Patchrock embellit les Champs Libres

Le festival des Embellies ne pouvait pas mieux débuter : lors de ce Dimanche Embellies, Patchrock nous a offert un magnifique feu d’artifice, fait de multiples propositions artistiques. Incontestablement l’un des Premiers Dimanches les plus réussis depuis la création de l’évènement.

Tout d’abord grâce à une organisation millimétrée : lorsqu’il faut jongler entre une multitude de concerts et ateliers, on apprécie de pouvoir organiser son parcours selon ses envies et la redoutable ponctualité des organisateurs nous aura permis de tout voir (ou presque…). Et que dire du choix des lieux : du vaste hall accueillant la Chorale Pop à l’intimité de la salle de la Borderie pour le concert au casque d’Ô Lake (cette vue sur les toits de Rennes…), chaque lieu a été choisi avec soin. Chaque recoin des Champs Libres a été exploité : à aucun moment nous n’avons eu la sensation de foule, alors que la fréquentation était pourtant très importante.

On a également apprécié l’originalité des propositions. Les ateliers ont fait le plein tout au long de l’après-midi : Benjamin Le Baron a encadré plusieurs ateliers de Musique Assistée par Ordinateur (il existe même une restitution sonore finale, à écouter ici), Elsa Quintin proposait quant à elle aux plus jeunes diverses pratiques graphiques en musique. Dans un recoin des Champs Libres, les pochettes de disques customisées se sont multipliées sous les mains expertes de l’Atelier du Bourg.

En passant d’un espace à l’autre, les visiteurs pouvaient (re)découvrir une rétrospective des superbes affiches du festival, notamment les incontournables visuels de Yoann Buffeteau, ou encore les photos des concerts emblématiques à l’occasion des 20 ans de l’association Patchrock. Et puis les projectionnistes de Vitrine en Cours nous auront une fois de plus régalés avec leurs assemblages de diapos et autres films argentiques, avec notamment un surprenant montage aérien de films !
Une frénésie de propositions qui nous a contraint à quelques impasses (le concert de Lyricx, le documentaire La Mémoire Vive), mais ce n’est que partie remise.

Une large place était accordé aux nouveaux groupes : notre coup de cœur de l’après-midi s’est produit avec un casque sur les oreilles. Sylvain Texier et Gérald Crinon Rogez aka Ô Lake nous ont offert un pur moment de bonheur suspendu. Leur délicate electronica (Portrait of Solitude, à écouter d’urgence) nous a envoutés et s’est révélée être une parfaite parenthèse ouatée dans la frénésie de l’après-midi.

Nous avons pu également apprécier la pop élégante de Soja Triani, duo composé de Tom Beaudouin à la guitare et au chant et d’Amaury Sauvé à la batterie. Une electro-pop classieuse, en français dans le texte, que l’on se surprend à fredonner de longues minutes après (l’excellent minimaliste Bunker).

On a pu découvrir des artistes que nous n’avions pas encore eu l’occasion de voir sur scène : Faustine Seilman a présenté les titres de son nouvel album à paraître le mois prochain, The Nightwatcher. Derrière le piano du Pôle Musique, accompagné par le jeu de guitare subtil de Romain Marsault, le timbre de voix grave et les mélodies délicieusement mélancoliques de Faustine offraient aussi une jolie bulle de douceur aux spectateurs.

On a fait un bref passage dans la salle de conférences pour se prendre de plein fouet le rock dépouillé d’Emilie Zoé, avec le sublime My Shadow On The Wall, avant de laisser le duo à regret, tout en sachant que la séance de rattrapage serait proche (ce vendredi 10 mars à l’Ubu !).

L’une des surprises de la journée, au cœur de la Bibliothèque, était le projet qui nous intriguait le plus sur le papier. Trk_X aka Gérard Kurdian est un étrange projet de musique électronique expérimentale, qui donne à réfléchir sur la résonance musicale des révolutions, qu’elles soient politiques ou sexuelles. Nous aurions aimé avoir le temps de creuser le sujet avec lui, et on ne manquera pas de le faire lors d’un prochain concert. En tout cas, il aura réussi à faire planer une savoureuse nappe ambiant au-dessus des spectateurs et des lecteurs.

Deux moments forts ont inauguré et clôturé cette folle journée : deux créations sous la forme de challenges audacieux, relevés avec une aisance déconcertante.

Tout d’abord, en ouverture, la Chorale Pop a fait résonner les murs du hall des Champs libres avec quelques grands standards pop. Une revisite effectuée conjointement par le sextet Bumpkin Island et par les élèves des différentes classes de l’école élémentaire Moulin du Comte qui se sont succédés sur la petite estrade située derrière les musiciens. On a pu reconnaître, dans le désordre, Belinda, ABC, Boys Don’t Cry ou encore Tombé pour la France. Durant toute l’année, les musiciens de Bumpkin Island conduisent un projet de création avec cette école : l’idée de présenter une première version de cette chorale lors de ce Dimanche Embellies était une idée audacieuse. Pari réussi : il suffisait de lire l’évidente complicité entre les musiciens et les enfants, et les sourires des parents et des spectateurs présents. On a hâte d’assister à la restitution finale en mai !

En clôture, on attendait impatiemment de revoir le duo Ropoporose, notre coup de cœur de l’édition 2016, accompagnés de Grand-Géant. On s’attendait à découvrir un décor, mais ce dernier était en kit à l’arrivée du duo sur scène : une structure derrière eux, plusieurs piles de planchettes de bois colorées à leur pied et un quatuor de décorateurs éphémères autour d’eux. Un set improbable, où l’on retrouvait le rock tendu et furieux de Romain (batterie/chant) et Pauline (guitare/chant) progressivement cernés par une forêt de planchettes, sous les visseuses malicieuses des membres de Grand Géant. Ropoporose et Grand-Géant nous ont gratifiés d’un final à la hauteur de cette merveilleuse journée. Merci Patchrock !

Diaporama d’un Dimanche Embellies (photos : Mr B, Solène & Yann)


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