Alter1fo cultive son Jard1 : Palm en interview

Alter1fo vous propose de (re)découvrir la scène musicale rennaise à travers une chronique, hebdomadaire le plus souvent. Des talents émergent, d’autres confirment sur la scène locale. Certains les soutiennent, sortent leurs disques, d’autres leur proposent des lieux de concert, de répétition… Alter1fo donne un coup de projecteur à ces artistes, labels, lieux ou assos qui œuvrent d’arrache-pied pour que la scène locale existe. Permettre aux acteurs et aux publics de se rencontrer, donner la parole à ceux qui font la vie rennaise, tels sont nos buts avoués. Chaque semaine, vous retrouverez donc un ou plusieurs focus sur l’un de ces acteurs…

Palm Ep El Sereno

Palm aime les longues routes, les Road Trips à travers les Rocheuses en passant par les Grandes Plaines américaines. Leur musique s’écoute sûrement les fenêtres grandes ouvertes sur le siège en cuir d’un cabriolet rutilant de poussière. Le long des deux bandes jaunes qui sillonnent des miles d’asphalt ? Des cactus bien sûr. Palm rêve d’Amérique et de grands espaces, tout ceci de notre côté de l’Atlantique et nous font presque croire que Rennes (ou Vannes) est en Arizona. Petits frères bretons des grands de Tucson, Arizona, Palm puise ses influences du côté des Calexico, Magnolia Electric Co ou autres Giant Sand. Après un premier album And The Loudest Thing Of All Is Our Own Silent (2011) produit par Steeve Lannuzel (The Craftmen Club), Palm a sorti un tout nouvel EP en janvier dernier, El Sereno, qui creuse un peu plus le sillon de cette americana classieuse. Ils nous font l’honneur de jouer ce vendredi 19 avril pour notre carte blanche au Jardin Moderne en compagnie des non moins excellents Slim Wild Boar. Rencontre.

Palm @ EchonovaAlter1fo : Si vous deviez présenter Palm en quelques mots ou quelques lignes, que diriez-vous ?

Thomas : Pour une écoute pertinente, passez PALM en voiture.

Comment en êtes-vous arrivés à ce projet ? Vous avez joué dans d’autres formations avant ? Quelle est la genèse de Palm ?

Thomas : PALM est vieux d’une quinzaine d’année (anciennement CLERKS, duo puis quatuor plus folk).

La version actuelle du groupe, à six, est assez récente. Le processus d’adaptation des chansons est encore en cours, mais la direction générale adoptée est résolument plus grasse. Y a des yeux dans la soupe.

On vous imagine assez inspirés par des groupes comme Songs : Ohia (Rip, Jason Molina…), Calexico ou encore Magnolia Electric Co. Vous êtes d’accord ? Comment qualifieriez-vous votre musique de votre côté ? Quelles sont les influences que vous revendiqueriez ?

Thomas : Songs: Ohia, Magnolia Electric Co., Calexico, en effet, Giant Sand, Hayden aussi… et puis Edward Abbey ou Sam Shepard pour les thèmes et l’imagerie. Secouez fort, accordez un minimum…

Disons que PALM est une musique pour la route, climatisation en panne, vitres baissées, la ceinture qui colle, la radio, de la caillasse et un peu de temps devant soi.

dirty three - she has no strings apolloTrois disques sans lesquels vous ne pourriez pas vivre ?

Thomas :

. Josephine de Magnolia Electric Co.

. She Has No Strings Apollo de Dirty Three

. Feast of Wire de Calexico

David : il y en a tellement, c’est hyper dur…

. No More Shall We Part de Nick Cave & The Bad Seeds

. The Age Of Adz de Sufjan Stevens

. You Are Free de Catpower

Comment composez-vous ? Vous improvisez ? Chacun fait ses propres morceaux, ou bien l’un d’entre vous arrive avec une partie que vous retravaillez ensemble ?

