Route du Rock 2014 – Compte-rendu du jeudi : Bottes is not dead

Compte-rendu écrit à 3 mains et 6 bottes par Yann, Mr B. et Isa, photographié à 4 mains et deux ponchos par So et Mr B.

Caribou 2Les vieux briscards le répètent : une édition de la Route du Rock sans pluie et sans boue, ce n’est pas la Route du Rock. Mouaif, on répond. Faudrait justement voir à y faire quelque chose. Compte-rendu d’un premier soir entre boue et fureurs pas qu’électriques.

Certes, quand on pénètre dans le Fort St Père, le site est gorgé de boue, voire de flaques abyssales. Pourtant, on choisira de commencer en évoquant la voix de Robert Wyatt nous cueillant dès l’arrivée sur le site grâce aux magiques Magnetic Friends qui comme tous les ans assurent les dj sets entre les concerts. Et pour ne rien gâcher, la fine équipe réchauffe nos cœurs avec un petit Mermonte sorti de derrière les fagots qui dissipe (c’est une image) le rideau de pluie qui tombe dru sur nos ponchos (mention spéciale également à une belle sélection hip hop plus tard dans la soirée).

On renoue avec les vieux démons ?

Route du Rock 2014 jeudi 1Enfin, on va quand même poursuivre avec les choses qui fâchent. La Route du Rock, on vous aime. Vous avez une belle programmation, pas toujours facile à défendre. Nous aussi, on est comme vous, on a envie que la fréquentation soit bonne et que vous puissiez continuer à exister. Certes, vous n’y pouvez rien à la météo et aux draches qui nous tombent sur le coin des bottes. Et puis on est en Bretagne. Et on sera moins critique que d’autres, on comprend bien que les travaux de drainage promis depuis des lustres, vous n’avez pas la main dessus. Donc la boue, on ne vous en voudra pas outre mesure. On sait que vous avez déjà à plusieurs reprises cette semaine fait venir les tracto-pelles (ou tout autre machine, on n’y connaît rien) pour enlever déjà des tonnes de boue. On a même vu un « aspirateur à flaques » venir éponger la mer devant les toilettes/ventes de jetons dans la soirée de ce jeudi. Ce qui n’était pas un mal parce que les petites « planches » en plastique que vous y aviez déposé pour tenter de dégager un passage au sec flottaient et menaçaient dangereusement d’envoyer par le fond quiconque avait la folie de poser le pied dessus. Ou plus exactement le malheur de poser le pied dessus, puisqu’au bout d’un moment, il y avait tant d’eau que les « planches glissantes » et traitres devenues invisibles, étaient devenus des pièges encore plus sournois.

Route du rock jeudi 2On vous connaît depuis longtemps, des éditions à flotte et à boue, on en a déjà fait. Ça donne même un petit côté corsaire parfois « ah oui, Blonde Redhead sous l’orage, j’y étais / 2002, ah oui, celle-là aussi / la soirée des Kills, oui, je me rappelle bien des 6 heures de flotte non stop » d’accord (et on ne parle pas des plus anciens d’entre nous). Mais vous comprendrez justement qu’après tant d’années, on commence à se lasser. Pas tant parce que vous ne pouvez pas obtenir les travaux nécessaires, mais plutôt parce que tous les ans, vous tentez de colmater les fuites avec des moyens dérisoires (pas que de votre ressort, on vous l’accorde). Un moment, vous avez évoqué l’idée de changer de site. Comme vous, on est attaché au Fort. Mais maintenant, si rien ne bouge, on attend de vous que vous preniez des décisions. Qui montrent, osons le mot, davantage de respect envers vos festivaliers. Parce qu’en ce qui concerne l’accueil de ces derniers, il y a deux ou trois trucs un peu légers, nous semble-t-il (on ne parlera pas du camping, où on ne va pas, ni des navettes, qu’on n’utilise pas, ni même des parkings qu’on n’utilisera plus jamais – à 4h du mat’, désembourber ta voiture avec tes potes obligés de pousser que tu transformes en statues de boue, on ne le fera plus-).

La boue vous n’y pouvez rien. La pluie non plus. Vous avez même installé une petite tente au centre du Fort pour qu’on soit à l’abri, mais nulle part, non nulle part des endroits où on peut s’asseoir quelques minutes au sec. Nous on est plutôt en bonne forme et en bonne condition physique, on a cette chance là. Pas sûr qu’il en soit de même pour tous les festivaliers, et y penser juste un peu, on l’avoue, on aimerait bien que vous le fassiez.

