[24 Mai 2017] – Un jour, une photo… Une chapelle comme lieu de culte… du corps

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Rue Brizeux, Rennes

Le slogan inscrit sur la banderole à l’entrée annonce la couleur : « Envoyez vos calories brûler en enfer ». Du sang, du labeur, des larmes et de la sueur !!! Rue Brizeux, l’ancienne chapelle de l’ordre des Clarisses, également connu sous le nom des « Pauvres Dames » ou des « Pauvres Clarisses », va être transformée en un temple dédié au culte du corps. En effet, une célèbre enseigne du fitness viendra y entreposer à l’intérieur quelques vélos, rameurs, steppers  et autres objets de tortures pour tout adepte de la dixième Satire de Juvénal « un esprit sain dans un corps sain ».

Pour rappel, après le départ des dernières sœurs Clarisses en 2014, le groupe Giboire (encore eux !!!) avait  racheté les 6000 m2 de l’ancien couvent pour les réaménager en 185 appartements haut de gamme – vendus au prix de 5500 € le m2. Seuls, le cloître, le noviciat et la chapelle en schiste ont été conservés. Certaines mémoires se souviendront encore que durant l’entre-deux-guerres, les « Clarisses » distribuaient chaque matin soupe chaude et casse-croûte aux personnes les plus démunies de la ville. En 1937, par exemple, 50.000 repas avaient été distribués.

[24 Mai 2017] – Un jour, une photo… Une chapelle comme temple du culte du corps…

« Une image vaut mieux que mille mots ». Cette toute nouvelle rubrique à Alter1fo, « 1 jour, 1 photo » n’ira pas à l’encontre de la citation de Confucius puisqu’elle laisse une place importante aux instantanés de vie figés par les appareils photographiques et le regard de nos rédacteurs.

⇒ L’album sur flickr ici :

un jour, une image

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1 commentaire sur “[24 Mai 2017] – Un jour, une photo… Une chapelle comme lieu de culte… du corps

  1. MORLIER

    Je porte à votre connaissance que cette transformation voulue par GIBOIRE est d’autant plus scandaleuse qu’une offre d’achat respectueuse du Patrimoine lui avait été faite par l’association des amis de la chapelle sainte Claire, délibérément écartée pour y mettre… un commerce ! avec sauna et hammam !! Voici un document où c’est expliqué :

    COPIE DE LA LETTRE envoyée aux Pères Guillou & Blot :
    ==================================================
    (pour plus d’infos, me contacter directement)

    Mon Père,
    Je prends connaissance des nombreux articles de presse et sur internet, concernant l’ancienne CHAPELLE DES CLARISSES.
    Je me permets de réagir à votre propos, notamment celui-ci :
    « Bien sûr, j’aurais aimé que l’on trouve une autre destination, peut-être plus culturelle, à ce lieu, mais la chapelle a été vendue il y a des années et c’est le propriétaire qui décide. »
    « D’abord parce qu’elle se trouve dans ma paroisse, et aussi parce que j’y venais quand j’étais enfant, comme beaucoup de Rennais. C’est un lieu de paix et d’adoration. »
    « Des paroissiens m’ont signalé cette banderole et m’ont fait part de leur émotion, certains se sont même sentis blessés »,
    (OUEST-FRANCE du 25/05/2017)
    Il se trouve en effet que ce qu’il faut bien appeler un scandale d’une certaine manière, l’est doublement ! En effet, ce que vous ignorez sans doute, c’est qu’une offre de rachat de cette chapelle a été présentée à la maison GIBOIRE, et cette offre a été posée par un comité de sauvegarde du Patrimoine (sachant que le diocèse ne pouvait la racheter), dans le but d’éviter une dénaturation du local en lui conservant un usage culturel, (sans exclure même un possible usage pour du spirituel) comme le fait Philippe Abjean pour les chapelles qu’il sauve justement soit d’une destruction, soit d’une dénaturation scandaleuse. Ce projet aurait permis de maintenir un lieu de souvenir et de mémoire, pour ceux qui ont connu dans le passé cette chapelle et ce monastère. Cette offre était de 400.000 EUR + 100.000 EUR de parkings, donc équivalente, en termes financiers, au prix payé par l’Orange bleue (cf. télégramme du 4/05/2017).
    Nous comptions même y installer un petit orgue, en redécouvrant la belle voûte en pierre comme à l’origine, pour organiser des stages d’orgue et de chant ; ainsi que d’autres instruments de musique, avec une professeur de musique.
    Pour une raison indéterminée, la maison GIBOIRE a délibérément écarté tout projet s’apparentant à du culturel ou du spirituel !? Cette volonté était déjà affichée dans un article de Ouest-France du 18 juin 2015. Les seuls usages envisagés étaient alors ceux-ci :
    « La chapelle des sœurs a également été préservée, elle sera vendue. Sa future utilisation n’est pas encore définie. Elle pourrait abriter une activité commerciale ou d’affaires avec des bureaux, un restaurant, une salle de sports ou de grands lofts. »
    Je suis surpris par ailleurs de lire l’avis du Père BLOT, estimant qu’une salle de sport dans cette chapelle, c’est rien moins que « le sens de l’histoire » ! :
    « Donc je ne vais pas m’insurger de voir un club de sport se monter dans une chapelle qui était vide. Bien sûr, j’aurai un pincement au cœur, mais c’est le sens de l’histoire » (20 Minutes)
    Je précise que cette chapelle est listée dans les éléments du Patrimoine rennais par l’Inventaire, et les services de la ville demandent même d’éviter une dénaturation de ces locaux :
    Cf. texte et lien ci-dessous.
    Or, le culturisme n’est pas du culturel (faisant appel aux facultés de l’âme et l’esprit) : faut-il le préciser ? Mélanger les éléments religieux (vitraux, statue, croix du cloitre remise à l’entrée, etc.) avec le culte du corps, dénote une profonde méconnaissance des choses. Ce sont des objets bénits et non pas de vulgaires « pots de fleurs »…
    Si ce « fin connaisseur du patrimoine immobilier rennais » (dixit 20 Minutes), n’est pas plus attentif à défendre les biens du Patrimoine religieux, où va t-on ?
    Personnellement, je suis donc choqué à plus d’un titre dans cette affaire, et je vais informer les journalistes, comme je le fais ici, non pas du « sens de l’histoire », mais d’une intention délibérée de dénaturer un élément du Patrimoine rennais, en méprisant une offre sérieuse de sauvegarde, donc une volonté de mépriser l’histoire et le respect du lieu. Le choix de la maison GIBOIRE n’est clairement pas un choix par défaut, et cela doit se faire savoir. C’est un saccage délibéré du Patrimoine religieux, pour parler clairement.
    Bien respectueusement,
    L. Jean-Bernard MORLIER