Thomas : Je propose généralement une chanson nue ; le groupe l’arrange, lui ajoute du poil et du gras au bide. Les parties au piano viennent habiller le tout d’un joli costume.

Vous aviez déjà livré un premier album en 2011. Votre dernier ep El Sereno est sorti en janvier dernier. Quelles étaient vos envies avec ce nouveau disque ?

Thomas : On avait cinq chansons, un peu d’argent et quelques jours de vacances à six. Le business plan n’est pas encore bien défini. L’idée était de passer un bon week-end ensemble, dans une petite maison de location au bord de l’eau.

Palm copyright Isadora - NaOù avez-vous enregistré ? En studio, à la maison ? Comment s’est passé l’enregistrement ?

Thomas : Comme pour l’album et le cinq titres avant lui, on s’est adressés à Steeve Lannuzel, des Craftmen Club, dans son studio de Pontrieux. Les références communes facilitent la compréhension et Steeve est un homme de peu de mots qui travaille très bien.

On a passé quatre jours à se regarder le nombril, en vase clos (littéralement). Un aparté stimulant et plutôt gratifiant.

A priori vous avez un truc avec les cactus. D’où vient l’artwork de votre ep ?

Thomas : De planches botaniques. L’imagerie des chansons s’inspire beaucoup du désert de Sonora. D’où le cactus (Melocactus) sur El Sereno et l’armoise tridentée (Artemisia tridentata) de l’album, que les amateurs de botanique auront reconnue.

Vous avez choisi une sortie vinyl. Pour quelles raisons et à qui avez-vous fait appel pour le mastering ?

Thomas : On partait sur un EP. On a opté pour une jolie version. On s’est fait plaisir. On aura quand même pensé à intégrer un code de téléchargement gratuit, pour la version numérique.

J’ai toujours trouvé galère de changer de face de 33 tours en bagnole.

Le mastering a été réalisé à Cloud City Sound, à Portland, par Justin Phelps – qui a travaillé pour les Dead Kennedys, Cake, The Mars Volta, The Neville Brothers, Desden Dolls… un cador. Là encore, on s’est fait plaisir. Il s’était occupé du master de l’album. On n’a pas cherché plus loin.

Palm Bannière Bancamp Road

Vous étiez programmés à l’Echonova en février dernier. Comment avez-vous vécu ce moment ?

Thomas : L’Echonova nous a proposé un accompagnement sur six mois. Ils nous ont permis d’exploiter les forces vives de leur structure… conseils avisés, locaux, pré-maquétage et finalement soirée PALM, dans le cadre de leur désormais célèbre Apéro Sonore du Jeudi, pour fêter la sortie du disque.

La musique en chaussons. Tout confort. De la place à ne plus savoir qu’en faire sur scène, des retours pour tout le monde, 650 personnes dans la salle. À refaire tous les jours.

Palm concert @ EchonovaVous avez eu la gentillesse d’accepter de venir jouer lors de notre carte blanche au Jardin Moderne ce vendredi 19 avril. Vous nous avez dit être complètement ravis de jouer avec Slim Wild Boar. Vous nous expliquez ?

David : en fait, j’ai découvert Slim Wild Boar à l’Ubu, en première partie de Sallie Ford. Et j’ai eu l’heureuse surprise de retrouver Nico à la batterie, une vieille connaissance de mes années de barman. J’ai adoré leur album et sur scène ça fonctionne hyper bien (c’est d’ailleurs pas pour rien qu’ils enquillent les dates en ce moment). Alors, la perspective de partager le plateau avec eux est forcément excitante. Et puis, bon, c’est pas tous les jours qu’on nous propose une date avec une programmation cohérente…

Sur la scène rennaise/locale, comment vous situez vous ? Êtes-vous en contact avec d’autres groupes ou artistes rennais ? Desquels vous sentez vous proches ?