Seul moyen pour s’asseoir (on rigole), les toilettes. Là aussi, on est d’accord il y a beaucoup de mieux. De l’eau, des toilettes décentes, c’est bien mieux qu’avant. Mais le nombre, les amis, le nombre. Certes, on se doute que plus de toilettes ne fera pas forcément venir tous les pisseurs de barrière (et il y en a !), mais le ratio entre les toilettes disponibles et le nombre de festivaliers est somme toute dérisoire (voire désopilant).

Route du rock jeudi 3Et ce vendredi soir, avec un Fort plein comme un œuf pour Portishead, on craint le marasme. Tout comme pour le passage de Metz sur la scène des Remparts juste après la tête d’affiche. Certes vous avez pris en compte les couacs de l’an dernier concernant l’exiguïté de l’espace dégagé et les flux de circulation problématiques autour de cette scène. L’orientation de cette année est meilleure et ce jeudi tout a eu l’air de plutôt fonctionner. Certes il fallait un peu de temps pour rallier le devant de la scène, mais avec un peu de bonne volonté et des bottes c’était jouable ce jeudi. Qu’en sera-t-il ce soir juste après Portishead, entre fans de Metz, curieux qui viennent pour tout voir et fans de Portishead qui s’en iront après le concert du trio par le même chemin ?

Enfin, parlons de bottes et de cirés. La boue vous n’y pouvez rien. La pluie non plus. Toujours pas. Mais prévenir vos festivaliers de prendre, on ne dit pas un k-way, tout le monde peut se prendre en charge, mais d’expliquer que le site est boueux et les inviter à choisir entre tongs et cirés en connaissance de cause pourrait être bienvenu. Là encore, on parle pas pour nous, on se la joue vieux briscards. On sait aussi que vous jouez vos entrées et la fréquentation et que ce n’est pas facile. Mais vous savez faire un peu de comm’, non ? Un truc rigolo sur les bottes, ou sur l’état déplorable du Fort, ça doit être facile à faire. Certains festivaliers auront peut-être ainsi plus l’impression que vous êtes avec eux dans cette galère plutôt que d’être pris en otage (comme ont pu nous le montrer quelques échanges avec certains d’entre eux).

La Route du Rock, on vous aime. Vous avez une belle programmation, pas toujours facile à défendre. Et c’est d’abord pour elle qu’on vient (et les copains). Pour la musique que vous défendez. Passons donc au compte-rendu musical. Parce qu’on vous l’avoue, c’est d’abord ça qui nous intéresse.

Et la musique alors ?

Angel OlsenBon, on ne mentira pas, les tout premiers morceaux d’Angel Olsen on ne les aura pas vus. On les aura entendus, certes, mais, réfugiés que nous étions sous une tonnelle métallique improvisée pour s’épargner quelques trombes tombant du ciel, on ne distinguera tout d’abord qu’un balayeur à serpillère épongeant la petite scène des Remparts, certes pas en rythme, mais avec une belle frénésie. On en conclut pourtant que sur scène, la miss ne joue pas seule et a su étoffer sa folk inspirée comme elle l’avait fait sur son dernier album en date, Burn your fire for no witness (2014).

Accompagnée par une bassiste aux chaussures protégées par des sacs poubelles ainsi qu’un second guitariste et un batteur, l’Américaine donne en effet un poil plus de puissance à ses jolies compositions, ne s’interdisant pas néanmoins quelques moments de folk dépouillée et envoûtante. Sur scène, l’ancienne choriste de Bonnie Prince Billy affiche un sourire et une bonne humeur sans faille, levant son verre avec les festivaliers à plusieurs reprises, riant à gorge déployée, malgré les aléas techniques bien certainement dû à l’humidité (ah tiens plus de guitare, ah tiens, plus de voix…), plus tard une serviette sur la tête, et ne se laisse troubler d’aucune manière, profitant simplement d’un moment de plaisir partagé avec une foule qui a enfin pu tomber la capuche. On apprécie tout particulièrement la très belle voix de la jeune femme à la Gibson noire.

« You could change my mind with just a smile » chante-t-elle sur Stars. C’est un peu ce qu’elle a fait ce soir pour une bonne partie de festivaliers, trempés par l’averse, les pieds dans la boue mais le sourire aux lèvres. Une jolie entrée en matière.

