Ces derniers jours, les PFAS ont refait parler d’eux localement. Et pour cause ! Les étangs d’Apigné, lieu de baignade prisé par les rennais·es, surtout pendant les périodes de canicules, se sont retrouvés propulsés parmi les sites de baignade en eau douce les plus contaminés de France, d’après une récente étude de l’ONG Surfrider Foundation Europe. L’association y a détecté pas moins de dix-sept PFAS différents. Une piqûre de rappel brutale, mais nécessaire, sur ces « polluants éternels » qui s’infiltrent partout, des sols aux organismes vivants. C’est dans ce contexte déjà tendu que la préfecture d’Ille-et-Vilaine a décidé de serrer la vis sur un autre maillon sensible : les boues d’épuration de Rennes Métropole destinées à la valorisation agricole.
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Un arrêté daté du 17 juillet impose désormais une surveillance renforcée des PFAS dans ces boues à travers quatre campagnes (prélèvements et analyses) espacées sur douze mois, portant sur une cinquantaine de substances différentes.
Si les seuils européens sur les polluants organiques persistants sont dépassés, l’épandage agricole est stoppé sur-le-champ et les boues redirigées vers une filière de « destruction adaptée ». À la Métropole ensuite de jouer les détectives, façon Maigret, pour remonter la piste et identifier les sources de ces PFAS. Le délai, lui, est serré : cinq mois pour produire un rapport, capable de retracer l’origine de la pollution, de proposer des mesures correctives et de lister les installations de compostage ou de méthanisation ayant valorisé ces boues depuis le 1er janvier 2025.

Mais derrière cet arrêté se cache avant tout une enquête journalistique. Fin février 2026, Disclose et France 3, en partenariat avec Reporterre, révélaient que des boues d’épuration contaminées aux PFAS étaient épandues sur plusieurs milliers d’hectares de terres agricoles françaises. Lien de cause à effet ? Le gouvernement a réagi dans la foulée : dès le 9 avril, le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, annonçait une campagne nationale de mesures. Sans cette enquête, le calendrier réglementaire aurait sans doute été bien différent. Car jusqu’alors, et hormis le règlement européen, aucune valeur réglementaire française n’encadrait les teneurs en PFAS des boues d’épandage.
Un rapport interministériel du CGAAER et de l’IGEDD donne la mesure du problème à l’échelle nationale : environ 5 % des boues des grandes stations d’épuration dépasseraient déjà les normes wallonnes prises comme référence ; un taux qui grimperait jusqu’à 25 % pour les petites stations de moins de 10 000 équivalents-habitants.

À Rennes, la première campagne débutera au plus tard quatre mois à compter de la notification du présent arrêté.
■ Lire l’arrêté préfectoral : Préfecture n° du 2026-07-21
