Sur les murs de Rennes, il affiche sa haine du street-art !


Samedi matin.

Nous venons tout juste de nous asseoir à la terrasse du bistrot Le Gazoline quand notre regard se fixe sur l’affiche en noir et blanc qui nous fait face. Dessus, on peut y voir un homme à la carrure imposante. Son visage est caché par une capuche et une grosse écharpe. Les mains bien enfoncées dans les poches, le garçon n’a pas l’air d’être commode. Pas tibulaire mais presque, comme dirait l’autre.

A côté, on peut lire cette légende un poil provoc’ « Cet homme hait le street-art ». Forcément interloqués dans un premier temps, nous avons été rapidement charmés par le questionnement qu’imposait la photographie.

Le collectif :  Au cours d’une soirée, un ami nous explique qu’il n’aime pas du tout le street-art. Pire, il le déteste ! De tels propos sont habituellement peu entendus, nous étions alors surpris. Mais au fil de la conversation, on s’est effectivement aperçu que le street-art est rarement questionné du point de vue esthétique. C’est même devenu un truc un peu convenu. L’alcool aidant (rires…), on a donc eu cette idée de placarder ce message sur les murs de Rennes…

Avec l’avènement des Internets et des réseaux sociaux, difficile de nier qu’une partie visible de l’iceberg appelé communément street-art « vise à séduire le plus grand nombre de spectateurs. Il flatte le goût du public plus qu’il ne le contrarie (…) Le street art est un peu au graffiti ce que Doc Gynéco est aux Black Panthers. » Et ça, ce n’est même pas de nous ! C’est C215, un street-artiste reconnu internationalement qui le dit.(a)

A Rennes, l’exemple le plus flagrant est ce Street-Art Tour donné par l’office de Tourisme(b). Ces visites guidées sont détournées en outil de promotion afin de rendre la métropole attractive et faire du gringue aux city-breakers alors que, dans le même temps, la municipalité se vante de débourser des milliers d’euros pour effacer tout ce qui rappelle l’origine même du street-art c’est à dire les tags, les stickers et autres blazes(c). Y a comme une légère contradiction…

La joyeuse bande constituée de quelques photographes aguerris a donc réussi à convaincre son ami de se laisser prendre en photo. En mode DIY et un peu en amateur, utilisant certains codes de l’art urbain, ils ont collé ces affiches à quelques endroits stratégiques dans le centre-ville de Rennes. Et ce, en pleine édition d’une biennale d’Art Urbain ! Le hasard n’existe pas.

A la base, cela part d’une blague entre ami.e.s  et on voit que cela prend une chouette tournure. Cela amène à se poser plusieurs questions…  Ontologiquement parlant, est ce que le street-art intègre la sphère de l’art ? En quoi cette pratique renouvelle-t-elle le fond et la forme de l’art ? Encore une fois, tout est critiquable, le cinéma, les expos, la musique… mais il y a peu de critiques finalement sur ces fresques qui s’imposent à notre vue, un peu comme de la pub.”

Il est sûr que cela fera réagir dans les milieux autorisés mais c’est tant mieux, le but sera atteint. On attend la suite avec impatience puisque oui, la bande réfléchit déjà à renouveler l’expérience.

***

(a) Graffiti, street art, muralisme… Et si on arrêtait de tout mélanger ? via http://tempsreel.nouvelobs.com

(b) Le street-Art via tourisme-rennes.com

(c) La Ville de Rennes engage un grand diagnostic sur la propreté via presse.metropole.rennes.fr

3 commentaires sur “Sur les murs de Rennes, il affiche sa haine du street-art !

  1. bombe

    « Le street art est un peu au graffiti ce que Doc Gynéco est aux Black Panthers »…. Joli, mais non, pas comparable du tout.

  2. JGJ 13

    Pas tibulaire !!!!

  3. Amour de l'art stict

    Tout ceci a des Rolland un peu réactionnaires de boeuf, voire liberticides vicious. Je ne puis donc m’associer à cette campagne, d’autant plus qu’elle se situe en milieu urbain municiPal ; c’est d’ailleurs le supplice que vous méritez !

Laisser un commentaire

* Champs obligatoires