The War On DrugsBon, autant l’avouer tout de suite, nous ne sommes pas des inconditionnels du classic rock de The War on Drugs. Mais la production particulièrement soignée et étoffée du dernier album du groupe de Philadelphie, Lost in the dream, avait réussi à titiller notre curiosité. Malheureusement nous n’avons jamais réussi à rentrer dans le concert : la faute tout d’abord à un son bien dégueulasse, avec des basses qui grésillent et une mélasse sonore qui ne nous aura pas permis d’entendre une seule note des cuivres. La faute ensuite aux conditions post-apocalyptiques (qui expliquent probablement ce son pourri) : l’humidité du devant de la scène, protégé tant bien que mal par des mètres de sacs poubelles, a obligé les musiciens à jouer loin, très loin de nous. Des conditions qui donnent la sensation qu’ils ont en partie joué avec le frein à main (il suffit de voir l’inquiétude d’Adam Granduciel, couvrant son micro avec une serviette pour éviter de se prendre un coup de jus). Mais si tous ces éléments ne nous ont pas mis dans de bonnes conditions d’approche, l’ennui qui nous a progressivement gagné tient aussi aux compos du groupe, beaucoup trop classiques et dénuées d’une quelconque originalité. C’est pro, certes, mais le jeu affreusement stéréotypé du batteur et les envolées de piano ont sérieusement entamé notre résistance. C’était sans compter sur les interminables soli d’Adam ponctuant chacun des morceaux, et qui ont fini par nous décourager définitivement.

 Kurt Vile & The ViolatorsOn avait alors bon espoir de se réchauffer avec l’ancien compagnon de route d’Adam Granduciel, Kurt Vile and the Violators. Son dernier album, Wakin On A Pretty Daze est bien foutu, avec des compos pop-folk étirées à l’envie, quelques touches de psyché et une voix singulière. Mais là non plus, la mayonnaise ne prend pas : un démarrage incroyablement poussif, avec des titres au tempo lent. On se demande même comment est-ce possible de commencer un set aussi mollement (on se rendra compte assez rapidement que la quasi-intégralité du concert sera à l’image de cette entame en mode diesel…). Le coup de grâce arrive dès le deuxième morceau, Walkin On A Pretty Day, interminable comme une pluie d’automne, et ponctué d’agaçants « yeah, yeah, yeah ». Le reste du concert sera à l’image de ce démarrage poussif : prodigieusement monocorde, ponctué là encore de soli racoleurs, avec une pointe d’esbroufe sur la guitare acoustique. Il ne se passe pas grand-chose sur la grande scène du Fort et on frise l’ennui. On finit par rejoindre le stand des labels (on vous en reparle très vite), pour prendre un recul salvateur sur l’avant-dernier titre du concert : le premier (et dernier) morceau un peu plus « énervé » mais tout aussi pénible (mention spéciale pour l’utilisation tout aussi désagréable qu’inutile du saxophone). Le dernier morceau joué en solo par Kurt Vile nous rappelle pourquoi on avait écouté attentivement son dernier album, mais ça ne suffira malheureusement pas à sauver les meubles. Un concert désespérément décevant.

Real EstateLes accords limpides d’Atlas, troisième album des américains de Real Estate ayant ensoleillé nos platines tout au long de cet été, nous étions forts curieux de découvrir ce que valait le groupe sur scène. Si ces cinq garçons fringués comme l’as de pique ne payent vraiment pas de mine de prime abord et que ça fausse un poil sur le début de concert, le charme prend pourtant vite le dessus. Les accords de guitare cristallins du merveilleux Had to hear et le refrain enivrant de Talking Backwards porté par la voix enjôleuse de Martin Courtney, nous mettent vite des étoiles dans les oreilles. Tout en délicatesse et en retenue, la bande brode une pop chatoyante et subtile, quelque part entre la préciosité mélodique des Belle & Sebastian et l’énergie pétillante des Feelies. Cette belle bulle manque d’exploser à cause d’une interminable interruption pour cause de guitare en rade, mais la section rythmique meuble du mieux qu’elle peut et dès la reprise avec le très bel instrumental : April’s song, la magie opère à nouveau.
C’est avec une infinie douleur que nous nous éclipsons en douce sur leur dernier morceau. C’est, hélas, le prix à payer pour ne pas être trop loin de l’épicentre de la tornade qui va suivre.

