La Route du Rock 2016 – Make me dance I want to surrender (compte-rendu du vendredi)

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Article écrit et photographié à quatre mains par Mr B, Yann, So et Isa

Comme lors de chaque édition, un petit frisson nous parcourt le corps lorsqu’on pénètre sur le Fort Saint-Père pour la première soirée. Les lunettes de soleil et les chapeaux fleurissent un peu partout, la faute à un soleil généreux. Une météo clémente pour ce week-end, comme si les travaux de drainage avaient conjuré le mauvais sort pluvieux. On a déjà pu tester avec bonheur l’étanchéité du Fort l’an passé, sujet clos. On découvre avec plaisir que la nouvelle configuration des lieux reste inchangée : les stands de restauration demeurent à l’entrée du festival, la scène des remparts fait toujours face à la grande scène, dans un espace exclusivement dédié à la musique. A l’exception d’un bug sur les rechargements des bracelets cashless, les nécessaires modifications permettant un meilleur accueil des festivaliers ont été maintenues (deux fois plus de toilettes, la possibilité de s’assoir pour manger), et même si la fréquentation n’était pas à son maximum pour tester l’efficacité de ce nouveau dispositif sur toute une soirée, on ne peut qu’applaudir des deux mains les organisateurs pour avoir maintenu l’effort à ce niveau.

Côté musique, la soirée s’annonçait un poil foutraque, mais elle s’est finalement révélée plus cohérente que prévu. Entre pop classieuse du début de soirée et électro exigeante pour finir, on a juste subi un petit trou d’air en milieu de soirée. Retour sur une belle soirée d’ouverture.

Psychic Ills

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Le choix du concert inaugural est toujours délicat : réveiller en douceur les tympans, être suffisamment intéressant mais pas trop, histoire de ne pas partir sur des bases trop élevées, et de permettre à chacun de s’approprier les lieux. A ce petit jeu, Psychic Ills a parfaitement rempli son contrat. Tres Warren (guitare/chant) et Elizabeth Hart (basse) sont entourés d’un batteur, d’un claviériste et d’un deuxième guitariste officiant également à la pedal steel : rien de révolutionnaire dans cette psyché mais plutôt au-dessus du lot dans le revival du genre. On tique un peu au départ, la faute à un son un peu brouillon qui va heureusement s’améliorer au fil du set. Un set qui démarre avec un tryptique extrait d’Inner Journey Out (Baby, Another Change, Mixed Up Mind) : réverb, voix lancinante, rythmique au ralenti, tout y est. C’est un peu mou mais ça a le mérite d’attirer doucement les festivaliers devant la scène, pour un apéritif sonore comme on les aime.

Le set prend alors un virage plus enlevé avec See You There, extrait de leur précédent album, One Track Mind. La basse est plus lourde, le petit riff de guitare lancinant se révèle agréable, et l’enchainement avec l’instrumental et hypnotique Ra Wah Wah est plutôt réussi. On retombe dans les brumes psychédéliques avec I Don’t Mind et sa touche d’americana, avec l’utilisation d’une pedal steel. Après un Coca Cola Blues à la guitare sèche et à l’harmonica dont on aurait pu être dispensé, la fin du set, plus blues-rock a le mérite de réveiller (un peu) le public. Le genre de concert qui s’apprécie avec un soleil couchant, une boisson houblonnée à la main.

Kevin Morby

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Les festivaliers se dirigent doucement vers la Grande scène, pour découvrir le projet solo du bassiste de Woods. Kevin Morby, que l’on a découvert en tout début de soirée pour des balances tardives, la faute à un trafic aérien capricieux (il était encore à Los Angeles le matin même), arrive sur scène entouré d’un trio guitare/basse/batterie. Une intro en douceur (Cut Me Down) puis le quatuor enchaine avec les riffs ensoleillés de Dorothy. La folk lo-fi des débuts a fait une plus grande place à une pop souriante sur Singing Saw, paru il y a quelques mois, et qui compose logiquement une bonne moitié du set. Des mélodies joliment troussées, malicieuses à souhait, avec une bluffante maitrise de la rupture de rythme (Miles, Miles, Miles).

