The Law Won At Mondo Bizarro !

Retour sur la soirée « I Folk The Law » au Mondo Bizarro.

Ce qui pourrait être pris de prime abord comme une bonne blague de potache, a pris une toute autre signification à la fin de cette brillante soirée organisée par le Mondo Bizarro. La thématique de la soirée était donc du folk avec du punk dedans, ou pour être plus précis, du folk joué par des punks. Pourquoi ce titre me diriez vous ? « I Fought The Law » le classique sudiste des Crickets de Buddy Holly, fut popularisé dans une version folk par Bobby Fuller puis déterré par le Clash qui revenait juste de sa première tournée américaine. L’histoire de la chanson incarne idéalement le propos de cette soirée mêlant folk, blues, country et énergie Punk.

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Mon éloignement de la capitale bretonne m’ayant fait rater les 2 premiers groupes, j’arrive au moment où un grand chevelu monte en scène.

Bob Ngadi, le troubadour lavallois nous a offert un set carré bien sympathique. Juste accompagné d’un violon et de sa 12 cordes, le grand gaillard a de l’expérience et cela se sent. Il n’a pas besoin de sur-jouer ou de s’la jouer pour que la sauce prenne. Son interprétation de l’Hurricane de Bob Dylan nous pousserait presque à relancer l’éternel débat : Dylan était-il le premier Punk ?

Les locaux, Slim Wild Boar & his Forsaken Shadow montent ensuite sur scène. On voit qu’ils jouent à domicile car le public s’est déplacé en nombre. Le groupe défend son 3ème album « Tale From The Wrong Side Of Town » sorti en juin. Si le titre pourrait être sorti d’un morceau des Shangri-Las, rien n’est moins éloigné de la réalité sauf la mélancolie omniprésente du chant du sanglier maigrichon (quel drôle de pseudo quand même …). Musicalement on est plus proche d’un rockabilly à la Johnny Burnette Trio, sur lequel le guitariste de l’ombre, le Forsaken Shadow, habille délicatement les chansons de riffs discrets mais Ô combien indispensables. L’écoute ultérieure de la production du groupe confirmera cette première impression.

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Enfin à une heure avancée, Tio Manuel prend place. Manuel Castillo a délaissé sa Gibson rouge qui convient mieux aux riffs de Wunderbach pour une guitare acoustique. Nous n’aurons pas non plus droit à la jolie Strat pourvoyeuse de belles ambiances, mais pas d’inquiétude, Tio Manuel ne baisse pas la garde, il nous offre une nouvelle facette de sa personnalité. Le Set sera donc dans le ton de la soirée, Folk avec l’énergie Punk et le tout saupoudré de ce feeling Latino qui a fait sa marque de fabrique. Au niveau de la setlist, pas mal de nouveaux morceaux ont fait leur apparition qui confirment l’orientation plus acoustique. Néanmoins on a eu le droit à quelques rescapés des albums précédents notamment « Yoruba » et sa magnifique guitare Slide.

Après ce chaleureux moment, Manu Castillo a gentiment accepté de répondre à nos questions.

Bonjour Manuel, tu prépares un nouvel album ?

Oui, c’est une partie des titres que vous avez pu entendre ce soir, ce sera dans une veine un peu plus folk. Il y aura aussi un bonus track avec Paul Slack le bassiste de UK Subs. Et puis le groupe marche bien. On s’entend bien avec Léon et Laurent Ganzaman. Il y aura des titres faciles, faciles à faire et d’autres plus compliqués avec des ambiances, des trucs très acoustiques avec du Dobro et des morceaux plus calmes avec juste un bon groove comme on sait faire. En général ce sera plus épuré, plus acoustique mais dans une veine toujours latino.

Tio Manuel Lolo Ganzaman

Un peu blues aussi ? J’ai cru reconnaitre pendant ton set un morceau de Robert Johnson (Stone in My Passway) ?

