Gatsby le Magnifique de Francis Scott Fitzgerald

Gatsby le Magnifique de Scott Fitzgerald aurait pu figurer parmi les Contes Cruels de Villiers de l’Isle Adam, tant la cruauté des hommes ou la dureté de notre condition humaine imprègne le récit de Scott Fitzgerald, récit partiellement  autobiographique, et pamphlet au vitriol contre cette société fondée sur la naissance.
Cruels ces invités de Jay Gatsby, dont  Scott Fitzgerald va dresser une liste noire pour ne pas les oublier, certains ne vont ils pas se reconnaître, se voir épinglés au tableau d’honneur des enfoirés, trois pages de noms connus ou très en vus.

La grande bâtisse au bord de l’eau, véritable palace ou palais médiéval, une telle splendeur ne peut être que suspecte, pourtant ils sont  là, tous les soirs, les uns pour être vus, tel  » le pensionnaire », les autres pour jouer et faire la fête, à écouter le Jazz et les groupes les plus branchés de Manhattan.

Cruel est le monde de ces riches familles, qui par jeu, vont et viennent. Douloureuses, sont les rumeurs et les ragots qui enflent derrière son dos, « on dit même qu’il a tué un homme ».
Cruel cet amour fou de Jay Gatsby pour Daisy, ce palais c’est pour elle, pour la faire venir chez lui à East Egg, subjuguer sa duchesse, il n’ose pas l’aborder.

Cette fois, elle habite à l’autre extrémité de Long-Island à West Egg, il voit sa maison, il la contemple à distance au soleil couchant elle s’embrase chaque soir, la lumière verte à l’extrémité de la jetée. Lui, il est à l’autre extrémité de Long-Island.
Il a changé de nom.

Daisy l'insaisissable, il rêve de reconquérir.
Daisy l’insaisissable, il rêve de reconquérir.

Des semaines après, des années après, cette rencontre où il est tombé amoureux d’elle, il était jeune soldat, ce qu’ils ont échangé elle ne peut l’avoir oublié, malgré le temps malgré sa pauvreté. Depuis ce jour elle deviendra son obsession, son nirvana, sa délivrance, il en est fou d’amour.
Comme un désespéré il demande à son voisin devenu ami, Nick, d’organiser la rencontre fortuite, cette rencontre devient l’ultime espoir de la rencontrer.

Cet amour le hante et cette désespérance ne l’a jamais quittée, comme tout ce qu’il a entrepris de plus extravagant est fait pour l’éblouir, de sa richesse de sa réussite et la reconquérir, jusqu’au jour où tous les deux dans cette voiture si belle, elle conduisait trop vite.

Cruels ces meurtres parfaits, comme le légitime sort de ceux qui n’ont pas de fortune ou de fortune légitime. Meurtres car l’une tue Wrinkel Wilson la maîtresse de  Tom Buchanam, son mari, et le mari de Wrinkel Wilson tue son amant par procuration ! Deux imbéciles aurait dit Tom. Lui « en dehors de son garage il ne voyait rien », sauf ce jour là ! Où bien plus tard à Nick il dira « ce type l’avait cherché, c’était une crapule ». » La vérité était autre mais cela n’était pas dicible ».

Cruelle cette mort dans l’indifférence, il n’était pas de leur monde. Seul Œil de Hibou, l’invité tombé amoureux de la somptueuse bibliothèque de Gatsby où il avait pris l’habitude de se réfugier, est présent le jour des obsèques. Pas un de ses « amis », ceux de la longue liste des intimes ne se retrouve là, les seuls noms que Nick a connu ne veulent pas se montrer, n’étaient ils pas tous là avant hier.

A côté de son père il y aura le prêtre et Oeil de Hibou puis Nick son seul ami, la Bérézina.

« Son rêve avait du lui sembler si proche qu’il ne pouvait plus manquer de l’empoigner. Il ne savait pas que le rêve était déjà derrière lui, quelque part dans la vaste obscurité au-delà de la ville, où les champs noirs de la république s’étendaient toujours plus loin dans la nuit. »P202

Et comme ce rêve américain qui flambera à Manhattan en 29, il ne sera pas le même pour tous! 2016 comme un remake de ce magnifique roman culte.

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