[INTERVIEW] : À Rennes, on économisera bientôt sur le dos des morts…

Bien vivre à Rennes est-il un slogan devenu obsolète ? La question volontairement provocatrice mérite d’être posée car depuis que la nouvelle majorité écolo-socialiste-tendance-Jadot-Hidalgo a pris les rênes de la ville, les conflits sociaux s’enchainent à la vitesse LGV. 

Entrée du cimetière de l’Est

Ainsi, les week-ends, il est parfois impossible de faire quelques longueurs dans la piscine municipale de Bréquigny+d1fos, de profiter de la bibliothèque des Champs-Libres+d1fos et encore moins de prendre le bus+d1fos. C’est d’autant plus étonnant que la Maire et Présidente de la Métropole, Nathalie Appéré, ne cesse de vanter à qui veut l’entendre sa méthode du « vivre en intelligence », composée d’une pointe de dialogue et d’un soupçon de concertation. Il faut croire que la machine s’est enrhumée. La faute à qui ? Surement pas à celles et ceux qui luttent. Le variant breton, peut-être ?

Malgré des tentatives de pourparlers et des coups de coude complices, rien n’y fait. Là-haut, sous les dorures de l’hôtel de ville, ça tient le cap. Torse bombé et menton haut, ça ne fléchit pas face à la contestation. Au mieux, l’essoufflement ; au pire, l’enlisement. Mais toujours les mêmes perdant·e·s : les rennais·es.

Entrée du cimetière de l’Est

Alors que la pause estivale vient juste de prendre fin, nouveau coup de massue. Juste derrière la tête. Là où ça fait mal. On apprend que la municipalité souhaite priver les rennais·es d’une mission de service public, celle du fossoyage, en externalisant l’activité vers les entreprises privées de pompes funèbres !

D’où ça sort, on ne sait pas trop mais apparemment, en cette période de presque-fin-de-crise sanitaire, c’était LE dossier ultra-prioritaire à traiter au plus vite. Un comité technique doit en effet se tenir dès le 30 septembre pour entériner la décision, soit 20 jours seulement après l’annonce. « Ils ont la volonté d’aller très vite », explique Stéphane Morandeau, syndicaliste Sud à la Ville de Rennes. Les 7 personnes qui interviennent sur les trois cimetières rennais (Est, Nord et Saint-Laurent) devront donc subir un reclassement forcé d’ici 2022 alors qu’elles sont toutes très attachées à leur profession.

La ville expliquera comme à son habitude avec des mots soigneusement choisis et les meilleures intentions du monde que c’est pour le bien de la communauté, il n’empêche. La conséquence directe sera une augmentation du coût des obsèques pour de nombreuses familles. Exemple, le creusement pour une personne dans le public est tarifé actuellement autour de 180 euros. Dans le privé, il faudra compter le triple, entre 500 et 600 euros. Personne n’est dupe. La ville fait donc des économies de bouts de chandelles sur le dos de celles et ceux qui n’en ont pas, ou si peu. Et voir Nathalie Appéré se réjouir dans les colonnes du Ouest-France de la création de 40 nouveaux postes dans les rangs de la police municipale+d1fos quand, dans le même temps, on supprime un service utilisé par les plus précaires laisse un goût disons… amer, pour le dire sans gros mots.

Pour en savoir plus, Stéphane Morandeau, syndicat Sud des agents de la ville de Rennes, Sylvain Blanchet, responsable d’équipe fossoyeur et Virginie Barrois, déléguée syndicale ont expliqué en détail la situation.

« Pas de profit sur nos morts ! »

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1 commentaire sur “[INTERVIEW] : À Rennes, on économisera bientôt sur le dos des morts…

  1. M

    Bonjour,

    J’ai arrêté la lecture de cet article à partir de « écolo-socialiste-tendance-Jadot-Hidalgo ».
    Avez-vous suffisamment de mépris pour vos lecteurs pour vous permettre de nous infantiliser de la sorte ? Vous imposez d’entrée de jeu une vision qui sent mauvais le manque de prise de recul.
    Chaque personne qui a la prétention de divulguer de l’information doit savoir, à chaque article, prendre de la hauteur afin de rester objectif. Au delà d’un savoir faire, c’est presque philosophique.

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