David : C’est un peu compliqué avec PALM. On est aussi bien rennais que vannetais. Je ne suis pas forcément convaincu que les vannetais du groupe se sentent proches de groupes rennais, tout comme je connais assez peu la scène vannetaise. De mon côté, je connais beaucoup de groupes ou de musiciens rennais. Mais, d’un point de vue purement artistique, à part Santa Cruz évidemment, je ne connais pas forcément de groupes qui partagent la même obsession pour l’americana.

Palm @ Echonova 3Pour finir, après ce concert au Jardin Moderne, quels sont vos projets à venir ? Un album peut-être ? Des dates de concerts ? Y a-t-il des choses que vous voudriez souligner particulièrement ?

David : l’idée, c’est de retourner en studio dès qu’on aura le temps, le budget et les chansons. Bon, pour les chansons, vu que Thomas est très prolixe, ça ne sera pas le souci majeur. Les deux autres paramètres, par contre…

Et on aimerait bien évidemment faire plus de concerts. Le truc, c’est qu’on est et on reste des amateurs, dans le sens où on n’a pas vocation à faire de la musique un métier. Et, en France, être amateur, ça veut dire le plus souvent se cantonner au réseau des bars et des petits clubs. Et les bars et petits clubs n’aiment pas forcément nous voir débouler à six, avec cinq amplis, une batterie, un clavier… Les dates comme à l’Echonova sont plutôt l’exception.

D’ailleurs, si Aurélie Filippetti trouve le temps, entre deux matchs au Stade Rennais, de se pencher sur la question de la pratique musicale amateur, qui ne se limite pas aux reprises de Nirvana à la Fête de la musique et aux chorales de retraités, ça serait vraiment super.

Retrouvez toutes nos interviews-focus sur la scène rennaise ici

(Santa Cruz, La Terre Tremble !!!, Lady Jane, Fago.Sepia, Band of Ghosts, le pôle musiques actuelles du CRIJB, Manceau, Nola’s noise, Wesson Maespro, Get Flavor Records, Idwet, les Disques Normal, Mekah, Dj Netik, La Corda, Eat your toys, Théo Gravil, Simba, Shtok, Spash Wave, Monkey & Bear, Mess Zero, Regïs Boulard, Le Bocal, We only said, Deejay Ober, Makassy, Skap’1, I&A, The Last Morning Soundtrack, Alee, Garbo, Russian Sextoys, Ladylike Lily, Missing Girl, Zaïba, Homecooking, Psykick Lyrikah, RCR, Bumpkin Island, Wonderboy, Micronologie, ReDeYe, Colin Linkoln, Sudden Death of Stars, Juveniles, Alexel, Güz II, The Enchanted Wood, James Legalize, The Missing Season, RezO, Bunch of Crows, Our Name is a Fake, Heskis’, Vortex, Users, Nola#, Mermonte, Mekah, Superets, We are Van Peebles, Korkoj, Twinztrack, You’ll Brynner, Drix MC, 6AM on the Moon, Coksinelle, Budju, Doist!, My Sleeping Doll, O Safari, Keevrat, Belone, Kino Eyes, Tiny Feet, The Way of Life, Piranha, Fat Supper, Pop is Sead, The Wâll Factory, Trunks, Slim Wild Boar…)

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Alter1fo cultive son Jard1 ! Carte Blanche offerte par le Jardin Moderne le vendredi 19 avril 2013 : Expo photo sur la scène rennaise, concerts de Palm et Slim Wild Boar, Dj set de Dj Ced à partir de 20h au Jardin Moderne ( 11 rue du Manoir de Servigné, Rennes)

GRATUIT

Plus d’1fos :

Bandcamp de Palm : http://palm.bandcamp.com/album/el-sereno

La soirée : http://alter1fo.com/un-jardin-des-copains-une-carte-blanche-alter1fo-cultive-son-jard1-68273

Le site du Jardin Moderne : http://www.jardinmoderne.org/

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