Une maraude avec les Gamelles Pleines… d’espoir, à Rennes !

19h00, place de la République, à Rennes. L’équipe est au complet… Comme tous les 15 jours, la maraude peut commencer. Avec leurs seaux remplis de croquettes pour chiens et leurs gilets roses fluo (tendance leader du Giro), il est difficile de ne pas les voir. Elles, Eux ? Ce sont les bénévoles de l’antenne locale de Gamelles Pleines. Cette association lutte contre l’exclusion sociale des personnes en situation de précarité en intégrant la dimension animale. Ce qui est rare pour en parler ! En effet, alors que l’on observe une nette augmentation du nombre d’animaux, en particulier les chiens, accompagnant les personnes sans domicile,  les réponses institutionnelles et sociales restent insuffisantes et inadaptées à la prise en charge du binôme « homme-chien ». Rencontre, un soir de maraude…

Parce que l’animal est souvent le dernier lien social des plus défavorisés, ces derniers ont un grand sens du sacrifice envers lui. Combien sont-ils à sacrifier leur repas pour pouvoir nourrir leurs chiens ? Combien sont-ils à rester à la rue, même par grand froid, plutôt que d’être dans un foyer mais en étant obligés de se séparer de leurs compagnons de route ? C’est à partir de ce constat que GAMELLES PLEINES est née. D’abord à Caen, sous l’impulsion de Yohann Sévère et puis, l’association s’est muée en fédération nationale et s’implante, petit à petit, un peu partout en France.

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À Rennes, GAMELLES PLEINES va bientôt fêter ses trois années d’existence. Avec Charlotte, une énergique présidente au commande aidée d’une dizaine de bénévoles, l’association assure des collectes d’aliments et de matériel (croquettes, laisses, colliers…) jusqu’au suivi médical (vaccins, stérélisation…) pour les chiens des personnes sans domicile ou en grande précarité.

D’ailleurs, les bénévoles se dirigent maintenant vers le parking de la Vilaine où un petit groupe de personnes SDF les attendent. Il y a, entre autres, Jean-Pierre et Nino, deux figures bien connues du centre-ville. On se dit bonjour. Ici, des poignées de mains, par là, on réclame la bise. Quand d’autres versent déjà les croquettes dans les gamelles, certains discutent de la santé des chiens. La petite chienne Nougatine semble avoir peu d’appétit aujourd’hui.

Au fur et à mesure, l’animal n’est plus exclusivement au centre des conversations, certains vont se livrer à la confidence, d’autres reçoivent des renseignements précieux. « On le voit bien, une personne SDF fera davantage d’efforts pour l’animal que pour lui. C’est sa priorité de tous les jours. Au cours de nos maraudes, parler de l’animal permet d’entrer en relation plus facilement avec son ou sa propriétaire… L’animal devient  comme un compagnon d’insertion puisqu’il nous permet ensuite de leur parler des structures sociales qui peuvent les aider… » nous confie Charlotte.

C’est d’ailleurs un postulat de base ! L’association ne conçoit pas d’aider un animal sans que le maître le soit également. GAMELLES PLEINES vient toujours en complément des aides et des services proposés aux personnes en difficultés. Une participation financière même symbolique est également  demandée aux bénéficiaires lors des distributions de nourriture (1€ les 2 Kg) ou des soins médicaux (vaccins…)

Charlotte (Présidente de Gamelles Pleines Rennes) : « Pour obtenir  un service de notre part (nourriture, vaccin…), la personne concernée devra d’abord se diriger vers une structure et rencontrer un travailleur social. C’est la première démarche à avoir et c’est sur cela que l’on communique lorsque nous sommes en maraude. L’intérêt dans tout cela est bien d’accompagner la personne vers une réinsertion. »

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C’est grâce aux dons de particuliers et par les invendus de grands magasins (type TRUFFAULT, CORA…) que l’association (NDLR : avec le support et concours de Breizh Aide et de Breizh Phenix) arrive à dristribuer des croquettes : plus de 500 Kg par mois dans  différentes structures dont le restaurant social Leperdit dit « Le Fourneau ». Pour les subventions de la ville, on repassera ! 200 € cette année, l’équivalent du tarifs de 4 vaccins. C’est beaucoup trop peu, l’association tourne en moyenne à 8 vaccins par semaine.

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Aujourd’hui, le bilan financier est tristement morose. Il ne reste plus rien. Ces derniers mois, l’association a du faire face à une épidémie de parvovirose, une maladie infectieuse chez les chiens, très contagieuse et fréquemment mortelle. GAMELLES PLEINES se voit donc contraint d’arrêter les soins vétérinaires en attendant de se renflouer… Mais qui reste pour prendre la suite ?? (NDLR : on en profite pour partager un appel aux dons via une cagnotte ici). 

Charlotte (Présidente de Gamelles Pleines Rennes) : « Pour briser l’isolement, pour se sentir moins seules et un peu plus en sécurité, de plus en plus de personnes sans abri adopte un animal. Pourtant, les structures sociales n’évoluent pas que ce soit dans le cadre de la formation, dans les moyens mis en place et dans la prise en charge. A part Vétérinaire Pour Tous qui agit bénévolement à travers des campagnes de vaccination et de stérilisation, il n’y a pas de professionnels pouvant répondre aux problématiques des animaux. Or il y en a de plus en plus !  C’est un peu le serpent qui se mord la queue… C’est encore une association qui doit prendre le relais et y faire face. Il y a un vrai problème à mon sens… »

Le paradoxe aujourd’hui est bien que malgré les bienfaits connus tant physiques que sociaux ou que psychologiques, le chien reste encore une barrière à la réinsertion et l’accès à un logement du fait du manque de réponses institutionnelles et sociales capables d’accompagner ces personnes avec leurs compagnons canins dont ils ne veulent pas se séparer…


Paroles de bénévoles (David)


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