Des ruptures qui s’appuient sur le talent du trio qui l’accompagne, avec un batteur inspiré, passant allègrement des balais aux baguettes sur sa jazette pour mieux souligner la transition enlevée sur Harlem River. La basse est chaude sur ce titre, ronde sur l’excellent The Ballad of Arlo Jones et puissante sur Destroyer. Quant à Meg Duffy (guitare), elle agrémente les ponts instrumentaux qui se nichent aux sein des mélodies de quelques soli, avec suffisamment de parcimonie pour ne pas friser l’indigestion. Elle utilise judicieusement le bottleneck sur le nouveau et réussi Tiny Fires, apportant cette touche nonchalante du plus bel effet. Kevin Morby est impeccable de sobriété, avec un timbre de voix délicat, un jeu de guitare parfaitement complémentaire, et avec ce sens du petit riff addictif, comme sur le merveilleux I Have Been to the Mountain. Il réussit même à amener du relief sur le (trop) classique Parade et son guitare/harmonica pas des plus inventifs : la guitare prend des sonorités tropicales à la fin du morceau, lui apportant un supplément d’âme. Un concert qui confirme tout le bien que l’on pensait de ce songwriter talentueux.

Belle and Sebastian

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Pour leur retour à la Route du Rock, après une décennie d’absence, les Belle and Sebastian sont venus en force. On retrouve bien sûr le maître d’œuvre Stuart Murdoch flanqué de ses fidèles Sarah Martin et Stevie Jackson mais ce sont en tout neuf musiciens qui s’installent sur scène. Dix ans ont donc passé depuis leur mémorable passage au Fort-Saint-Père en 2006. Les visages des écossais portent la marque des années qui filent, les nôtres aussi sûrement. Sauf que cette belle bande d’écossais dispose d’un arsenal plus que conséquent pour nous faire oublier les outrages du temps. Après un démarrage en douceur, ils nous décochent le très dansant The Party Line histoire de bien montrer que, malgré la mélancolie et le mordant des textes de leurs perles pop, ils sont bien là pour faire la fête. Le titre plaisamment groovy fait partie des réussites de Girls in peacetime want to dance, leur dernier album dont les tentatives cheap-disco / Eurodance ne nous ont pas vraiment convaincus. Sauf qu’après 20 ans d’une discographie quasi-parfaite, on a du mal à leur en vouloir. Surtout que les zigues vont se livrer à une exploration méthodique et irrésistible de deux décennies de tubes pop merveilleux. Belle&Sebastian@RouteDuRock2016-alter1fo (2)Ils enchaînent avec une version tout en saisissante montée de The Stars of Track and Field sur l’inoxydable If You’re feeling sinister puis avec le pétillant Another Sunny Day, de l’album The Life Pursuit, qui sied parfaitement au coucher du soleil qui illumine la prestation. Suit la batterie martiale et la trompette facétieuse de l’hilarant Step Into My Office (sur Dear Catastrophe Waitress cette fois) qui achève de filer des fourmis dans les jambes des festivaliers. Retour ensuite sur leur tout premier album Tigermilk, avec l’atypique Electronic renaissance dont les synthés font tourner les têtes et le solo facétieux de guitare-clavier colle le sourire aux lèvres. Ils jouent ensuite la fausse accalmie avec l’intro guitare/voix limpide de Piazza, New York Catcher. Le titre monte impeccablement en puissance pour s’achever avec Stuart Murdoch en plein milieu du public. Très enjoué et toujours aussi virevoltant sur scène, le bonhomme échange malicieusement avec le public armé de son irrésistible accent écossais et de son humour charmeur. Il clamera pêle-mêle son amour des jeux olympiques et de la nourriture française (source d’éternelle jeunesse semble-t-il) avant d’inviter pour danser sur scène, comme à son habitude, une bonne partie des premiers rangs. C’est exactement le genre de gimmick scénique qui peut sonner toc ou démago sauf que les briscards arrivent, avec leur énergie et leur générosité, à miraculeusement garder une fraîcheur épatante à l’exercice. On retrouve par la suite une superbe version de Jonathan David avec un Stevie Jackson impérial derrière son piano. On perdra définitivement la tête (et les jambes) sur la triplette magistrale : Sukie in The Graveyard et sa basse sexy en diable, The Boy With The Arab Strap dans une version XXXL et enfin le magnifique I Didn’t See It Coming sur lequel nous rêvions de danser en live depuis sa première écoute. Nous sommes donc totalement au paradis et avec un ultime Judy and the Dream of Horses (rien de moins qu’une des plus belles chansons jamais écrites), ils nous décochent une dernière flèche en plein cœur qui achève de nous rendre à nouveau follement amoureux de la bande.
Belle&Sebastian@RouteDuRock2016-alter1fo (18)Nous ressortons de là dans un état délicieusement euphorique, ravis que les écossais aient, encore une fois, fait la démonstration de la capacité de leur pop à nous faire croire à tous, l’espace d’une chanson ou d’une heure de concert, que nous avons à nouveau 18 ans.

