Alea jacta est : la formule de Jules César pourrait aussi s'appliquer à l'élection présidentielle, dont la campagne a pris fin vendredi soir à minuit. Après des mois de débats, de tractations, d'annonces, de contre annonces, de petites phrases assassines, nous sauront finalement dimanche soir qui seront les deux candidats présents au second tour.
Le porte parole de la LCR était en meeting lundi soir à Rennes, à 6 jours du premier tour de l'élection présidentielle. Avant ce grand oral, il a rencontré une délégation de marins pécheur du Morbihan venu lui faire part de leurs revendications. La salle du Triangle devant accueillir les militants était trop petite, c'est pourquoi des écrans géants ont été installés dans une salle annexe, ainsi que dans le hall. Il y avait autour de 2 000 personnes selon les organisateurs. Des militants, en partie, mais aussi des indécis qui cherchaient à se fixer sur un vote.
Au lendemain du discours du chef de l'Etat, signalant qu'il ne se représentera pas, on retient donc plusieurs messages, de la part de celui qui a gouverné la France pendant 12 ans : combattre l'extrémisme, préserver le modèle français, poursuivre la construction européenne, favoriser le développement, inventer une croissance écologique. Son discours en forme de déclaration d'amour n'a pas révélé un soutien à Nicolas Sarkozy, qui devrait intervenir plus tard. Pour les socialistes et l'UDF, le discours du président était même une recommandation à son ministre de l'intérieur, en particulier concernant l'extrémisme.
L'annonce du plan Power 8 par Airbus l'a fait entrer de plein pied dans la campagne présidentielle. Ce plan prévoit la suppression de 10 000 emplois en 4 ans, dont 4300 en France, alors que les carnets de commande de la compagnie sont pleins pour les 6 prochaines années. Il se justifie par les retards dans les commandes de l'Airbus A 380, ce qui a entraîné la démission de plusieurs dirigeants successifs de la maison mère EADS. C'est aujourd'hui Louis Gallois, ancien dirigeant de la SNCF, qui est le PDG français. Rappelons que l'entreprise fonctionne sur un système de dualité entre l'Allemagne et la France. Ce système est d'ailleurs de plus en plus décrié jusqu'au plus hauts dirigeant eux-même !
Voilà un sujet qui divise beaucoup les candidats : les banlieues françaises. Elles se sont invités dans le débat notamment à l'initiative de l'association AC le feu, association qui s'est créée à Clichy sous bois après les émeutes de novembre 2005.