Rictus et Nour, trois adolescent.e.s qui vont s’installer dans le lieu sur les vacances scolaires pour y discuter, mais surtout pour y créer leurs propres Bandes Dessinées. Entre discussions passionnées et exercices de création, Nabil va s’improviser professeur de ce trio éclectique, entre celui qui veut faire carrière, le dilettante débordant d’idées et d’envies et la plus affutée qui dessine avec de minuscules crayons papier.

Une fois encore, Baladi nous balade là où on ne l’attendait pas. Entre récit d’initiation et chronique de l’ébullition des années 90 du monde de la BD (celui en pleine mutation donc), l’auteur nous livre une déclaration d’amour malicieuse et jamais lénifiante. Il y rend autant hommage à son art qu’aux passionné.e.s. qui aiment partager leur amour et bricoler dans leur coin. On y croise des personnages si investis dans leur passion qu’ils la voient même dans le pain de mie et les cartons à pizza. Avec sa liberté narrative habituelle et ses gros plans évocateurs, l’auteur évoque avec tendresse et une grande finesse le parcours de cette petite communauté au fil du temps qui passe. Vous y apprendrez plein de choses sur le neuvième art mais, surtout, vous y passerez un peu de temps avec un petit groupe dont la compagnie, même en tant que simple spectateur.ice, est un vrai bonheur. Entrez donc dans la bande.

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