Cette année encore les sélections hebdomadaires et estivales du cinéma Arvor vous accompagneront tout au long de cet été. Chaque mardi à 20h15, du 30 juin au 2 septembre 2026, découvrez ou redécouvrez sur grand écran onze films autour du thème des vacances.

Chaque été depuis 2020, le cinéma Arvor nous offre de belles sélections hebdomadaires et thématiques de films, aussi variées qu’inspirées. Pour cette septième année, après le train, le vélo, le fleuve, la plage ou l’alcool… c’est au tour des vacances d’être déclinées en 11 variations toutes aussi passionnantes qu’éclectiques. Classiques, curiosités, raretés… il y en aura pour tous les goûts. Le cycle Vacances, j’oublie tout vous emmènera chaque mardi du 30 juin au 2 septembre 2026 dans une multiplicité de villégiatures pour démontrer qu’on n’est jamais autant soi-même que loin de chez soi.
Le cycle démarrera fort avec tout simplement un des plus saisissants voyages en enfer jamais filmé. Cinéaste hautement éclectique, le Canadien Ted Kotcheff est principalement connu pour l’âpre premier volet de la saga Rambo. Son quatrième film de 1971 Wake in Fright (Très littéralement appelé Réveil dans la terreur par chez nous) a été redécouvert récemment après avoir été longtemps invisible. On y suit le calvaire de John Grant (Gary Bond), instituteur en route pour Sydney lors de ses vacances de Noël. Quand il fait escale dans la petite ville minière de Bundayabba, il pense n’y rester qu’une soirée, mais ce n’est que le début de sa chute. La punchline de l’affiche clame « De la sueur, de la poussière et de la bière, il n’y a rien d’autre ici » il y a surtout un grand film qui vous entraine inexorablement dans les abîmes les plus sombres de l’âme humaine. Attention au coup de chaud.
mardi 30 juin 2026 – 20h15
Wake in Fright de Ted Kotcheff
Australie – 1971 – 1h49
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Certaines séances possèdent une boucle malentendant
La seconde étape du cycle jouera moins avec vos nerfs, mais devrait vous toucher en plein cœur. À bord du Darjeeling Limited est le cinquième film de Wes Anderson. On y suit trois frangins : Francis (Owen Wilson), Peter (Adrien Brody) et Jack (Jason Schwartzman) partis pour un long voyage en train à travers le nord de l’Inde, un an après la mort de leur père. Ce périple organisé minutieusement par Francis comme une tentative de ressouder sa fratrie et de retrouver leur mère (Angelica Huston) partie s’isoler dans un couvent himalayen va vite prendre des détours inattendus. Péripéties loufoques, rencontres savoureuses, émotions à fleur de peau, bande originale parfaite… ce qui reste comme un des sommets de la filmographie d‘Anderson est un splendide film sur le deuil qui sait savoureusement dérailler. Prenez donc votre billet pour le Darjeeling Limited.
mardi 7 juillet 2026 – 20h15
À bord du Darjeeling Limited de Wes Anderson
États-Unis – 2007 – 1h31
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Après la ressortie de la sublime trilogie Apu et du fascinant La maison et le monde, la nouvelle étape de la redécouverte de la passionnante filmographie de Satyajit Ray passe par Des jours et des nuits dans la forêt. Dans ce film de 1970, on suit Ashim, Hari, Sanjoy et Shekhar, quatre jeunes urbains partis se reconnecter avec la nature dans les forêts de Palamou. Les rencontres avec trois jeunes femmes du coin : la mystérieuse Aparna, sa belle soeur, Jaya et une travailleuse pauvre d’une tribu locale, Duli, vont autant les révéler que faire vaciller leurs certitudes. Portrait de la jeunesse indienne et délicieux jeu de marivaudage, le film est aussi une peinture d’une grande finesse des rapports de force de la société indienne en général et entre homme et femme en particulier. Revoir ou découvrir les films de Satyajit Ray est, de toutes façons, un des meilleurs conseils qu’on puisse vous donner.
mardi 14 juillet 2026 – 20h15
Des jours et des nuits dans la forêt de Satyajit Ray
Inde – 1970 – 1h55
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Le conseil ci-dessus s’applique aussi largement aux films de Jean-François Stévenin. Sorti en 2002, Mischka est son troisième et dernier film après Passe montagne en 1978 et Double messieurs en 1986. Mischka (Jean-Paul Roussilon) est un vieil homme oublié sur une aire d’autoroute par sa famille sur la route des vacances. Il est alors recueilli par Gégène (Stévenin lui-même) homme à tout faire un peu trop porté sur la bouteille de l’hospice où est amené l’abandonné. Gégéne emmène alors Mischka dans une chaotique équipée avec l’idée de le faire passer pour son père et de se réconcilier avec sa fille. Ils vont croiser de multiples personnages et se reconstituer une drôle de famille sur les ruines des leurs. Grand film libre sur la famille qu’on s’invente et sur ce qui fait communauté dans notre pays, le film est assurément une des perles à ne pas louper de cette sélection.
mardi 21 juillet 2026 – 20h15
Mischka de Jean-francois Stevenin
France – 2002 – 1h57
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La section proposera ensuite deux suites de films se faisant écho. Le premier double-programme reviendra sur un classique du cinéma français Le Rayon vert d’Eric Rohmer. Cinquième film de la série Comédies et proverbes, le film illustre donc la citation « Ah ! Que le temps vienne, où les cœurs s’éprennent ! » d’Arthur Rimbaud. On y suit les errances estivales de Delphine (sublime Marie Rivière) qui de la Normandie à Biarritz tente en vain de rompre sa solitude. Les bribes d’une conversation sur le Rayon vert de Jules Verne l’incitent à reprendre espoir. Tourné avec une grande liberté, beaucoup d’improvisation et de la place laissée au hasard pour les personnages secondaires, le film est un portrait d’une sensibilité rare de femmes au bord du gouffre.