 

 

Haelos

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Haelos a été à la hauteur de nos (très faibles) attentes : on n’attendait pas grand-chose de leur « euphorie sombre », et, en cela, ils ne nous ont pas déçus. Les choeurs ampoulés de Pray ont accompagné notre transhumance vers la scène des remparts, et on a tout de suite constaté que quelque chose clochait : quand on adopte une esthétique vestimentaire et un jeu de lumière froids et sombres, l’idéal est d’être raccord musicalement (à moins de jouer sur le contraste, ce qui ne semble pas être le cas…). Plus proche de Jungle que de Massive Attack, leur trip-hop entrevu sur Earth Not Above ne nous avait pas complètement emballé, mais sur un malentendu, on pouvait espérer une petite lueur en live. On se surprend à trouver la rythmique parfois accrocheuse, le petit ostinato de guitare sur Full Circle nous interpelle positivement, mais le soufflé retombe très rapidement, la faute à un duo de voix épidermiquement insupportable : le chanteur et la chanteuse rivalisent de vibes, comme dans un mauvais concours de chant, et on bascule irrémédiablement vers un r’n’b dégoulinant, nous éloignant de plus en plus des rivages du trip-hop. On jette l’éponge sur Pale et son refrain obsédant, profitant de cette indigence musicale pour remplir notre estomac. Un bref passage devant la scène au moment du tube Earth Not Above nous confortera dans notre choix. A oublier.

 

Minor Victories

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Dès les premiers instants, lorsque Rachel Goswell (voix, parfois guitare) et ses acolytes (notamment Stuart Brainwaithe -guitare- et Martin  Bulloch -batterie- de  Mogwai ou James Lockey -à la basse- d’Hand Held Cine Club) s’installent sur la grande scène du Fort, on se dit que, tout en restant plutôt statiques, Minor Victories ont infiniment plus de présence scénique, que les trop insipides Haelos. Malheureusement, notre première impression ne va pas perdurer. Le groupe débute sur un Give up the Ghost qu’on trouve légèrement poussif, sans qu’on n’arrive vraiment à s’expliquer pourquoi. On a pourtant envie de se laisser prendre, marqué qu’on a été par le charme de la prestation de Rachel Goswell sur la même scène avec Slowdive deux ans auparavant. Sur The Thief, on ne parvient pas plus à mettre le doigt sur ce qui nous chiffonne. On craint que le son dans nos oreilles n’ait quelque chose à y voir. Pour dire vite : on n’entend que la basse, supra massive, qui bouffe tous les autres sons, dont la voix de Rachel Goswell. Et lorsqu’on parvient à l’entendre, la justesse semble lui faire défaut, alors qu’avec Slowdive, il y a deux ans, on n’avait rien eu à redire. On suppose, dépité, que ses retours ne sont pas bons et qu’elle ne s’entend pas.