On a déjà dit tout l’amour qu’on portait à la centrifugeuse John Dwyer dans ces pages, à la faveur d’albums, eps, etc troussés avec un talent sans faille à un rythme stakhanoviste et de concerts plein de bruit et de sueur (pardon Faulkner) qui nous ont hachés menu menu. Les Thee Oh Sees ont en effet une carrière longue comme le Golden Gate aller-retour derrière eux, avec, déjà, plusieurs changements de noms (OC’s, The OhSees, The Ohsees, entre autres) et pas loin d’une trentaine de galettes (lps, eps, ou autres compilations de singles confondus) dans leur besace. Leur dernier né, Drop (avril 2014) remettait ainsi une nouvelle fois le couvert avec neuf titres qui s’imposent déjà comme des classiques à la seconde écoute, et ce malgré une interruption annoncée en décembre. Un déménagement à L.A. calé dans l’intervalle, l’insolent Dwyer revient sur la scène de la Route du Rock avec un nouveau line-up mais toujours la même fureur électrique. Des mélodies hors-pair, des riffs qui vous donnent en même temps envie de vous rouler par terre et de vous déhancher en perdant toute décence, des fulgurances pop, des striées psychées, de la crasse garage, des soli hallucinés, une basse démente et des « lalalala » ou des « ouh ouh » hurlés à tue-tête. Sans oublier quelques ralentissements parfaitement sentis, avant de repartir de plus belle affronter des déluges électriques.

Thee Oh seesOn hurle de concert avec ce diable de John Dwyer qui n’est pas en reste sur la scène : l’homme bouffe son micro et décoche ses accords à toute berzingue sur sa guitare. Sorte de pantin épileptique désespérément classe, la langue sortie en headbanguant crânement, John Dwyer alterne voix grave et voix de tête, et déclenche l’adhésion avec des riffs garage, juste démentiels. Le nouveau batteur n’est pas en reste et frappe lui aussi comme une bûche tandis que le bassiste, oh la la le bassiste, tricote son manche de haut en bas avec une maîtrise du feu de dieu. Ajoutons à cela quelques notes sur un synthé astral jouées par le Sieur Dwyer. Le bourricot repart alors maltraiter ses cordes qui tour à tour hurlent, rugissent, puis descend en dérapage contrôlé le long du manche avant de vrombir de puissance. Dwyer maître ès hurlements et hululements se donne une nouvelle fois avec une énergie furibarde. Pourtant, on reste un tantinet sur notre faim. D’abord parce que le son (alors certes, on n’était pas pile poil au milieu) n’est pas à la hauteur : à plusieurs reprises le chant est inaudible, ou partiellement inaudible, pour être plus exact, ce qui vous donne des mélodies amputées de leur moelle, ou l’image d’un type qui hulule dans son micro sans le son. Pénible. Et c’est aussi à certains moments, la même chose pour la guitare dont les soli dantesques se perdent parfois dans une bouillie basse-batterie. La musique de Thee Oh Sees vaut bien mieux que ça et ce n’est pas parce que c’est du garage qu’on doit se permettre d’envoyer valdinguer les exigences quant à la sonorisation. C’est surtout dommage parce qu’on l’a dit, la musique de Dwyer tout en finesse vaut bien plus que ça. Un tantinet sur notre faim ensuite parce que si le set est bon, il semble expédié et plié en deux temps trois mouvements pour répondre à des contraintes horaires. Le trio commence certes 5  minutes en avance, mais le set s’achève vite, trop vite sur un trio qui commence à plier les gaules et les jacks à toute allure, après 45 minutes sur scène. On imagine que le rythme des tournées est parfois insoutenable. Dommage, on en aurait bien repris un petit peu. (et puis, c’est tout personnel, mais on préfère la centrifugeuse Thee Oh Sees dans une salle de dimension plus restreinte -oui, l’Antipode-, ou certes, il est possible de reconstituer l’ADN de tous ses voisins/du groupe en sueur après coup, mais où on est juste à 5 mètres des frontmen…)

The fat white familyNous aurions vraiment bien aimé nous amuser (même salement) avec les affreux branleurs de The Fat White Family. Hélas, le punk rock gras de ces brixtoniens nous reste vite sur l’estomac. Pour sortir du lot dans ce style, soit vous avez un sacré sens de la compo derrière le bordel, soit vous avez une rage dévastatrice et communicative. Les zozos n’ont ni l’un ni l’autre et nous nous lassons très vite de leurs gimmicks éculés et bouches-trous étirant inutilement des morceaux déjà trop longs. On oublie tout ça très vite en se vengeant sur une innocente barquette de frites.