mardi 28 juillet 2026 – 20h15
Le Rayon vert d’Eric Rohmer
France – 1986 – 1h30
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En écho parfait au film précédent, vous pourrez la semaine suivante découvrir, ou revoir, un des plus beaux films de ces dernières années. Eva en août a permis à de nombreuses personnes de découvrir le cinéma singulier et aventureux de l’espagnol Jonás Trueba. Après son sublime La Reconquista, le metteur en scène s’inspire une nouvelle fois de Rohmer (Il cite Le rayon vert comme une des ses plus importantes inspirations pour ce film) pour narrer les errances estivales d’Eva (Itsaso Arana) qui décide de passer le mois d’août dans un Madrid déserté par ses habitant.e.s. A travers ses déambulations et ses rencontres, le cinéaste dresse un inoubliable et surprenant portrait de femme à la fois plein de mystère et d’une sensibilité rare. À voir, ou revoir absolument.
mardi 4 août 2026 – 20h15
Eva en août de Jonás Trueba
Espagne – 2019 – 2h09
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C’est ensuite à un tout aussi réussi triple programme de classiques que vous aurez droit. ça démarrera par le délicieux Voyage à deux de Stanley Donen. Joanna (Audrey Hepburn) et Mark Wallace (Albert Finney) songent au divorce après douze années de vie commune. En voyage sur la Côte d’Azur, ils se remémorent quatre voyages sur le même trajet (en auto-stop, seuls avec leur première voiture décapotable, avec leurs amis américains et leur voiture, avec leur fille). Sur une musique d’Henry Mancini, le film entremêle habilement ces quatre récits pour démêler ce qui lie et ce qui délie. Ce film joueur à la fois léger et teinté de mélancolie est une merveille de comédie sur l’amour et le voyage.
mardi 11 août 2026 – 20h15
Voyage à deux de Stanley Donen
États-Unis, Royaume Uni – 1967 – 1h51
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Le second couple en voyage sera celui du Voyage à Tokyo de Yasujiro Ozu. On y suit Shukichi Hirayama (Chishū Ryū) et sa femme Tomi (Chieko Higashiyama), deux retraités se rendant à Tokyo pour voir leurs enfants. Ils découvrent alors que leur progéniture est bien trop absorbée dans son quotidien pour leur consacrer beaucoup d’attention. Réunissant tous ses actrices et acteurs habituels en une seule famille, Ozu bâtît avec une sublime minutie un drame doux et terrible qui transfigure le quotidien le plus simple. Souvent cité dans les palmarès des plus grands films de l’histoire du cinéma, voir ou revoir cette merveille sur un grand écran pourrait bien être le plus beau cadeau que vous pourriez vous faire cet été.
mardi 18 août 2026 – 20h15
Voyage à Tokyo de Yasujiro Ozu
Japon – 1953 – 2h16
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Ce somptueux triplé se conclura le 25 août par encore une merveille : Voyage en Italie de Roberto Rossellini. Alexander (George Sanders) et Katherine Joyce (Ingrid Bergman), notre troisième couple est anglais et se rend à Naples pour y vendre la maison héritée d’un oncle. La tension entre eux est palpable mais le film nous indique clairement que leur voyage ne suivra pas les routes habituelles. Le glamour hollywoodien qui émane du duo principal est en effet bien trompeur. Reprenant les codes du néo-réalisme italien, Rossellini traite le thème de l’incommunicabilité qui ronge un couple en confrontant art du réel, philosophie et religion. L’acte de foi qui constitue la célèbre scène finale ne vous laissera surement pas indifférent.e.
mardi 25 août 2026 – 20h15
Voyage en Italie de Roberto Rossellini
Italie – 1962 – 1h37
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L’avant dernière proposition du cycle vous proposera de découvrir ou redécouvrir le premier film d’une des plus passionnantes réalisatrices actuelles : Céline Sciamma. Alors que l’autrice s’est mise en pause pour se tourner vers l’enseignement et revenir sur sa propre filmographie, voilà l’occasion parfaite de reparcourir ses premier pas avec Naissance des pieuvres. Premiers émois, découverte de sa sexualité, trouble adolescent y sont traités avec intelligence, finesse en déjouant les codes habituels des teen-movies. Ce sera aussi l’occasion de revenir sur les débuts de la collaboration entre Adèle Haenel et la réalisatrice.
mardi 1er septembre 2026 – 20h15
Naissance des pieuvres de Céline Sciamma
France – 2007 – 1h25
Certaines séances possèdent une boucle malentendant
On avait débuté ce cycle en enfer. On y retourne pour boucler la boucle avec le cultissime Délivrance de John Boorman. Pour un des films les plus connus de la riche filmographie du britannique, il adapte le roman éponyme de James Dickey avec sa complicité. Quatre camarades en mal d’aventures s’offrent une virée en canoë sur une rivière condamnée par la construction prochaine d’un barrage. Leur hommage à la nature sauvage va vite tourner au cauchemar et ils vont découvrir qu’elle ne révèle pas toujours le meilleur de l’être humain. Malgré les années, ce récit mené au cordeau garde une force et une tension peu communes. Plongez ou replongez donc dans la Cahulawasseea. Vous n’en ressortirez pas indemne mais vous en garderez un souvenir plus que troublant.
mardi 1er septembre 2026 – 20h15
Délivrance de John Boorman
États-Unis – 1972 – 1h50
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