On se réconforte à demi sur An hundred Ropes, normalement tubesque, entre nappes de synthés tournoyantes, basse martelée et belle relance à la batterie ponctuant le titre. Làs, sur le morceau suivant, on n’en peut déjà plus de ce son de basse omniprésent et de ce martèlement de fûts qui engloutissent tout le reste. Pire : on entend davantage la voix du claviériste/choriste que celle de Rachel Goswell. On espère qu’ailleurs, dans le Fort, ça sonne mieux. On n’arrivera pas, en définitive, à trouver d’où vient ce sentiment (pénible) d’avoir l’oreille régulièrement écorchée. On est bien embêté, parce que l’album, même si un poil grandiloquent, faisait montre d’une belle cohérence et d’une intéressante alliance entre chant éthéré particulièrement envoûtant (on en est tellement loin ce soir), progression toute cinématographique -voire parfois épique-, guitares tour à tour sombres ou aériennes et nappes de synthés parfois vaporeuses. On se réjouit quand même d’un Scattered Ashes (Song for Richard) ou du final Out to sea, un peu moins poussifs. Mais à peine plus. Au final, une déception. Loin d’être scandaleuse cela dit :  les musiciens sont carrés, c’est en place (hormis la justesse donc, sûrement due à des soucis de son), et les compos sont plutôt bien troussées. Mais l’alchimie ne prend pas. Cette musique, qui aurait pu parfaitement convenir à une soirée de festival, avait besoin de souffle. On n’en a eu que le murmure.

Pantha du Prince

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Juste après, la soirée prend un tout autre tour puisqu’on plonge dans les méandres de l’électro la plus excitante jusqu’au bout de la nuit avec trois lives en tous points différents mais aussi bluffants les uns que les autres. On commence avec le producteur allemand Hendrick Weber, aka Pantha du Prince, avec lequel, on l’a précédemment avoué, on n’a pas vraiment de recul tant on suit chacune de ses sorties discographiques avec un plaisir toujours renouvelé depuis ses tout débuts sur le label de Lawrence, Dial. Si nous n’avions lu que des bons échos des performances visuelles et musicales autour de son dernier album en date, The Triad, on savait que ce serait en solo que le jeune homme se produirait à la Route du Rock.

Hendrick Weber prend donc place derrière ses machines, enveloppé dans une robe argentée mi-moine ésotérique, mi-jedi blanc (argenté ?) et commence par lancer de petites sonorités cristallines, pleines de carillons qui se répondent en écho, habilement et progressivement emmêlées de cliquetis et de frottements subtils. On craint une seconde que la délicatesse et les développements aériens du musicien trouvent peu leur place sur une scène de festival, mais voilà : le producteur a le dancefloor dans les veines et nous rassure illico en ancrant chacune de ses mini-symphonies, ciselées avec une précision de dentelière, par de lourdes basses sensuelles et hypnotiques. La fluidité avec laquelle le garçon enchaîne les boucles (parfois organiques, parfois synthétiques), les met en avant puis les estompe pour ensuite à nouveau leur donner pleine lumière est tout bonnement renversante.  Dans nos oreilles, les sonorités et les textures se lient les unes aux autres, s’éprennent, caressantes. C’est d’une richesse à couper le souffle. Tout comme le Fort martèle le sol, bien souvent les bras en l’air, on se laisse totalement happer par cette house la tête dans les étoiles et le pied enraciné au sol. Certes, les passages vocaux nous convaincront moins, mais ces merveilles d’électro house cristalline et de techno ambient irrisée auront suspendu le temps une heure au-dessus du Fort étoilé.

Gold Panda

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Juste après, on est plus que ravi de retrouver le live électro du sémillant Derwin Schlecker, aka Gold Panda, dont les circonvolutions électroniques IDM downtempo nous accompagnent également depuis de nombreuses années. Autant dire qu’on ne va pas être déçu et que c’est quasiment sur un nuage qu’on passe tout le set, tant la musique du garçon a la classe chevillée aux beats. C’est complètement différent de Pantha Du Prince, stylistiquement parlant, mais qu’est-ce que c’est bon aussi !

Développements tout en finesse, enchainement subtil de clicks et de cuts, ondulant de milles petites secousses, la musique languide et inspirée du garçon de l’Essex est véritablement de celle qui donne le sourire aux lèvres. Metal Bird et In My Car issus de son nouvel album, Good Luck And Do Your Best, sorti mai 2016 cette fois-ci chez City Slang (avant c’était chez Ghostly), nous cueillent ainsi l’oreille dès le début avec leurs samples vocaux tout en délicatesse et rebondissements élastiques. Les rythmiques, aux croisements du hip hop, de l’électronica et d’une house plus appuyée nous catapultent avec un bonheur ineffable de micro-développements en micro-sonorités japonisantes.