Oui, c’est bien un morceau de Johnson mais j’ai juste gardé les paroles et j’ai collé une musique à moi. Robert Johnson c’est vraiment mythique mais je ne voulais pas tomber sur un morceau trop connu comme « Love In Vain » ou tous ceux qu’ont pu faire les Blues Bands des sixties. Mais celle là est intéressante avec plein de métaphores, elle peut avoir plusieurs lectures.

Et donc tu prévois la sortie pour quand ?

J’aimerais qu’il soit enregistré pour la fin de l’année, mais je n’ai pas trop de crainte à ce niveau-là, par contre ensuite c’est tout le travail de mise en place, la distribution et tous ces trucs là. Mais la sortie en numérique, ce sera pour le printemps.

Peut-être une tournée ensuite ?

Oui, on va faire une tournée, j’ai des contacts en Allemagne, Belgique et dans le sud de la France, mais je veux d’abord faire le disque. Je ne veux pas tromper les gens. Comme le style va changer, je ne voulais pas leur envoyer « 3 Cosas » et qu’ils se fassent une fausse idée de ce qu’on va faire, même si ça reste proche. Mais l’idée c’est ça, je leur livre le disque et s’ils aiment, on y va.

Et les festivals ?

Il y en a un dans le coin qui m’intéresse, c’est celui de Binic. J’ai des copains à côté qui connaissent des gens. Et puis je pense que la direction plus Folk/Blues qu’on essaye de prendre cadre bien avec l’esprit de ce festival. Après c’est vrai que la formule en trio, c’est souple et économique. On ne coûte pas cher et on est facile à transporter. De toute façon c’est surtout le bouche à oreille qui fait que l’on va se faire programmer dans un endroit et c’est vrai que de jouer au Mondo Bizarro c’est vraiment bien, on adore venir ici.

Sinon, Wunderbach, un bilan du nouvel album ?

L’album Increvables est sorti il y a 1 an et demi et on a tourné un peu partout, ici au Mondo, en France, en Suisse en Allemagne et on a fini au Québec.

Comment tu fais pour gérer les 2 groupes ?

C’est simple, je fais l’un ou l’autre, jamais les 2 en même temps. A une époque je le faisais, mais çe n’est pas raisonnable. Quand tu fais un truc il faut le faire à fond.

Qu’est-ce ça fait de faire un album 30 ans après ?

Et ben, ça fait peur. Ce n’est pas du tout évident à faire surtout au niveau des textes qui restent du Wunderbach mais avec la difficulté de ne pas être pathétiques. Mais il y a eu des critiques, le problème c’est que Wunderbach c’est un vieux groupe, alors les gens ils ne veulent entendre que les anciens titres.

Il y avait un titre sympa, un peu Rock Cajun, presque du Tio Manuel.

Oui « Jusqu’à la lie », mais j’ai eu du mal à leur faire jouer. Au départ, il y avait pas mal de guitare acoustique mais Marco n’aimait pas trop, il pensait que ça ne cadrait pas avec Wunderbach. Alors on l’a joué plus brut et les autres ont commencé à bien l’aimer. Et quand on l’a enregistré j’ai remis un peu de guitare par dessus qui lui donne cet effet. Mais je suis content car j’ai des retours très positifs sur cette chanson.

Merci Manu pour avoir pris un peu de temps pour répondre à nos questions. On attend maintenant patiemment le printemps pour découvrir ton futur album !

Liens :
Le site de Tio Manuel : http://www.tiomanuel.com
L’interview bio/fleuve de Tio Manuel : http://alter1fo.com/asi-es-la-vida-la-historia-de-tio-manuel-18412
Le site de Slim Wild Boar : http://www.slimwildboar.com
Les albums de Slim Wild Boar en écoute : http://slimwildboar.bandcamp.com
Le site de Bob Ngadi http://bobngadi.free.fr
Toute la programmation du Mondo Bizarro : http://mondobizarro.free.fr

Le diaporama de la soirée :

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