    PATRIMOINE D’INTERET LOCAL
    RECENSEMENT DES ELEMENTS
    CLASSIFICATION REALISEE AVEC L’INVENTAIRE GENERAL
    A PARTIR DES ETUDES DE MORPHOLOGIE URBAINE
    ET DU PRE-INVENTAIRE DE LA D.R.A.C.
    Ville de Rennes – Direction de l’Aménagement et de l’Urbanisme P.L.U. approuvé le 17 mai 2004
    Rennes Métropole – Service Etudes Urbaines modifié le 14 mai 2007
    Le couvent des clarisses est répertorié page 14, avec trois étoiles, comme élément de grande qualité patrimoniale :
    Intérêt culturel : « de qualité »
    Intérêt historique : « élevé »
    http://metropole.rennes.fr/fileadmin/rrm/documents/Pratique/Infos_et_demarches/logement__urbanisme/PLU/DOSSIER_C/CVII_-_PBIL/C07_01_PBIL_M2.pdf
    Le présent document récapitule l’ensemble des éléments de patrimoine d’intérêt local répertorié au cours des diverses études conduites dans le cadre de l’élaboration du document de planification et explicitées dans le rapport de présentation. Cette démarche, initiée lors de la révision du Plan Local d’Urbanisme de 1998, s’inscrit en complémentarité de la politique de l’Etat en ce qui concerne la protection du patrimoine national. Il convient de souligner que le travail antérieur a été complété dans le cadre de l’inventaire topographique réalisé par le service de l’Inventaire Général de la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne de fin 1997 à fin 2002. Les données relatives à la connaissance du bâti et à la constitution de la ville sont aujourd’hui importantes sur le territoire communal rennais ; toutefois cette démarche, comme toute démarche patrimoniale, ne peut être exhaustive. Il s’agit ici de mettre en place un dispositif complémentaire de veille vis-à-vis d’édifices repérés comme de qualité pour éviter leur dénaturation, voire leur démolition éventuelle, en lien, bien évidemment, aux enjeux de développement de la ville et de son agglomération. L’approche concernant le patrimoine d’intérêt local est développée dans les différentes parties du rapport de présentation, notamment l’état initial du site (tome 1) et les dispositions mises en œuvre dans le cadre du P.L.U. (tome 3)
    Le document est organisé sous forme de fiches, correspondant soit à un élément bâti isolé, soit à un ensemble de bâtiments. Une classification a été effectuée afin de préciser leur intérêt :
    – intérêt culturel (architectural et urbanistique),
    – intérêt historique.
    Divers niveaux de valeurs sont différenciés qui sont intérêt moyen, de qualité, élevé, exceptionnel. Il résulte de cette approche les trois types de classification suivants :
    – éléments de grande qualité patrimoniale (***),
    – éléments de qualité, inscrits dans certains cas dans un ensemble urbain cohérent (**),
    – élément intéressant relevant d’une simple information (*).
    Outre les données d’identification du bâtiment, ou du groupe de bâtiments, chacune des fiches précise l’intérêt de l’élément patrimonial par un commentaire.
    Il convient de préciser que le document est construit à partir de la classification citée ci-dessus, et que les adresses sont données par ordre alphabétique dans chaque classe :
    – éléments *** pages 2 à 108,

    Synonymes dénaturer
    dénaturer, 12 synonymes
    altérer
    corrompre
    défigurer
    déformer
    fausser
    frelater
    gâter
    mutiler
    polluer
    trahir
    transformer
    travestir

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