Route du Rock 2014 – Apéro musclé dès mercredi

Ought_photo presse par Victoria DavisPour débuter cette nouvelle édition sur les chapeaux de roue, la team de la Route du Rock vous propose de nouveau une première soirée en guise d’apéritif (musclé) à La Nouvelle Vague dès ce mercredi 13 août à St Malo.

Pour ouvrir cette collection été, on mettra en effet les potards à fond avec les Québécois de Ought. Sur Constellation, mais davantage versant doigts dans la prise que longues envolées post-rock contemplatives, Ought a sorti (après quelques titres en 2012 pendant le Printemps d’Érable) un premier album rageur étonnamment équilibré More than any other Day en avril dernier.

Dru et rêche, le rock tendu de ces Montréalais joue la carte du post-punk bancal, basculant d’un Habit à la David Byrne/Talking Heads aux riffs Sonic Youthien d’un Around Again (grand morceau !) en passant par des guitares façon Feelies accommodées à l’urgence d’un phrasé new yorkais allant de Television aux Strokes, quitte à flirter avec Gang of Four sur quelques titres. Tim Beeler alterne d’ailleurs chant mélodique avec un phrasé parlé et fiévreux, se permettant même parfois de susurrer ses maux dans un souffle vicié. Avec en plus, on l’a dit, un bel équilibre trouvé sur la longueur de l’album entre rage incandescente et climats plus lents (à la tension tout aussi palpable). Une belle manière de débuter cette édition tambour battant.

The Walkmen @ Route du Rock - alter1fo

D’autant que juste après, c’est le leader des ex-Walkmen Hamilton Leithauser qui viendra nous ramoner les sens. Les Walkmen, c’était un peu une autre manière de voir (et de faire) la pop. Un peu à la façon de leurs voisins de The National, avec une insolence classe et une apparente désinvolture. Mais qui creusait profond, à la manière de la voix d’Hamilton Leithauser, son chanteur guitariste donc, qui, d’un refrain urgent vous déplaçait le cœur dans l’estomac. Une voix fissurée et solide à la fois, une voix qui savait crier, pour de vrai, et vous écharder la gorge. Une voix qui s’envolait sur une piste de décollage de mélodies troussées avec talent, des chansons pop tout à la fois exigeantes et évidentes.

Hamilton Leithauser est désormais sans ses Walkmen (qui avaient, en 2012, sacrément retourné le Fort St Père), mais pourtant, s’est-on dit à l’écoute de son album solo Black Hours (sorti en juin), pas grand-chose n’a changé. Alors certes, on l’a lu ici et là, le New Yorkais se pose peut-être davantage en crooner, mais franchement, ne nous laissons pas abuser par son costume à la Sinatra sur l’artwork ou par les doo-wop de I Retired : Hamilton Leithauser reste le même. Une voix toute en tension sous-jacente qui affleure sous l’élégance de mélodies raffinées (cette fois-ci troussées à l’aide d’un Fleet Foxes, d’un Dirty Projectors, d’un Vampire Week­end et d’un Shins) et garde le même cap, celui d’une pop toujours exigeante et accessible.

Francois & The Atlas Mountains 07Pour finir la soirée, on retrouvera Frànçois and The Atlas Mountain, autrement dit François Marry et ses quatre acolytes multi-instrumentistes. Peut-être un peu éclipsé par le succès du single La Vérité, Piano Ombre, troisième volet d’une sorte de trilogie qui commençait avec Plaine Insondable (Talitres, 2009), puis E Volo Love (Domino, 2011), est pourtant un album aux multiples ambiances. La pop en français des Charentais s’y fait peut-être moins africaine que sur E Volo Love ou Plaine Insondable, mais pas tant que ça (pour preuve au hasard les rythmiques de Summer of a Heart ou La vie Dure flirtent tout autant avec celles d’antan). Elle continue pourtant de mêler en un même chaudron pop française à la ligne claire, mélodies à la facilité anglo-saxonne et ouverture bienvenue aux structures et sonorités d’ailleurs.

Ce Piano Ombre part ainsi lui aussi en ballade, cheminant des dérèglements soniques planqués dans Fancy Foresight évoquant la transe d’un disque dur, aux cordes et piano de pop rêveuse et romantique d’un Bien Sûr ou La fille aux cheveux de soie, en passant par les cuivres de l’épatante ouverture Bois, sommet introspectif mésestimé de ce nouvel album. Surtout qu’en live, cette pop sautille constamment d’un pied sur l’autre et vous convie dans la danse (voire la transe). On gage que la prestation des Charentais sera une belle manière de se mettre dans l’esprit du festival estival (d’autant qu’à La Nouvelle Vague, vous serez à l’abri de tout caprice météo).

Retrouvez tous nos articles sur La Route du Rock, avant, pendant et après le festival ici.

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La Route du Rock Collection Eté 2014 du mercredi 13 août au samedi 16 août.

Plus d’1fos : http://www.laroutedurock.com/

 

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