Derrière le musicien, un petit écran se scinde en 4 ou 16 petites vignettes filmées lors de son dernier voyage au Japon : fleurs délicates, images de manga retaillées, devantures japonaises pleines d’idéogrammes s’y succèdent et défilent dans un ballet constant, particulièrement dépaysant pour nos yeux d’Européens. Plus tard, ce sont les visuels d’Half of Where you live qui se déclineront en mandalas mouvants et hypnotiques.

A l’écoute, Derwin Schlecker fait obligatoirement penser à son compatriote Four Tet tant les deux garçons partagent cette science des ambiances oniriques toutes en subtils rebondissements et cette ouverture toute aussi délicate aux influences orientales. Inspiré par son récent séjour au Japon, Gold Panda nous régale ainsi par petites touches de samples d’instruments traditionnels (magnifique Time Eater) et finira d’ailleurs son set par un tour de passe-passe, fondant ses samples dans un foisonnement magmatique se transformant progressivement en une gamme orientale. Mais c’est tous les styles que le garçon touche avec la même habileté et la même qualité. Les samples jazz de l’imparable Clarke’s Dream nous plongent dans un vertige totalement délicieux, constamment relancé par une basse irrésistible. Plus loin, ce sont des claviers plaqués dans le plus pur style de la house de Chicago circa eighties qui nous esbaudissent l’oreille, prouvant une fois encore le talent du garçon pour fondre toutes ses inspirations dans une musique éminemment personnelle. Le set s’achève sans qu’on ait vu le temps passer (c’est la deuxième fois que ça nous arrive) et on ressort de là comblé le sourire jusqu’aux oreilles. Tout autant panda que Midas, Derwin Schlecker est décidément de ceux qui transforment tout ce qu’ils touchent en or.

Rival Consoles

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Pour finir la soirée, on enchaîne avec un dernier live électro dans (encore une fois) un tout autre style, mais également bien trippant. On l’avait dit, la musique du Londonien Ryan Lee West, aka Rival Consoles, signé chez les acclamés Erased Tapes (Nils Frahm, Olafur Arnalds) n’a quasi rien à voir avec ses camarades de label. Et c’est encore plus vrai en live, tant le son du producteur gagne en épaisseur et en lourdeur retorse dans l’enceinte du Fort. Ça déferle, ricoche, dans un déchaînement de rythmique enchevêtrées. Des rythmiques qui se révèlent paradoxalement légères, aériennes (crépitements, craquements) et d’une force tellurique (ces retours de basses viciées et ce pied qui vous arrache à la terre, My God !).

Derrière, les visuels tout en lignes géométriques qui se croisent, s’agglomèrent et courent les unes sur les autres, restent minimales mais particulièrement hypnotiques. L’univers est froid, mais d’une puissance magmatique à donner des fourmis de feu dans les jambes des danseurs restés devant la scène du Fort. Question textures, c’est du haut vol. On en prend plein les oreilles. Pour notre part, bien trop dangereusement harponnés par les développements implacables du bonhomme, on parvient douloureusement à s’arracher du Fort avant la fin du set. On sent bien que sinon, on va se coucher tard, bien trop tard.


La Route du Rock Collection Eté 2016 a lieu du jeudi 11 août au dimanche 14 août.

Plus d’1fos : http://www.laroutedurock.com/


1 commentaire sur “La Route du Rock 2016 – Make me dance I want to surrender (compte-rendu du vendredi)

  1. Henry Cavill

    Scandaleuse critique à charge d’Haelos , groupe magnifique qui nous a envoûté hier soir avec sa maîtrise parfaite des titres de son 1er album; je suis venu pour eux , ils ont été à la hauteur de nos attentes et même plus;
    Merci à la programmation qui tout comme à Montreux ne se sont pas trompés , ni les Inrocks d’ailleurs : » On ignore d’où viennent alors ces basses omnipotentes, ces synthés en nappes déchirées, mais ils redéfinissent ensemble les lois du trip-hop, qui progresse encore dans le charnel, le physique, l’intensité avec cette musique pour qui songwriting et production naissent d’une même fièvre.  »
    Cela devait être dit.
    Donc à écouter sans modération …

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