Il est déjà presque 1 heure du matin et nous comptons fermement sur les Canadiens Caribou pour nous faire oublier le froid qui monte dans nos bottes. On retrouve l’artificier Dan Snaith entouré de sa bande habituelle : un batteur, un bassiste et un guitariste/clavier. Les mêmes qui nous avaient déçu en 2008 à une édition hiver de la Route du Rock avant de nous remettre les pendules à l’heure en 2010 dans ce même fort avec une prestation explosive qui nous avait fait danser comme de beaux diables jusqu’aux petites heures.

caribouLe quatuor, comme à son habitude tout de blanc vêtu, va vite dissiper les quelques doutes qui nous faisaient craindre le retour d’un set mollasson plombé par d’interminables solis de batterie. Le concert utilise avec une redoutable efficacité le savant mélange d’électro-pop rêveuse et mélancolique et d’électro tout en finesse et en rythmiques organiques. Avec une précision redoutable, le monsieur enchaîne morceaux déjà connus et aperçus de Our Love son prochain disque à sortir en octobre. On a ainsi le bonheur de se faire emporter par la cloche diabolique de Bowls où l’invocation extatique et radieuse de Sun, dans de superbes versions remaniées. Nos jambes se font instantanément plus légères et les têtes oscillent langoureusement en fermant les yeux, sourire aux lèvres. D’autant plus que les compos dévoilées ne sont pas en reste. Le suave Can’t do without, premier extrait récemment dévoilé sur le net, nous donne des fourmis dans la bassin. Le morceau de bravoure sera pourtant Our Love, titre donnant son nom au futur disque et dont l’immédiateté laisse pantois. Un très beau moment de danse extatique et chaleureuse, soit exactement ce dont nous avions besoin à cette heure là de la soirée.

Dans les performances qu’on avait le plus envie de voir, il y avait Darkside. Car l’électro lente et sexy du duo new yorkais d’adoption est une véritable odyssée déglinguée, entre craquètements et souffles, textures élimées et basses hypnotiques au groove malsain (Psychic, 2013). Formé du minot prodige Nicolas Jaar (Space is the only noise en 2011, mais aussi de nombreux lives extatiques ont forgé la réputation de cet americano-chilien) et de Dave Harrington, le guitariste-bassiste qu’il engage pour jouer Space is the Only Noise, Darkside se fait d’abord connaître avec un ep 3 titres (Darkside ep, 2011) sacrément bien reçu par la critique, mais également en juin 2013 avec un long remix iconoclaste et détraqué du dernier album des Daft Punk (Random Access Memories) sous le pseudonyme de DaftSide. Avant la sortie du premier véritable long format du duo, petit bijou d’electro spatiale lente et funky donc. Pourtant, malgré nos attentes, une ultime averse a raison de nos dernières forces et nous quittons le Fort, penauds, le poncho une nouvelle fois vissé sur la tête, statues mouvantes de boue en mode zombie, sans avoir rien entendu du duo. Il faut garder des forces pour les jours suivants.

Retrouvez tous nos articles sur La Route du Rock, avant, pendant et après le festival ici.

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La Route du Rock Collection Eté 2014 du mercredi 13 août au samedi 16 août.

Plus d’1fos : http://www.laroutedurock.com/

2 commentaires sur “Route du Rock 2014 – Compte-rendu du jeudi : Bottes is not dead

  1. Mat

    Heureusement pour vous, vous n’êtes pas au camping!

  2. Fab

    J’ai arrêté le camping dégueu il y a quelques années. Là je vais définitivement arrêter les parkings piégeux. Je vais aussi sérieusement songer à fuir ce festival merdeux. Au début t’en rigoles, mais éditions après éditions… on marche sur la tête tellement c’est géré en amateur. Les prix montent, les services aux festivaliers descendent… les accès sont à chier, la bouffe (leur sélection tout du moins), les chiottes, le son sur la petite scène… enfin bref…

    Foutage – de – gueule !

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